A part thé #2 : le droit de parler de littérature.

Ariel - George Romney
Ariel ( The Tempest, Shakespeare) – George Romney

Cette première moitié de 2019, par son aspect chaotique, m’a permis de mettre à nouveau le doigt sur certaines choses, sur des questionnements que je terrais au fond de moi depuis un petit temps. Voir sur mon bulletin le mot « démissionnaire » fout un coup. Et en partie suite à cela, tracer un trait, plus ou moins volontairement, sur LE métier que je rêvais absolument de faire : enseignant.e chercheur.euse en littérature.
En soit, j’ai encore un chemin possible (mais ô combien rude qui pourrait détruire ma santé) pour atteindre ce métier. En soit, j’en ai encore bien envie : faire des thèses sur des domaines qui me bottent, allier le solitaire et le social, c’est merveilleux. Mais en même temps, ça ne me correspond plus.
Imaginez enseigner vos propres recherches à des élèves.
Imaginez délivrer votre travail comme une source de connaissances « supérieures », parce que validées et publiées.
Imaginez un peu.
Personnellement, plus je triturais cette idée, plus je la trouvais orgueilleuse, et en inadéquation avec ma morale, et avec mon activité de blogueuse. Ca mènerait à quoi, dans le futur ? Partons du postulat totalement faux que, tiens, malgré le temps que ça prend, je parviendrais à continuer ce blog : est-ce que cela laisserait entendre, par mon titre d’enseignant.e chercheur.euse, que mes chroniques sont plus travaillées, plus « vraies » que d’autres ? Qu’il faut boire mes mots et ne plus voir là un avis, des suggestions mais bien une étude ? Qu’en gros, mon blog serait meilleur parce que wouw je bosse dans l’enseignement supérieur et je publie des thèses, et que le reste ne vaut pas le coup ?

De tout ça, j’en tire la question maîtresse de ce très grand article :
Est-ce qu’il y a un « droit » pour parler de littérature ? Poursuivre la lecture de « A part thé #2 : le droit de parler de littérature. »

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Pérégrinations #8

Pour le moment, les chroniques restent cloîtrées pour essayer d’être au frais (à comprendre : elles ont du mal à sortir quoi, je n’ai pas assez de matière pour parler de mes dernières lectures…) mais j’ai bien quelques articles alternatifs pour dynamiser quand même le blog. Mais comme après tout, on est là pour parler bouquins, je vous laisse découvrir ce que j’ai lu durant le mois de juin !

Lectures 

Au départ involontaire, le mois de juin a sonné des lectures exclusivement féminines de mon côté. Et c’était aussi un mois très coréen, puisque rien qu’en lecture, mon coup de coeur revient à l’autobiographie de Park Yeonmi, Je voulais juste vivre, qui parle de son périple pour s’échapper avec sa mère de al Corée du Nord. Un tord-boyaux à lire, mais c’est probablement LE titre pour s’informer, grâce à un témoignage, des conditions du pays, mais aussi de la Chine. L’autre lecture très positive a été Claudine s’en va, de Colette. J’en parle sur instagram, un tome qui clôture magnifiquement la série.
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Ces livres que la prépa m’a donné envie de lire — suite.

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Dans le jardin (détail), par Alfred Stevens

Et voici les derniers titres qui me font envie que j’ai récoltés au cours de mon hypokhâgne ! Je ne pense pas faire une édition khâgne, et en un sens tant mieux parce que je ne sais pas dans combien de temps je vais pouvoir me pencher sur les titres déjà proposés lors de la première année… Sur ce, je vous laisse découvrir la liste.

Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit.


Gaspard de la Nuit. - Fantaisies à la manière.... Aloysius ...Une pensée toute particulière à Histoires Vermoulues dont le nom du blog vient justement de ce poète. C’est vrai que grâce à elle, déjà, ma curiosité avait point pour en faire la découverte, et l’étude d’un poème que je vous avais fait découvrir dans ce Jeudi, c’est poésie ! m’a convaincue pour me laisser tentée par ce recueil. D’ailleurs,  il m’a semblé qu’il vous avait aussi pas mal entraînés grâce à sa composition verticale. J’admets que je crains un peu la lecture « solitaire » de ce recueil, sans une étude avec, puisque sans ma prof je serai totalement passée à côté. Cependant, depuis, je garde en tête que les quadratins peuvent marquer une rupture et enjoindre, s’ils sont répétés dans le reste du poème, à une lecture verticale.
De plus, ce qui me pousse à vouloir découvrir Aloysius Bertrand, c’est qu’il est tout de même le fondateur de la prose poétique avec Baudelaire. Pourtant, on parle peu de ce poète…

Beckett, Molloy. (et/ou autres romans)

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Ces livres que la prépa m’a donné envie de lire

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Jeune femme lisant (détail), par Alfred Stevens

La prépa, quoi que j’en dise, aura forcément eu un impact sur mon blog et ce de différentes manières : elle a beaucoup joué sur ma présence, mais aussi sur mes lectures proposées, elle m’a amenée à modifier mon contenu, à analyser peut-être davantage, à vouloir la diversité des genres sur ce blog. C’est un des éléments qui, de mon point de vue, marque l’identité de la Récolteuse, tant personne que blog.
Alors il me semblait quelque part normal, et surtout l’envie a pointé le bout de son nez à la fin de ma première année, de vous présenter ce que la prépa m’a « apporté » sur le plan littéraire. Milieu scolaire, oui, mais aussi milieu de passion qui m’a transmis de nombreuses découvertes, qui a accru mes envies et a joué aussi sur mon désir de toucher un peu à tout. Du moins, pour la première année.
Cet article risque d’être fractionné en un deuxième numéro, parce que la liste est assez longue… Alors qu’il s’agit là de titres que j’ai noté au cours de mon année d’hypokhâgne. Bref, trêve de blabla, cet article sera assez long comme ça, alors on attaque. Je vous préviens, les genres seront mélangés, tout un peu en vrac, mais je n’avais pas envie de catégoriser, au contraire, je laisse les surprises défiler !

