#12 – Jeudi, c’est poésie !

poésieC’est un numéro un chouille spécial que je vous propose aujourd’hui, puisque je vous représente un auteur qui a fait son apparition dans le numéro 4 de ce rendez-vous, et que pourtant je n’affectionne pas particulièrement. Pourquoi, alors, me repencher sur lui, surtout si j’essaie e tenir le plus possible la volonté de varier les auteurs le plus longtemps possible ? Tout simplement parce que j’ai passé ma khôlle de français mardi, et que quitte a avoir analysé le poème pendant une heure, autant vous partager à vous aussi les idées que j’en ai tiré. Et puis ce sera posé de manière plus mûre et pour sûr mieux formuler qu’à l’oral, donc ci tout bénef quoi. Pour se faire, on retourne auprès de René Char, avec le fragment 178 des Feuillets d’Hypnos. Et j’essaie de vous le présenter avec la structure d’une khôlle, comme ça vous rentrez un peu dans l’univers prépa avec moi haha.

René Char s’engage dans l’armée en 1939 mais prend rapidement une autre voie : celle clandestine en 1941 en rejoignant l’Armée Secrète, se faisant résistant sous le pseudonyme d’Hypnos. Dans la mythologie, ce dernier renvoie au dieu du sommeil, qui symbolise dans ce cas présent aussi bien l’activité créatrice du poète qui est mise en sommeil comme le révèle les feuillets par leur brièveté, leur aspect fragmenté et à première vue peu travaillés ; mais aussi le poète éveillé, celui qui a conscience de ce qui l’entoure, qui fait la lumière sur les évènements.
La lumière est justement retranscrite dans le fragment 178 qui est vers la fin des Feuillets d’Hypnos par un jeu de clair/obscur basé sur le tableau le Prisonnier de Georges de la Tour, où y est peint une femme drapée d’une robe rouge, expliquant quelque chose à un homme dans l’ombre.


[ La reproduction en couleur du Prisonnier de Georges de La Tour que j’ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille, semble, avec le temps, réfléchir son sens dans notre condition. Elle serre le coeur mais combien désaltère ! ] [ Depuis deux ans, pas un réfractaire qui n’ait, passant la porte, brûlé ses yeux aux preuves de cette chandelle. La femme explique, l’emmuré écoute. Les mots qui tombent de cette terrestre silhouette d’ange rouge sont des mots essentiels, des mots qui portent immédiatement secours. Au fond du cachot, les minutes de suif de la clarté tirent et diluent les traits de l’homme assis. Sa maigreur d’ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner. L’écuelle est une ruine. Mais la robe gonflée emplit soudain tout le cachot. Le Verbe de la femme donne naissance à l’inespéré mieux que n’importe quelle aurore.]
[ Reconnaissance à Georges de la Tour qui maîtrisa les ténèbres hitlériennes avec un dialogue d’êtres humains. ]


Ce fragment est divisé en 3 mouvements ( mis entre crochets ). Le premier fait office d’introduction, il annonce le sujet du fragment qui est le tableau de de la Tour, et évoque la puissance de celui-ci pour lui consacrer un fragment. Le second mouvement dépeint la scène et Char insert de la même manière son interprétation. Enfin, la dernière phrase correspond au mouvement final et constitue une sorte d’hommage au peintre, qui est assez proche de l’épitaphe.
On peut ainsi s’interroger sur l’emploi du clair/obscur que René Char fait au service de la résistance.

Le premier mouvement se compose seulement de deux phrases ; la première est longue et complexe par ses 3 verbes, « j’ai piquée, je travaille, semble ». Le temps des vers, passé composé et présent de narration, permettent d’insérer le discours dans le fragment, donc la présence du poète, relevé par le pronom personnel – embrayeur de personne « je ». L’auteur est donc impliqué, tout comme le lecteur par le déterminant possessif ‘notre », qui peut ici symboliser une union après la guerre, souhait cher à René Char. Une première opposition clair/obscur s’effectue avec « reproduction en couleur » / « mur de chaux », celui-ci est assez lugubre et pauvre par sa matière, ornementé de couleur par le tableau, marquant un contraste. Le complément circonstanciel « avec le temps » montre une intemporalité qui montre une éternelle véracité et une connaissance du tableau chez le lecteur qui perpétue. Cependant, il ne s’agit pas seulement du tableau et de son sens, mais cela renvoi aussi à « notre condition » qui peut être comprise comme la condition du sens dépend de la condition humaine même, à mesure que la connaissance de celle-ci se fait « avec le temps ». Les deux, tableau et Hommes, sont alors intrinsèquement liés. La seconde phrase est courte et exclamative : elle marque ainsi la fin du mouvement, mais aussi sa ponctuation lui donne une importance plus grande. Le pronom « elle » renvoi à la reproduction à qui est attribué une double fonction forte : elle « serre le cœur » mais aussi « désaltère », une sorte d’antithèse est formée entre l’oppression et le bien être. De plus, le cœur complète la couleur indéfinie du premier vers, et annonce celle à venir, le « rouge » de la robe. Cela souligne l’importance de la femme à venir, qui va être présentée et devenir centrale.

