« A quoi penses-tu ? / A l’avenir, dit Gauvain. »

LA TOURGUE
Victor Hugo, La Tourgue en 1835, détail ( fait pour le 93 illustré. )

Comment parler d’un mastodonte hugolien ? Braver la peur de lire ce roman n’a pas été très facile, mais maintenant il me faut affronter celle d’écrire dessus. J’ai l’impression de ne pas être légitime pour en parler, alors que c’est tout l’inverse, sinon pourquoi tenir ce blog ? Ou pourquoi face à ce livre ne serais-je pas plus légitime d’en parler que pour un autre ? C’est dingue comme la peur peut nous paralyser. Surtout que je vais quelque peu faire descendre Victor Hugo de son piédestal de « chef d’oeuvre impossible à lire » comme on le pense beaucoup avec les classiques. C’est une idée dont il faut se défaire, surtout qu’avec Quatrevingt-treize, l’auteur n’est pas intouchable.


Résultat de recherche d'images pour "quatrevingt-treize"Eté 1793, la Révolution française s’enfonce dans la Terreur et la Vendée se soulève. Ils sont trois : le marquis de Lantenac, vieil aristocrate chevillé à l’ordre ancien ; l’implacable Cimourdain, homme du peuple et de la justice révolutionnaire ; et le clément Gauvain, noble passé à la République. Dans le noeud sanglant des événements, leur lien, fatalement, va se défaire, leurs destins s’affronter violemment. Par conviction de rang, par raison, ou par idéal – une certaine idée de la loyauté qui conduira chacun à l’héroïsme, ou à la mort. Ecrite dans l’écho de la Commune de 1871, cette fresque épique et tourmentée est le dernier roman de Victor Hugo. C’est une vision de l’Histoire, sans partisanerie, où le retour de la violence n’interdit pas l’espérance. Une ultime tribune, empreinte des préoccupations sociales et humanistes du poète légendaire, et une formidable invitation à relire son oeuvre puissante


Des trois romans que j’ai lus de l’auteur ( Les Misérables, L’Homme qui rit, et donc celui-ci ), c’est sans hésitations le titre que j’ai le moins apprécié pour le moment. C’était loin d’être « nul », mais voilà, ce n’est pas sa meilleure oeuvre, looooin de là. Continue reading « « A quoi penses-tu ? / A l’avenir, dit Gauvain. » »

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A part thé #1 : rapport au temps et à la littérature ?

Librement inspiré du premier Carnet de lecture d’Ada ( aka La tournée de livres, qui elle même s’inspire de la Viduité, c’est le serpent qui se mord la queue quoi. ), je vous fais un calembour sans doute vu et revu en guise de rubrique, pour vous proposer un peu mes réflexions. Pas très poussées. Disons plus : un regard sur mon évolution. Multiples passages à vide et moments de remise en question m’ont amenée à voir où j’en étais maintenant et sur différents plans. L’avantage de la prépa par ailleurs, c’est que n’ayant plus le temps pour lire, je me suis fortement demandée ce qu’il en était à présent, quels étaient mes goûts dorénavant, mon rapport à la lecture, au temps que j’y consacre, etc. Les articles des copinautes (cf Ada et Camille) ont ajouté à mon envie de mettre tout ça en mots, surtout que tout se retrouve lié et impacte la Récolteuse. Mon activité de lectrice, qu’elle soit entravée ou changeante, altère celle de blogueuse. Et ce me semble un peu plus juste de vous faire une rétrospective parce que vous êtes impliqués dans ce devenir.

Un article encore une fois très long mais divisé en quatre rubriques pour vous permettre de respirer. Mettez vous à l’aise, c’est parti !

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La Récolteuse et le temps : un stress pour la lecture ?