Proust, A la recherche du temps perdu. (l’intégral)


À la recherche du temps perdu, Tome 1 - Marcel Proust ...

Je ne pouvais pas commencer plus fort ! J’ai eu la chance en HK de désacraliser un peu le mythe proustien en étudiant Combray. (Livre 1 du premier tome) Se frotter seule à seule avec le livre a été une expérience plutôt… neutre. Oui par moments j’étais un peu perdue lors de cette première rencontre avec les longues phrases de l’auteur. Oui je trouvais quelques longueurs, ce n’est pas les rebondissements qui caractérisent ce livre. Mais des fois la formulation m’envoûtait. Et surtout, ce n’était pas impossible à lire. Mais là où le déclic s’est fait, c’était à l’étude du livre. Voir combien La Recherche se veut oeuvre totale avec tous les thèmes qui en recèlent. Le point majeur a été lorsque j’ai fais une explication de texte dessus, je voulais au départ étudier le Jardin des nymphéas mais, hé, le passage venait d’être pris par un autre groupe, alors je me suis rabattue sur le « portrait d’un snob », M. Legrandin. Je ne me suis jamais autant amusée à faire une analyse, c’était vraiment génial de voir tous les indices dans la construction, cette révélation sous forme de coup de théâtre de la personnalité de Legrandin à mesure que son regard le trahissait. C’est là où, oui, en plongeant le nez dans le passage, j’ai vraiment compris pourquoi les phrases proustiennes étaient un phénomène : la concaténation [l’emboîtement des propositions, pour faire simple] s’opposait avec brio à la clausule « il était snob » et révélait l’entièreté du passage. Aaah, j’adorerais vous faire part de cette étude ! La passion de ma prof (elle en parlait si bien, enfin je ne suis pas objective, je bois les paroles de cette femme) additionnée à la preuve que j’étais en capacité de comprendre Proust, donc un petit regain de confiance en moi, m’a donné envie de lire les 7 tomes, projet d’après prépa pour sûr ! Et je vous assure que je suis plutôt pressée. Poursuivre la lecture de « Ces livres que la prépa m’a donné envie de lire »

Pérégrinations #7

On ne peut pas dire que ce sont les Pérégrinations qui mangent le blog tant elles sont sporadiques ! A chaque fois, je me retrouve dans l’embarras : j’ai plusieurs mois qui s’écoulent dont je n’ai rien dit, et je ne sais pas si je m’amuse à faire le bilan seulement du mois écoulé, ou bien un melting pot. Mais mars et avril ayant été particulièrement compliqués et spéciaux, mieux vaut les passer sous silence, et tant pis pour les chouettes découvertes faites. Aller zou, je vous fait un résumé d’un Mai où j’ai à peu près réussis à faire ce qui me plaisait (youpiiii), et où j’ai plutôt bien remonté la pente.

DES HISTOIRES PLEIN LA TÊTE.

Là dedans, le bonheur suprême, ça a été de replonger dans l’univers de Fullmetal Alchemist, mon dernier article me trahit. Poursuivre la lecture de « Pérégrinations #7 »

Mon rapport à… Fullmetal Alchemist.

Fullmetal Alchemist y Brotherhood se estrenan en Netflix ...

Des mois d’absence, encore. Mais je débarque avec mes gros sabots, cette fois, bien décidée à changer la donne, déterminée à ne pas délaisser l’aventure de La Récolteuse de mots, engagée à ne pas vous lâcher, la niak pour bouquiner et surtout, partager.
Et quoi de mieux que de revenir avec un oeuvre culte dans l’univers des mangas ? Aussi culte à titre personnel : Fullmetal Alchemist est un titre décisif pour moi, qui a été extrêmement formateur. Poursuivre la lecture de « Mon rapport à… Fullmetal Alchemist. »

« Tout ce qui avait été déchiré par eux maintenant je voulais le recoudre, mais avec quel fil ? »

The Way to Emmaus, Robert Zünd. 

En plus de vouloir lire toute la bibliographie traduite d’Alessandro Baricco, j’aimerais vous chroniquer chaque livre, mais c’est a priori raté. (quoi que, je ferai une relecture, alors peut-être que je rattraperais ceux non-chroniqués !) A vrai dire, à la fin de ma lecture d’Emmaüs, je pensais que je n’en parlerais pas, je ne savais pas trop quoi en dire… Une belle erreur, vu la taille de l’article ! Quelques recherches pour comprendre le dessein de l’auteur et bam, c’est 169 pages qui me semblent fichtrement denses.

 

Ebook: Emmaüs, Alessandro Baricco, Gallimard, Folio ...



Quatre garçons, une fille : d’un côté, le narrateur, le Saint, Luca et Bobby, et, de l’autre, Andre. Elle est riche, belle, et elle distribue généreusement ses faveurs. Ils ont dix-huit ans comme elle, sont avant tout catholiques, fervents voire intégristes. Musiciens, ils forment un groupe qui anime les services à l’église et passent une partie de leur temps libre à assister les personnes âgées de l’hospice. 

Alors qu’elle incarne la luxure, Andre les fascine, ils en sont tous les quatre amoureux. La tentation est forte mais le prix à payer sera lui aussi considérable.


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