Le mouvement suivant commence à nouveau par une phrase longue qui est entrecoupée par des virgules, formant 4 sections donnant un rythme, mais effectuant une certain tension, une suspension jusqu’à la description du tableau. Elle débute par un complément circonstanciel de temps, « depuis deux ans », mais on ne sait à partir de quand cela est basé, le déictique est flou pour le lecteur qui n’a pas de référence de temps et forge une incompréhension. Il quitte la connaissance du tableau et se trouve perdu, qui en un sens apparaît comme un « noir » pour le lecteur, jouant sur ce plan là sur l’obscur, une zone d’ombre. « La porte », également, malgré son article est indéfinie : s’agit-elle de la pièce où travaille le poète ? OU d’une pièce qui n’est pas donnée à voir ? On a un impersonnel, « un réfractaire », qui montre la disparition du poète, et qui nous place alors dans un lieu différent. Mais il n’est pourtant pas encore présenté, cela forme un noir dans la représentation du lecteur qui ne peut visualiser la scène. Ceci est contrasté par la lumière qui se réfère à la « chandelle », accentué par « brûlé ses yeux », qui d’ailleurs est renforcé par sa position juste après la virgule. La chandelle annonce une fragilité, mais également le fait qu’elle se consume avec le participe passé « brûlé », et les phrases 10 et 11, avec les « minutes de suif de clarté » qui montrent l’écoulement du temps. « Brûlé ses yeux » dévoile une violence de la lumière, qui symbolise peut-être la violence de la réalité quand elle nous apparaît enfin, telle qu’elle nous est donnée à voir. La phrase suivante se fait presque centrale au fragment (cf disposition dans le livre, ici recopié les lignes n’ont plus la même place…) et nous présente la femme et un personnage inconnu, « l’emmuré », terme qui le déshumanise. Cela s’oppose à la condition de la première phrase (cf mouv 1), et nous apprend qu’il n’a pas le droit à la parole : il est réduit au silence, à l’ombre. La femme, elle, est dotée d’une importance par le verbe « explique », elle a la fonction d’enseigner à celui qui écoute. La 3eme phrase associe la femme à la Terre tout en lui donnant une dimension céleste : « terrestre », « ange », elle es presque irréaliste dans le condition de l’homme. « Mots » est répété à 3 reprises, le mettant en exergue, et se lie à « ange » : les mots apparaissent inespéré, l’espoir de l’homme face à cette femme terrestre. « Mots » est également accentué par l’adjectif « essentiels » et par la fonction qu’ils possèdent, celle de « porter secours », ils sont vitaux. L’adverbe de temps « immédiatement » permet de souligner l’importance qu’ils possèdent en leur donnant un effet soudain, efficaces sans plus attendre. L’ange est qualifié comme étant rouge, qui renvoie au cœur vu plus haut, et rejoins aussi l’adjectif et l’idée de secours, renvoyant à l’idée d’espoir. mais aussi, cette couleur est celle de la résistance et du sang versé à cette période. Par la triple répétition de « mots », on peut y voir une importance d’enseigner, d’être justement cet Hypnos éveillé qui livre ce qu’il voit. S’ensuit dans la phrase suivant une obscurité peinte par le « fond du cachot », le lieu où se trouve le prisonnier. Celui-ci accentue l’effacement de l’homme recalé à un fond de pièce, il n’est presque pas pointé dans le fragment. De même, ses traits sont [dilués], et le verbe « tirent » montrent qu’il n’a plus de caractéristiques humaines, ses traits sont déformés. L’écoulement du temps est symbolisé par la chandelle jusqu’à une diminution amenant à la disparition. Le tableau effectue une représentation de la vie de l’homme jusqu’à sa mort, jusqu’au sommeil d’Hypnos ? S’enchaîne une phrase relativement courte qui réinsert l’auteur par le « je » ; narre-t-il un souvenir ou un tableau ? Le lecteur est incertain, il ne sait pas si c’est la réalité vécue, « un souvenir », ou s’il relate la vision du tableau. L’homme est présenté par une caractéristique physique, sa maigreur, associée à celle d’une herbe « ortie sèche », il n’a toujours pas la condition d’un homme : pas un souvenir ne lui est attribué,, et rien ne semble « la faire frissonner », il paraît mort. Une phrase simple continue le fragment, mais pourtant emplie de mouvement par l’adjectif « gonflée », et « empli tout », cette phrase peint. La couleur de la robe fait une tache qui retient l’œil du lecteur et du spectateur, elle est le clair visible : est-ce le sang déversé lors de la guerre ? L’espoir à venir et présent par la femme ? Les interprétations sont multiples et le fragment résiste au lecteur. La femme est dotée du « Verbe », à la fois une référence à la religion donc à la foi, à l’espoir, à la croyance plus grande que celle d’un nouveau jour ; mais aussi à la parole, au fait qu’elle « enseigne », à la puissance des mots qui sauvent et qui sont prononcée par les Hommes, c’est pour lui un moyen de dénoncer la puissance de la résistance par la parole.

Enfin arrive le dernier mouvement qui n’est composé que d’une seule phrase impersonnelle, présentée comme une vérité générale. Elle permet de faire un éloge au tableau et à son peintre, presque comparable à un épitaphe par sa forme « Reconnaissance à Georges de la Tour » et qui rappelle la mort précédemment évoquée du Prisonnier. Ce tableau prend son sens lors de cette phrase, on comprend qu’il s’agit de la 2GM par la dénomination « ténèbres hitlériennes », qui joue toujours sur cette idée de clair/obscur par le noir des ténèbres contre le rouge du brassard nazi ; et même le rouge espoir, le rouge résistance entaché par le noir de la croix nazi. Se fait une opposition entre les ténèbres hitlériennes et le dialogue de l’homme, « dialogue d’êtres humains » qui ont jusque là étaient déshumanisés comme le Prisonnier. Or, ici, le dialogue, élément semblant presque déterminé l’Homme, n’est pas attribué à Hitler : la situation est inversée, c’est ce dernier qui se retrouve déshumanisé.

Ce fragment présente une opposition entre la robe rouge de la femme et le noir du cachot et de son prisonnier représentés dans le tableau de de La Tour. Ce clair/obscur se traduit par plusieurs lecture : l’opposition espoir / mort, mais aussi résistance / nazisme.
Par ce tableau, Char semble définir sa poésie même. A moins d’être spectateur ou de connaître le tableau, nous ne pouvons visualiser qui est cette femme, pourtant définie par son article « la », elle n’est pas inconnue. Le lecteur peut y voir LA femme comme étant la poésie, revêtant se robe, c’est-à-dire ses mots, rouge, résistants.


 

Complémentaire : je n’y ai pas étudié le rythme, montré par l’alternance phrase longue/courte, mais aussi par les sections que forment les virgules. Comme on est dans de la prose, je n’ai pas pensé à compter les rythmes, mais Char tient à garder un aspect poétique et y cache des vers blancs, c’est-à-dire des vers de versification classique au milieu de sa prose ( du genre, décasyllabe, …. avec des rythme remarquable comme tétramètre ou ce genre de choses. ). J’ai découvert ça lors de l’échange avec ma prof, donc je me suis dis que c’était toujours bon à savoir et de vous le livrer aussi.

J’ai conscience que c’est relativement long, et j’espère que ce n’était pas trop barbant. Le dernier point que j’ai montré en conclusion était apparemment le plus dur à trouver, mais aussi le plus essentiel, et c’était dommage de ne pas l’avoir étoffé plus (mais voilà je vous le dis si vous voulez reprendre le poème est le lire davantage sous la lecture « femme = poésie résistante ») Excusez-moi aussi pour les répétitions – bien qu’elles sont maigres là comparé à l’oral haha – et sans doute pour toutes les fautes. Bref, c’est le Jeudi c’est poésie le plus complet que je vous livre depuis le début du rendez-vous, j’espère que ça vous aura plus ; si oui, peut-être pourrais-je un peu, de temps à autre, me prendre au jeu et faire ça, de manière peut-être plus synthétique.

Ah oui, et je vous annonce au passage que la semaine prochaine il n’y aura pas d’articles, voilà voilà.

Prenez soin de vous ! 

 

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Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom.

 

 

Quel drôle de nom, pour un bouquin. C’est rigolo, ça fait sourire, ça tape à l’œil : ça donne envie de le lire. On se demande ce qu’il cache, ce petit homme nommé Tom. Ca sonne bien, ça rebondi. C’est un de ces bouquins où le livre fait beaucoup. Il nous invite à parcourir les pages.