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« Ainsi les hommes filent: et si les hommes étaient faits d’étoffe indémaillables, nous ne raconterions pas d’histoires, n’est ce pas? »

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Goya, Ferdinand Guillemardet, ambassadeur de France en Espagne (détail)

Bon. Par où commencer ?
Il me faut donner la coloration de cet article directement : Pierre Michon, avec Les Onze, m’a ramené la lectrice superficielle que je suis, qui se dit dès le premier chapitre « C’est de la merde ».* ( et une fois fini, je pense toujours la même chose. ) Alors vu les articles que j’ai brossés, les avis que j’ai rencontrés en fouillant sur la toile, non, Michon, ce n’est pas de la merde, loin de là, c’est du génie encore vivant ! Faut dire que c’est avec le livre de cet article que monsieur a dégoté le prix de l’Académie Française en 2009. Alors, je n’sais pas, j’ai peut-être un soucis avec l’Académie ( voyez: l’année dernière c’était Yourcenar la source de mon désarroi. ) Après réflexion, je crois que même Yourcenar, que je n’avais pas DU TOUT appréciée, m’a plus conquise que Michon. C’est pour dire.

*On est bien d’accord qu’objectivement, c’est un livre NEUTRE, subjectivement, j’ai trouvé que c’était une belle tartine académique (donc, du caca). Je ne prends jamais de pincettes, mais s’il a eu ce prix c’est quand même que techniquement c’est pas de la daube en page. Après c’est à vous de vous faire un avis même si je vais mal le vendre, je vous préviens.


Couverture du livre : Les OnzeLes voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André. Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II et la politique dite de Terreur. Mais qui fut le commanditaire de cette oeuvre ? A quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Élie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ?  Mêlant fiction et histoire, Michon fait apparaître avec la puissance d’évocation qu’on lui connaît, les personnages de cette  » cène révolutionnaire « , selon l’expression de Michelet qui, à son tour, devient ici l’un des protagonistes du drame.


Si vous me suivez malgré mon sale caractère sur Instagram, vous avez sans doute vu qu’en story, j’ai UN PEU pété un câble. Juste un peu. En même temps, que je vous explique mon rapport premier à ce bouquin. Continue reading « « Ainsi les hommes filent: et si les hommes étaient faits d’étoffe indémaillables, nous ne raconterions pas d’histoires, n’est ce pas? » »

TAG ∴ Sunshine Blogger Award

Résultat de recherche d'images pour "sunny blogger award"Hé hop ! Le petit tag de la mi-été ! Alors disons que je suis la taguée fantôme de Ada ( d’Ada, ou dada ) ou juste que je m’incruste pour répondre à ses questions. ( la meuf, pas de gêne, pas de morale ! ) C’était cool et décontracte, ça casse un peu les gros articles, que demander de plus ?

LES PRINCIPES
  • Insérer le logo du TAG : celui d’origine est sur Une vie des livres, il y a celui tout mimi de la Tournée de livres, ou encore comme moi chercher sur google #teamfaignasse ( mais y’avait des tournesooools j’ai pas résisté… )
  • Répondre aux 11 questions de la personne qui vous nomine ( ou à qui vous piquer gracieusement les questions. 😀 )
  • Nominer 11 autres blogueurs, et leur poser 11 questions différentes.

 

Ta couleur préférée ? (et pourquoi)

Le bleu ! ( maintenant suivi de près par le jaune, j’aime tellement les deux que je me dois de le mentionner. ) Je ne sais pas si le fait d’être un signe d’eau joue sur cela. En tout cas, j’ai toujours rapproché cette couleur de l’apaisement, du bien-être, du calme. Y’a aussi un aspect mélancolique, mais je n’y vois pas de mal, c’est un sentiment que j’apprends doucement à accepter. Puis tout simplement parce que j’aime cette couleur.

Quel est ton dernier coup de coeur lecture ?

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Méli-mélo théâtral — acte II

Jean-Antoine Watteau, Comédiens Italiens
Jean-Antoine Watteau, Comédiens italiens. 