 

Tom a onze ans. Sa mère vingt-quatre. La vie n’est pas facile pour eux, et Tom doit souvent se débrouiller seul. Quand les placards sont vides, il visite les potagers des voisins, vole les carottes, les pommes de terre et mitonne des petits plats pour sa mère et lui. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où s’approvisionner, Tom tombe sur Madeleine, une vieille dame couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, sans pouvoir se relever. Tom lui vient en aide. Et, en s’occupant d’elle, il comprend que même si la vie n’est pas simple, elle est plus joyeuse à plusieurs.


 

Roman que l’on peut lire en un après-midi : très facile à bouquiner, un effet un peu page-turner. Un certain légèreté cachant pourtant une plus grande complexité. C’est un livre vraiment agréable à parcourir, touchant, mais sans non plus être révolutionnaire, qui ne possède pas de véritable intrigue mais paraît plus comme un déroulement de la vie.
J’imagine que c’est un roman jeunesse. Je souligne le verbe, parce que je n’ai pas été vérifié sa classification, et vu l’écriture je ne pense pas que ce soit pour un autre écriture. La plume n’a vraiment rien de transcendante, elle est hyper simple d’accès, un peu vulgaire peut-être, elle donne l’impression que c’est Tom qui s’exprime alors que la narration est pourtant à la troisième personne. Un peu déstabilisant, sans pour être totalement déroutant. C’est assez spécial, disons. Très enfantin, sans doute pour rendre le texte plus léger alors qu’il y a des thèmes lourds et sérieux qui sont abordés.

Ce qui rend ce livre intéressant, c’est vraiment sa quantité de thèmes, dont certains sont terriblement innovants pour un jeune public. On y retrouve le rôle de jeune mère et ses contraintes, comme les difficultés scolaire voire l’abandon du cursus, mais ici une volonté est présente de tenir bon, de concilier maternité et études ; le thème du viol, ou de l’harcèlement sexuel ; l’âge, que ce soit celui de l’enfant, de la mère, ou de la personne âgée, ce qu’on est « supposé être » à cet âge, s’il faut véritablement correspondre à cet âge, l’idée de « y-a-t-il un bon âge pour… » ; celui de l’autonomie, de la débrouillardise, de la maturité, qui bien que amené avec justesse, me semble un peu trop poussé, un peu trop exagéré — je pense notamment à la scène où Tom cuisine un lapin, alors que 1) leurs conditions fait qu’ils ont pas trop l’occasion d’en manger parce qu’ils n’ont pas l’argent ou qu’ils n’en volent pas tous les jours 2) le lapin, c’est quand même réputé difficile à cuisiner, 3) le gosse à 11 ans, 4) alors sauf si c’est un chef cuisinier dans l’âme, y’a peu de chance qu’il te fasse un lapin succulent à se péter la panse (mais je peux me tromper) ; aussi le thème du vol et de la culpabilité qui en découle, la question du rachat aussi qui va se développer peu à peu ; thème traditionnel de l’amour, avec la naïveté de croire que toute nouvelle relation est la bonne ; la question du pardon, déjà un peu évoquée dans le vol, mais de manière globale dans toutes les actions humaines ; et la question des apparences, du jugement physique, de l’idéalisation de la femme par rapport à ses formes, avec ici un point abordé que je n’avais encore jamais trouvé dans la littérature, et waaaaaah, ça fait tellement du bien de voir ça dans un bouquin jeunesse ! ( petit spoiler pour les trop curieux, ceux l’ayant déjà lu, ou ceux qui ne comptent pas le lire : la diminution mammaire ! Vous avez déjà lu ça dans un bouquin ? Si oui, partagez moi les titres, parce que je trouve ça tellement génial de rappeler que la femme n’est pas son tour de bonnet et qu’elle sera tout autant belle et sensuelle avec moins de poitrine ! Et moment confession, mais ce thème m’a beaucoup touché du fait que j’ai déjà songé à cette question-là, mais c’est assez tabou donc j’étais vraiment agréablement surprise de lire ça. )

Je reviens très brièvement sur le point roman jeunesse aussi, où je râle toujours sur le même sujet : un peu trop de sexe pour un jeune public à mon avis. Je ne parle pas du thème du viol, je trouve ça très bien au contraire de l’aborder pour les plus jeunes, bien qu’il y ait une scène que j’ai trouvé assez choquante ; mais plutôt de la recherche de l’amour, des multiples relations que va connaître la mère de Tom, avec les mains baladeuses,les hommes qui veulent toujours lui caresser les seins, tout ça, puis finir dans un lit… Bon, il y a aussi le refus qui est rapidement évoqué, et c’est un bon point qui aurait dû être davantage rehaussé d’après moi. M’enfin, vous savez bien que sur ce point, je suis juste peut-être trop prude, mais bon ça me semblait être un peu lourd pour les plus jeunes.

Ce qui est très agréable par ailleurs, ce sont les personnages. Ils évoluent tous, peut-être Tom est celui qui est le plus figé, parce que c’est autour de lui que gravitent tout les autres caractères, et c’est par son biais en un sens qu’ils vont évoluer. Donc vous vous doutez que si lui aussi change du tout au tout, c’est un peu le capharnaüm. Mais cette évolution des personnages était vraiment pertinente, parce qu’elle s’allie avec le thème du pardon, mais pour s’adresser cette fois-ci au lecteur. Deux personnages, notamment, que je ne supportais pas au début, que j’avais gentiment envie de claquer par moment, me sont apparus sous un nouveau jour au fil des pages, et je me suis demandée si oui ou non, je pouvais les excuser de leurs actes passés, si je leur redonnerais une seconde chance. Le lecteur est impliqué à mesure que les personnages se veulent plus aimants, et c’est vraiment un très bon point.

Cette chronique se veut plutôt un inventaire des thèmes qui sont traités au cours des pages, mais je juge vraiment la qualité de ce livre par ces derniers, ils font la richesse de l’œuvre. Si vous voulez une coupure avec vos lectures habituelles, quelque chose de pas prise de tête qui pourtant peut vous amener à réfléchir, je vous le conseille vivement. De toute manière, c’est un court roman se lisant vite, donc vous n’avez rien à perdre. Même si je suis assez mitigée sur certains points, je trouve qu’ils est intéressant pour un public entre la jeunesse et l’adolescence, parce qu’il permet d’ouvrir les yeux sur des conditions de vie plus difficiles, que tout le monde, notamment les enfants parce qu’on l’oublie assez souvent pour eux, n’ont pas la chance d’être dans un environnement douillet.

 

#11 – Jeudi, c’est poésie !

poésie

Ouiiii, lui aussi est irrégulier, il saute et réapparaît olala, mes excuses. Mais pour me faire pardonner (oui je culpabilise pour rien) hé ben je vous mets deux poèmes, nah ! Du même auteur hein, faut quand même pas déconné (puis faut pas vous embrouiller non plus, c’est déjà un peu le bordel sur ce blog). Auteur découvert en cours, que j’aime beaucoup, donc ne vous étonnez pas si un jour vous voyez son recueil dans une chronique, je vous propose du contemporain, quelque chose d’assez spéciale avec de la poésie de l’objet avec… Francis Ponge ! Issus du recueil le Parti pris des choses,  je vous propose une petite réflexion sur le verre d’eau et sur le pain. Ouais, dit comme ça c’est assez chelou.


Le verre d’eau. 

Le mot V E R R E D’E A U serait en quelque façon adéquat à l’objet qu’il désigne… Commençant par un v, finissant par un u, les deux seules lettres en forme de vase ou de veroure. Par ailleurs, j’aime assez que dans V E R R E, après la forme (donnée par le V), soit donnée la matière par les deux syllabes E R R E, parfaitement symétriques comme si, placées de part et d’autre de la paroi du verre, l’une à l’intérieur, l’autre à l’extérieur, elles se reflétaient l’une en l’autre. Le fait que la voyelle utilisée soit la plus muette, la plus grise, le E, fait également très adéquat. Enfin, quant à la consonne utilisée, le R, le roulement produit par son redoublement est excellent aussi, car il semble qu’il suffirait de prononcer très fort ou très intensément le mot V E R R E en présence de l’objet qu’il désigne pour que, la matière de l’objet violemment secouée par les vibrations de la voix prononçant son nom, l’objet lui-même vole en éclats. (Ce qui rendrait bien compte d’une des principales propriétés du verre : sa fragilité.)

Ce n’est pas tout. Dans V E R R E D’E A U, après V E R R E (et ce que je viens d’en dire) il y a E A U. Eh bien, E A U à cette place est très bien aussi : à cause d’abord des voyelles qui le forment. Dont la première, le E, venant après celui répété qui est dans V E R R E, rend bien compte de la parenté de matière entre le contenant et le contenu, – et la seconde, le A (le fait aussi que comme dans OE I L il y ait là diphtongue suivie d’une troisième voyelle) – rend compte de l’oeil que la présence de l’eau donne au verre qu’elle emplit (l’oeil, ici, au sens de lustre mouvant, de poli mouvant). Enfin, après le côté suspendu du mot V E R R E (convenant bien au verre vide), le côté lourd, pesant sur le sol, du mot E A U fait s’asseoir le verre et rend compte de l’accroissement de poids (et d’intérêt) du verre empli d’eau. J’ai donné mes louanges à la forme du u.


 C’est, il me semble, avec ce poème-ci que j’ai découvert Ponge, et j’ai trouvé ça tellement génial. Enfin, écrire sur un verre d’eau. Mais wah, le génie. (ok j’exagère un peu) (A PEINE) Non sérieusement, c’est quand même un coup de maître de déterminer autant de choses, autant de liens entre ces deux mots et l’objet qu’ils désignent. On redécouvre notre langue, c’est vraiment un éloge sublime, un jeu fort et intelligent qui nous fait prendre conscience qu’on ne fait peut-être pas assez attention aux mots, à tout. Suite à ce poème, j’ai presque un émerveillement d’enfant face aux lettres, aux objets et à leur désinence.


Le pain

     La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
     Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
     Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…
     Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.


Celui-ci est un peu plus subtile. Il y a déjà un glissement vers l’impersonnalité, la présence de l’auteur, ou du moins du je poétique, est ténue : masquée dans un « on » impersonnel, dissoute dans du collectif, dans un « nous ». Le poète, c’est ce « brisons », c’est ce « notre » : non pas individuel, il devient impersonnel en tendant vers le collectif, et être ainsi, en un sens, comme le pain : partageable. Mais plus encore, la présence se supprime encore plus dans un qualificatif ( la surface du pain est merveilleuse ), à tel point qu’on ne réalise pas vraiment à part en étant dans l’analyse. Le but présent, c’est bien d’effacer le sujet, et de laisser la tête au langage. Tandis que le verre d’eau est un sens la quintessence, on a déjà un travail très intéressant, dont des jeux de mots (Panoramique et sa racine latine Pan = pain ; brisons-la : la croûte, mais aussi brisons-là : cessons de parler, et mangeons grosso modo ) Le pain c’est peut-être le langage, partageable, dont on fait l’éloge, élaboré dans le four stellaire, le monde.

Et hop, à 23h tout pile ( on souligne comment je planifie mes articles : la veille pour le lendemain, en étant crevée haha ) je finis cet article ! J’espère que le propose n’est pas trop désuet et décousu, et qu’il vous aura un peu intéressé. En espérant également que Ponge vous plaira autant qu’à moi,

passez une bonne journée, une bonne nuit, qu’importe ! Prenez soin de vous.

Ces livres que je ne lirai ou ne continuerai « jamais »

J’entends déjà l’adage : « il ne faut jamais dire jamais », qui se contredit lui-même. Parce que oui, on dit tous jamais un moment donné, et parfois on le respecte… Ou non. Il m’est arrivé d’être dans le premier cas, par exemple avec Black Butler et la série Sherlock, les deux étaient beaucoup trop aimés au moment où on m’enjoignait à les regarder (comme au début j’ai commencé par l’animé et pas le manga papier pour Black Butler) mais j’ai mis mon jugement de valeur de côté, et j’ai bien fait puisque j’aime énormément ces deux œuvres à présent. Maaaaais, il y a bien des choses, ici en l’occurrence des livres, que je pense de ne pas lire ( je souligne le « je pense », qui pourtant est absent dans le titre de l’article, mais remarquez les guillemets. ) sauf qu’essayant de ne pas être totalement butée, je vous partage ces titres  pour que, peut-être, vous soyez la voix qui me donnera envie de leur laisser une chance.

NB : La présentation de l’article n’est ABSOLUMENT PAS régulière. Je l’ai fais de manière très hachée, et j’ai finis par avoir la flemme de mettre les résumés de beaucoup de livres, dont la plupart sont quand même super connus les synopsis ne servent plus à grand chose. M’enfin, pas de mea culpa, je fais mal mon job de blogueuse et me laisse juste gagner par la flemme, sorry !

Hunger Games.