Voici la seconde partie de mon méli-mélo théâtral qui est encore plus longue que la première, j’ai bien fais de couper l’article en deux ! Disons que les résumés ( quand j’en ai trouvé qui ne spoilaient pas trop ) sont assez massifs… J’ai l’impression de ne pas avoir donner de véritables avis très constructifs mais juste donné mon impression à la volée, si c’est le cas n’hésitez pas à me le dire pour que j’évite de le refaire à l’avenir. Sur ce, je vous laisse lire cet article à rallonge !

Eugène Ionesco


Tueur sans gages


Résultat de recherche d'images pour "tueur sans gages" Tueur sans gages, pièce au titre cruel, commence comme un conte de fées, se poursuit comme un drame policier et se termine sur une tragédie. Le conte de fées, c’est la découverte par Bérenger de la « cité radieuse », merveilleux quartier de sa ville construit pour le confort de ses résidents, où il retrouve un instant le soleil de son enfance ; le drame policier, c’est la présence dans cette cité d’un assassin qui tue chaque jour plusieurs habitants et que Bérenger, qui compte sur l’aide de la police, veut faire arrêter ; la tragédie, c’est la poursuite de plus en plus solitaire de Bérenger, que tous abandonnent, et qui finit par se trouver devant le monstrueux tueur borgne qui lève sur lui son couteau.


J’aime beaucoup Ionesco, c’est pour sûr l’un de mes dramaturges préférés donc je ne serais pas très objective je pense. Continue reading « Méli-mélo théâtral — acte II »

#3 – L’Art en un livre — hors série.

Après un teasing de plusieurs mois, le voilà, ce fameux hors série ! Sa structure sera, disons le, plutôt inexistante : davantage un catalogue des oeuvres classées par leurs artistes avec une intro sur le livre qui fait guise de mini-chronique, mais rien de construit ni solide. Malgré cela je tenais vraiment à vous introduire ce recueil qui a été dispersé au gré des jours mais qui à chaque fois m’a envoûtée et emmenée dans un monde poétique. C’est peu dire que de déclarer que j’ai aimé, adoré cette lecture, ça a été un véritable enchantement. De plus, il me fallait vous le présenter sous ce rendez-vous, parce que comme l’annonce le titre ( et oui lecteurs et lectrices sherlockien-nes, aviez-vous saisi cette nuance ? ), c’est de l’Art en un livre.

Art littéraire avec …

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Dans l’attente de toi, d’Alexis Jenni. 


L’écrivain cherche les mots pour écrire une lettre d’amour à la femme qui partage sa vie, pour dire le plaisir de toucher sa peau et pour décrire ses émotions, à travers les tableaux et les peintres qui l’inspirent comme les étoffes sensuelles de Poussin, le mouvement fébrile des corps enlacés chez Bacon, etc.


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Pérégrinations #4

Absentes depuis février. Mes Pérégrinations, « voyage en pays lointain » ou bien « trajet complexe d’un lieu à un autre », revoient enfin le jour au soleil de l’été. Je sors de mon terrier pour aller A la recherche du temps perdu, il n’y a pas meilleure référence. Essayer de rattraper toutes les choses qui m’ont glissé entre les doigts. C’est une grosse goulée d’air avalée. Les bras tendus, j’ai l’impression de pouvoir me jeter dans le monde, de pouvoir, non, de devoir tout accueillir, autant que possible.
Pour le coup, prenez vos aises, cet article est particulièrement long.

A la recherche des lectures perdues...
Galerie des lectures qui n’ont pas fait apparition ici

 

Je vous passe les divers livres d’étude lus depuis le début de l’année ( sauf ceux plus bas ) et la première partie Du côté de chez Swann de Proust parce que j’aimerai lire la Recherche en entière après la prépa. Pour Les Mots, c’est un peu de la triche, je n’ai lu que la partie « Lire », je ne sais pas si je lirais la deuxième, j’ai eu beaucoup de mal, donc il est retourné dans ma PAL…
Là-dedans, j’ai parlé de Mordred sur instagram que je vous recommande vivement si vous aimez la fantasy surtout française, et Marx et la poupée, un très très bon titre.

Galerie des lectures de Juin

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