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Hahum. Alors. Il y a un autre bouquin plus bas qui répond au mêmes conditions. Mais 1° : quand tout le monde était dans sa super phase HG-trop-coolicool-lave-toi-le-cerveau-avec-ça, je faisais juste NOPE, je ne voulais pas essayer, phénomène de mode auquel en tant que petite truande je faisais tout pour me soustraire ; 2° un engouement tel que c’était presque je-te-force-à-voir-les-films-et-lire-les-livres et je n’aimais pas cette pression ; 3° ma curiosité m’a fait voir les films et je me suis ennuyée à un point assez extrême ; 4° j’ai une réaction épidermique assez désagréable face à Jennifer Lawrence donc je la superposerai au personnage de Katniss (NDLR : Et pas Tris comme je l’avais llamentablement écrit avant, merci de m’avoir corrigé Kara ! Mais ça fait ressentir que j’pas aimé Divergente haha) ; 5° je fais partie des personnes pro-Battle Royale, donc ouais, HG, je dénigre. La trilogie est dans ma WL, mais j’hésite de plus en plus à la supprimer, donc dois-je réellement laisser une chance ? Pour me faire pencher, si vous utiliser l’argument Ruth : il ne sert à rien. J’étais terriblement impassible face à cette scène, je ne comprends pas ce qu’elle avait de touchant. Bon courage parce que je suis vraiment chiante sur ces livres haha.

 

Cinquante nuances de Grey


 Résultat de recherche d'images pour "50 nuances livre"Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier  jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. Naïve et innocente, Ana ne se reconnaît pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.  Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets


 

Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, celui-ci, je reste butée, débile à souhaits, mais je ne le lirais jamais. Je suis curieuse, j’ai failli essayé… Puis je me suis rappelée que j’avais 90% de chance de ne pas aimer, d’avoir littéralement envie d’étriper Christian Grey, de secouer cette -je suis désolée pour ceux qui aiment- stupide Anastasia donnant l’image de femme facile qui n’a pas de respect pour elle, sans parler du malaise que j’aurais subi en le lisant. Bref, ce serait du masochisme pour moi d’essayer de le lire. Pareil pour les films, JAMAIS. Et puis les sortir le jour de la St Valentin, on en parle ? Oui, j’ai une posture de conne par excellence pour cette saga, et je l’assume pleinement, mais c’est une réelle aversion sans même l’avoir tenté. Puis sérieusement, tout excuser parce que le Christian a des démons intérieurs, mais tout le monde en a et tout le monde ( DIEU MERCI ) n’est pas encore un crevard sans nom, manipulateur, et pensant par son phallus quoi. On peut en excuser des choses avec des démons intérieurs hein.

 

Voltaire 


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T’as l’air gentil Voltou, mais c’pas pour autant que j’ai envie de te lire, sorry not sorry

Boum comme ça en plein milieu je vous balarde un auteur. Pourquoi ? Parce que c’est l’ensemble de ses oeuvres que je n’ai pas du tout envie de lire haha. J’ai du lire Candide, et même à deux reprises, et à chaque fois ça a été un supplice, c’est un des – si ce n’est le – livres que j’ai le plus détesté à ma lecture, limite si je n’ai pas la mâchoire qui se contracte par l’énervement en en parlant. J’ai bien compris l’utilisation de l’absurde, tout ça, mais… Wah. C’était juste terriblement con. Tous les personnages étaient à frapper. C’est le seul auteur que j’ai en tête que je lirais par réelle contrainte, c’est-à-dire pour les cours, et sans doute dans aucune autre situation.

 

 

Twilight


Les livres sont supposés meilleurs que les films mais c’est un peu le même phénomène que je vous ai présenté plus haut : trop aimé, trop tout, et à présent trop « hasbeen lol » donc je pense passer mon chemin, et puis, entre nous… Je superposerai les acteurs aux personnages, et je ne peux pas les supporter, c’est physique, donc serrer les dents durant tout une lecture, nope. Mais si ça se trouve, je passe à côté d’un truc trop cool. Enfin j’en sais rien, j’ai vachement une position de « j’esquive tout ce qui est ou a été aimé » haha.

Le secret de l’immortelle


Résultat de recherche d'images pour "le secret de l immortelle"Luke Findley est médecin à St Andrew, une petite ville perdue du nord de l’État du Maine. Ce soir-là, quand il prend son service à l’hôpital, il s’attend à une nuit comme les autres. Mais au lieu de cela, Lanore McIlvrae entre dans sa vie – et la transforme pour toujours. Car Lanny est une femme au passé chargé… Son histoire, où l’amour se mêle à la trahison et transcende la mort, a commencé au début du XIXe siècle dans une petite communauté puritaine au nord des États-Unis. Là, à douze ans, Lanny a décrété que Jonathan, d’une beauté exceptionnelle, serait l’homme de sa vie. Séduction, obsession, passion, décadence, perversité et brutalité, la vie de Lanny traverse les siècles sans parvenir à apaiser ses démons…


 

Ma sœur l’a trouvé lors de la braderie de livres de la bibliothèque de Limoges, et elle a été séduite par l’objet livre avec la tranche des pages noire. Oui, l’objet livre est beau. Mais l’intérieur… Elle m’en a parlé, m’a fait rapidement lire quelques passages quand elle n’arrivait pas à trouver les mots… Juste non. De un, on est dans une communauté comme le dit le résumé puritaine. La nana écarte les cuisses easy peasy, sans pression. ‘Fin la logique quoi, j’veux bien que les hormones peuvent aussi être en ébullition pour les puritaines MAIS TES PRINCIPES MEUF. Ca m’horripile. Puis, je soulignerais juste le point perversité qui est surtout du viol. Voilà, quand même ma sœur qui est pourtant bien accrochée, trop rien ne la choque, là, elle a du se forcer à le continuer (elle a horreur d’abandonner un bouquin et des parties étaient malgré tout intéressantes. ) mais elle l’a lu en serrant les dents très fortement. Donc je pense que si je ne veux pas commenttre un autodafé, je ne l’essaie pas.

 

1984


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On m’en a vendu tellement de bien que ça devenait presque une obligation de le lire. Je l’ai placé dans ma WL histoire de me porter bonne conscience, puis quand on me demande si je l’ai lu, je réponds « Non, pas encore, mais il est dans ma WL », histoire de ne pas trop me montrer hérétique. Mais c’est très très politique. Et j’ai très très peur de pas comprendre, de pas saisir l’enjeu derrière. Puis, je suis pas politique en prime, donc j’ai peur d’être blasée dès les premières pages.

 

 

 

Don Quichotte. 


Résultat de recherche d'images pour "Don quichotte livre"Je l’ai dans ma PAL depuis… 2 ans je dirais, mais plus le temps passe plus je me demande si je vais tout simplement prendre la peine de le lire. Sa taille me fait peur (alors que j’aime bien les pavés, hein), mais surtout sa renommée, peur de ne pas comprendre, parce que je n’ai pas de connaissance dans le roman de chevalerie donc j’ai peur de ne pas saisir l’enjeu, peur de ne pas comprendre la parodie dans son entièreté. Je ne sais pas si c’est d’une extrême nécessité d’avoir tout un bagage chevaleresque si j’ose dire pour s’attaquer au roman de Cervantes, ou si on peut se lancer un peu à l’aveuglette et l’apprécier pleinement. Je suis mitigée cochon d’Inde pour celui-ci.

 

La Bible 


Vous devez vous demandez pourquoi la Bible apparaît soudainement, tel un pokémon sauvage. C’est vrai qu’on a pas tant l’habitude de voir ce titre sur la blogo (puis, j’imagine bien une chronique, désolée c’est peut-être blasphématoire mais cette idée m’a fait vachement rire de chroniquer les aventures du Christ… ) Je n’aurais jamais pensé l’inclure dans cette liste si, durant mes études littéraires ( lycée et année d’hypokhâgne donc ) on ne m’avait pas sorti que c’était essentiel de lire la Bible. Je ne remets pas en cause son importance, aussi bien spirituelle que culturelle. Mais je refuse l’idée que nous a balancé notre prof de philo, que « Si vous ne lisez pas la Bible, vous êtes des ignorants ». Oui, beaucoup de choses reposent dessus, mais pas absolument tout, et je pense qu’une personne sans culture christique peut très bien s’en sortir dans la vie, j’entends par là : être intelligente, pleine de connaissance. Alors oui, je ressens bien qu’un manque de culture sur ce point là est compliqué à supporter, notamment dans les études, je me sens assez pénalisée sur ce point personnellement, mais dans notre société actuelle tout n’en dépend plus obligatoirement. Ou peut-être que je veux croire à cela à cause de ma position d’athée, et de personne qui a beau faire des efforts pour s’intéresser à la religion, n’y parvient tout simplement pas.

 

Harry Potter. 


Résultat de recherche d'images pour "harry potter livre"Ô rage, ô désespoir, quel crime ai-je fais ! Je n’ai pas lu Harry Potter ! Ou plutôt, pas fini, est-ce encore pire ? Pour l’anecdote, j’ai essayé de lire le premier tome 2 fois. Je suis jamais arrivée à Poudlard bordel. Le plus loin que j’ai dû faire, c’était le gâteau d’anniversaire, Hagrid, cochon Dursley, tout ça. Et j’attendais juste de tourner les pages parce que je m’ennuyais, je n’ai rien aimé de ce que j’ai pu lire, mais je me sentais obligée de le lire… Parce qu’Harry Potter. Je me sens toujours obligée, ce qui fait que j’hésite beaucoup à lire la saga, a lui donner une dernière chance. Mais en même temps, elle m’horripile parce que c’est devenu une source marketing ignoble. Je m’arrache presque les cheveux en voyant sur instagram des personnes qui ont une collection goodies HP immense, qui achètent les collections limites collector mais qui ont pas encore lu la série. Chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais wah, c’est tellement consumériste pour moi Harry Potter maintenant que s’en est repoussant…

 

3 séries que je ne pense pas terminer.

Ne pense pas… Parce que je culpabilise de laisser une série non-terminée, et vous devez l’avoir saisi mais je suis très curieuse, donc j’ai envie de savoir ce qu’il se passe à la fin. Mais ces trois séries m’ont énervé, l’une dès le premier tome, l’autre au second, et la dernière le troisième tome était le sommet pour me dire « nah continue pas ». Prêts ?

Les autodafeurs


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Là, j’ai vraiment failli craquer. Le fond était super intéressant. Mais dès le tome 1, j’ai failli lapider à travers les pages (oui rien que ça, je ne suis pas DU TOUT violente face aux personnages que je porte en horreur) le personnage principal, Augustus. Quand tu ne peux absolument pas supporter le personnage principal, c’est quand même hyper problématique. Donc je lorgnais les deux autres tomes à la bibliothèque, pleine d’hésitation, jusqu’à ce que sur instagram, quelqu’un dans sa story partage le tome 2, et dit justement qu’elle ne supporte plus la « soi-disant crise d’ado de Gus ». MIRACLE. Le même point que je lui reprochais dans le tome 1, son caractère d’ado pédant insupportable ! Tellement insupportable que ça efface les bons points du livre ! Donc en collant les bouts, ça vaut pas le coup de continuer puisque je lui reprocherai les mêmes choses.

 

Promise, Insoumise… Conquise.


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C’est le dernier tome ici, que je ne compte pas lire. Parce que je ne suis pas Conquise, pas du tout. (wah le niveau de mon jeu de mot, on m’applaudit !) Je le ressasse à chaque fois que j’en parle, mais le personnage principal – oui j’ai même oublié les noms – m’a énervé avec sa robe verte qu’elle porte dans le tome 1, et elle continue d’en parler dans le tome 2. J’ai peur de la voir apparaître dans la fin de la trilogie je pense. Traumatisée. Plus sérieusement, une amie a récemment lu ces livres, et elle a été déçue par le dernier tome, donc ça confirme ma non-envie.

 

Phobos 1, 2, 3… Mais pas le 4 ?


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Non, pas le 4. Ni même le Origine que je me suis refusée d’acheter, trouvant que c’était là aussi très marketing. Mais comment dire… Phobos, c’est un fond intéressant, mais dont Victor Dixen calque des éléments d’une autre de ses sagas bien moins connues, le gars se fait un auto-plagiat limite (ou alors manque d’innovation  ; ou fierté de ces éléments qu’il tient absolument a réitéré dans un ouvrage plus connu…. Mais calquer un nouveau personnage qui lui aussi se scarifie avec le nom de sa dulcinée, moi ça me fait rire parce que je trouve ça très piteux. ) Et certes, on part sur une romance avec le thème du speed-dating, mais c’était beaucoup trop romance, avec des mensonges de l’auteur qui affirme des personnages déterminés, forts, et dont une qui refuse l’amour alors que c’est limite la première à y répondre. (cc Léonor je ne te vise pas du tout) Puis, parlons du fait qu’à la base, il ne devait pas y avoir de tome 4 si je me rappelle bien, alors que c’est le tome le plus gros, y’a pas une certaine incohérence là-dedans ? Ca me semble le présage de beaucoup de pages pour faire des pages, un peu comme le tome 3 comblé avec des pubs ridicules.

Ces livres étaient assez durs à trouver puisque j’avais tiré un trait sur eux en quelque sorte… Mais je me rends compte que je veux bien leur laisser une chance (sauf certains, genre 50 nuances, ou Voltaire) mais qu’on dirait que je suis juchée sur mon piédestal du refus tellement je suis vindicative, et très désagréable dans cet article haha. Je vous présente mes excuses, c’est vrai que je m’enflamme rapidement face aux choses qui m’énervent et ça se ressent un peu trop dans ces lignes…  Je vous souhaite aussi un bon courage si vous vous sentez l’envie de me faire changer d’avis puisque je suis assez têtue, en tout cas si vous en avez lu certains je découvrirai vos avis avec plaisir parce que je ne veux pas rester totalement fermée et stupide.

Est-ce que vous aussi, dans cette liste, vous ne comptez pas lire certains titres ? 

Première Respiration

Bien que laissant soupçonner une obsession avec le domaine aérien — entre ce titre-ci et « Un nouveau souffle » — ce n’est pourtant pas le cas, ni même une volonté d’aspirer à un exercice de relaxation, ou que sais-je (parce qu’en tant que personne étrange, ces pratiques m’angoissent plus qu’elles ne me relaxent) ; voyez-y juste un manque flagrant d’imagination, et la respiration non pas foncièrement comme un exercice sophrologique, mais plus comme une pause dans le domaine littéraire. Appropriation des Jolies Choses de Pauline, j’inspire profondément et vous partage ces éléments que j’ai aimé ces derniers jours, qui m’ont fait du bien et que j’ai envie de vous partager, de vous faire découvrir, sans rythme bien particulier, avec à la fin une partie nommée Tempus fugit, des bribes de choses agréables qui se sont passées dans ma petite vie personnelle et que j’ai envie de mettre en vrac ici, un daily gratitude pas très daily.  Une manière de continuer les découvertes que permettaient le C’est le 1er, de parler de tout et de rien. Une pause thé, en un sens. Un papotage. Des divagations. J’aurais pu garder l’idée de pot-pourri, y mêlant aussi bien culturel que personnel, que pensées jeter sur un clavier que souvenirs amassés.

Mr Mercedes

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#10 – Jeudi, c’est poésie !

poésie

Il n’avait pas disparu mais lui aussi a subit quelques contretemps, mais le poème numéro 10 se présente à vous ! Je savais depuis un petit temps lequel je comptais vous partager, parce que j’avais été charmée par la fin lorsque je farfouillais à droite à gauche pour ma bibliographie sur la poésie. Je n’ai pas spécialement le temps, ni même la maîtrise pour vous offrir une analyse de ce poème, du coup c’est un peu livré pour la lecture et puis voilà… Pour vous dire, je ne sais même pas de quel recueil il est tiré, je suis juste tombée dessus dans une anthologie et je ne me rappelle plus des références. (mal, je suis une mauvaise littéraire) Tout ce que je peux vous dire, c’est que comme son anaphore, il s’appelle Il y a, et qu’il est d’Apollinaire.


Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée
Il y a dans le ciel six saucisses et la nuit venant on dirait des asticots dont naîtraient les étoiles
Il y a un sous-marin ennemi qui en voulait à mon amour
Il y a mille petits sapins brisés par les éclats d’obus autour de moi
Il y a un fantassin qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants
Il y a que nous avons tout haché dans les boyaux de Nietzsche de Gœthe et de Cologne
Il y a que je languis après une lettre qui tarde
Il y a dans mon porte-cartes plusieurs photos de mon amour
Il y a les prisonniers qui passent la mine inquiète
Il y a une batterie dont les servants s’agitent autour des pièces
Il y a le vaguemestre qui arrive au trot par le chemin de l’Arbre isolé
Il y a dit-on un espion qui rôde par ici invisible comme l’horizon dont il s’est indignement revêtu et avec quoi il se confond
Il y a dressé comme un lys le buste de mon amour
Il y a un capitaine qui attend avec anxiété les communications de la T.S.F. sur l’Atlantique
Il y a à minuit des soldats qui scient des planches pour les cercueils
Il y a des femmes qui demandent du maïs à grands cris devant un Christ sanglant à Mexico
Il y a le Gulf Stream qui est si tiède et si bienfaisant
Il y a un cimetière plein de croix à 5 kilomètres
Il y a des croix partout de-ci de-là
Il y a des figues de Barbarie sur ces cactus en Algérie
Il y a les longues mains souples de mon amour
Il y a un encrier que j’avais fait dans une fusée de 15 centimètres et qu’on n’a pas laissé partir
Il y a ma selle exposée à la pluie
Il y a les fleuves qui ne remontent pas leur cours
Il y a l’amour qui m’entraîne avec douceur
Il y avait un prisonnier boche qui portait sa mitrailleuse sur son dos
Il y a des hommes dans le monde qui n’ont jamais été à la guerre
Il y a des Hindous qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales
Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s’ils les reverront
Car on a poussé très loin durant cette guerre l’art de l’invisibilité


Le poème en lui même a déjà une force : thème de la guerre, une longue énumération qui est très visuelle tout de même, on voyage d’un coup vers la silhouette d’une personne à son absence, ce qui forge un sentiment quelque peu angoissant, oppressant. Plus on lit les vers, plus le poids de la guerre nous marque. Et arrive ces deux derniers vers, ceux qui m’ont le plus chamboulé, qui forment la chute du poème, qui révèle tout le reste du poème et amène à une lecture rétrospective pour mieux comprendre que l’art de l’invisibilité, c’est certes le manque des personnes auprès de qui on a été arraché ( par exemple un couple séparé ), mais c’est avant tout la mort. Un euphémisme poétique, qui lui même est presque invisible, souligné par le fait que oui, les personnes sont invisibles : elles ne sont pas nommées ; elles ne sont pas représentées, nous n’avons que des mots ; à certains moment leur absence est décrite, comme par exemple en visualisant ce siège vacant,  cette « selle exposée à la pluie », qui perdure dans une métaphore filée de la mort par « les fleuves qui ne remontent pas leur cours », c’est-à-dire l’impossibilité de se substituer à la mort, puis « l’amour qui m’entraîne avec douceur », seul sentiment auquel le je poétique se plonge pour mourir plus tranquillement.

Je suis désolée de ne pas pouvoir m’essayer un peu plus à l’analyse, mais l’heure passe bien trop vite et j’ai une autre bibliographie à travailler ( et du sommeil à garder, mais c’est secondaire en prépa haha ! ) bref, j’espère que cette découverte vous aura plu !

« Aujourd’hui vous brillez, Mademoiselle. Soyez vigilante. »

Baricco, c’est quatre rencontres différentes, qui m’ont toutes fait vivre quelque chose de distinct. Celle-ci, bien que très agréable, est tout de même celle que j’ai le moins apprécié. Mais elle a su me surprendre et me séduire d’une certaine manière. J’ai mis du temps à lire ce roman, tout simplement parce que j’en manquais, et bien que ça m’ait frustré en tant que lectrice qui aime beaucoup cet auteur et veut se plonger dans ses univers avec empressement, cela correspondait tout de même à l’ambiance même de cette famille peu conventionnelle, puisqu’un des thème majeur est celui de l’attente. Les journées de ces personnages s’étirent de manière à éviter la nuit le plus possible ; et mon temps de lecture s’allongeait, ne pouvant parcourir les pages, mais ma poursuite du roman ne s’en est pas vue perturbée. Je n’ai pas ressenti du mal à me replonger auprès de ces personnages, ni même à retrouver le fil de l’histoire. Ce me semble être un roman où l’on peut se permettre de s’arrêter pour peut-être vivre des journées un tant soit peu similaires à celle de cette famille.


 

«Là où elle avait imaginé entrer comme épouse, elle se retrouvera sœur, fille, invitée, présence appréciée et objet décoratif.
Y a-t-il des règles qui m’ont échappé? demanda la Jeune Épouse.
Si vous m’y autorisez, je n’en mentionnerai que quatre, histoire de ne pas courir trop de lièvres à la fois.
Soit. »


Italie, début du XXe siècle. A 18 ans, la Jeune Epouse doit se marier avec le Fils, d’après la volonté de leur famille. Arrivée d’Argentine, elle attend le retour d’Angleterre de son futur époux.


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La Récolteuse grandit !

 

1

Henrietta Harris.

 

Petit bébé devient grand ! En ce premier novembre, la Récolteuse de Mots fête sa toute première année à vos côtés ! 

C’est à la fois pas grand chose et tellement… Pas grand chose dans le sens où le temps passe extrêmement vite, où le blog a subit une vraie pause, et des bas côté alimentation, donc je n’ai pas vraiment vécu cette année dans son entièreté. Mais c’est la preuve que ce blog n’est pas « que moi », sinon j’aurais soustrait les mois d’inactivité pour lui rendre un âge pouvant sembler un instant plus juste.
En effet. La Récolteuse de Mots, bien que le sujet soit au singulier (et puis au féminin, désolée pour les lecteurs), ce n’est pas que la bloggeuse derrière son écran d’ordinateur. Mais c’est tout autant vous. Si ce blog a survécu à sa première année, c’est bien grâce à vous tous, lecteur-trices, qui récoltez vos propres mots par le biais de vos lectures, mais qui daignaient également récolter les miens. Peut-être qu’en créant mes articles, je donne un soupçon de vie au blog, mais vous le faites grandir par votre présence, par votre réactivité, par votre partage, par tout ce que vous apportez. Récolteurs et Récolteuses, je vous en suis extrêmement reconnaissante. Ce sont peut-être des banalités, ou en tout cas, des choses que l’on retrouve à nombreuses reprises lors des blog’anniversaire ; mais ce n’est pas pour autant que ce n’est pas sincère. Tout ce que vous m’apportez est tout simplement incroyable, c’est un plaisir que de me poser face à mon ordinateur, de me retrouver face à la page blanche d’un article que je veux m’empresser de remplir de mots, et de le publier, parce que j’ai grand goût à vous partager mes maigres récoltes, à faire de cette activité souvent jugée solitaire un moyen de partage, de convivialité.
J’ai certes grand goût à rédiger ces billets, mais encore plus à cliquer sur la petite cloche marquée de son point orange, signe de notifications, signe de présence. Chaque cœur et petit + dans leur rond douillet m’embaument le cœur, et la plupart des commentaires me font esquisser un immense sourire. Le bonheur de voir votre intérêt qui m’a l’air grandissant pour ce que je vous propose (peut-être est-ce égoïste, mais je ne peux nier que ça fait un bien fou, oui, ça flatte l’égo, mais vous savez me redonner confiance, me rassurer, et c’est énorme.) et m’amenant à tenter de me dépasser pour vous et vous livrer encore mieux ; la béatitude d’engager un brin de discussion, d’en apprendre plus sur vous, de vous découvrir ; la joie de partager, de vous faire parfois découvrir de nouvelles choses, mais que ce soit également le cas de votre côté, vous me faites gonfler ma wishlist, vous me faites des remarques toujours plus intéressantes les unes que les autres, vous me permettez de voir plus loin, au point même que parfois vous m’apportez une réflexion telle à l’issu d’un article que  j’ai envie de le réécrire pour apporter les lectures que vous m’en faites ! Mille et un moments d’euphorie à vos côtés, de merveilleuses rencontres, de doux mots m’ayant parfois fait pleurer. ( top secret : je compte sur vous pour ne pas ébruitez ça, mais oui, vous êtes tellement adorables que je me suis retrouvée à renifler à plusieurs reprises face aux commentaires haha. )
J’ai eu la chance de rencontrer l’une de ces merveilleuses rencontres ( Biche, comme tu dirais, tu te reconnaitras ! ) — même si le cadre n’était pas super propice malheureusement…  — et engagé une correspondance avec une autre pépite, et j’espère, même je compte rencontrer les autres d’une manière ou d’une autre pour rendre cette aventure encore plus réelle. ♥

En attendant, un récap de toute cette année, ça vous tente  ?

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« L’une était une Voleuse de livres. L’autre vola le ciel. »

 

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Répond au challenge Baker Street : Les Plans du Bruce-Partington

Ce roman est le premier que je relis pour le plaisir. A part de la relecture en vue des cours, je n’ai jamais pris les temps de reparcourir un livre qui me faisait envie. Je suis de ceux qui fonctionnent en se disant « mais tu as déjà tant de livres à lire, pourquoi en relire un ? ». Mais parfois, l’envie pointe le bout de son nez, elle nous obsède en nous rappelant des bribes de l’histoire…  jusqu’à ce que l’on cède. La Mort est peut-être hantée par les humains ; je pense que pour ma part, je suis hantée par la Voleuse de livres.

Elle lui donna une raison d’écrire ses propres mots, de constater que les mots l’avaient aussi ramenée à la vie.

J’ai détesté les mots et je les ai aimés, et j’espère en avoir fait bon usage.

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#9 – Jeudi, c’est poésie !

poésie

Ayant passé ma dissertation sur la poésie, j’ai pu dégoter de chouettes poèmes en farfouillant pour faire ma bibliographie. Donc j’ai un peu plus de contenu pour alimenter ce rendez-vous, et j’espère que celui-ci vous plaira, je vais essayer de varier un peu les formes,  et de garder pendant le plus longtemps possible cet objectif : éviter autant que possible de citer un même poète à plusieurs numéros. (vive les p’tits challenges quand déjà t’es pas dans l’univers qui te sied le plus haha !) Bref bref bref, pour ce jeudi, je vous enjoins à lire le très chouette article de Pauline sur la poésie d’Aloysius Bertrand qui n’était autre que le créateur de la poésie en prose aux côtés de Baudelaire.  Et je suis bien contente d’avoir vu ce poème en cours, parce que je n’aurais probablement pas compris la lecture du poème.
Assez mystérieux ce que je vous dis là ? Pas de soucis, vous allez très vite comprendre. En ce jeudi, je vous propose donc Un rêve, issu de Gaspard de la Nuit. Lire la suite