Pérégrinations #10

L’été prend bientôt fin, la « rentrée » n’est qu’à un pas pour certain.e.s, et les pérégrinations ne manquent pas ! Maigre en livres mais j’espère plus riche pour le reste des découvertes, voilà mon petit melting pot du mois d’août.

LECTURES

Ah bah, oui, côté lecture ce mois-ci, c’est un peu piteux. J’ai passé bien plus de temps à dessiner qu’à lire, doublé d’une sorte de légère panne de lecture. Puis, L’homme-dé a bien occupé mon mois d’août, j’ai eu un peu de mal à venir au bout alors que c’est ma meilleure lecture de ce mois.
Je continue de découvrir Colette, mais je n’étais pas super emballée non plus. Même un peu déçue par Le pur et l’impur qui pourtant m’emballait beaucoup par sa quatrième de couverture, j’attendais à un peu plus de « franchise » on va dire mais les choses étaient tournées joliment, presque métaphoriquement. Pour ce qui est de La Chatte, j’en ferais sans doute un court avis sur Instagram, mais je ne pourrais jamais en faire une chronique entière.
Et si tu l’as loupée, voilà la chronique Des amis, roman nord-coréen. Poursuivre la lecture de « Pérégrinations #10 »

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« Accepter les limitations de mon moi et celles de la vie. En littérature, ce refus s’appelle romantisme ; en psychologie, névrose. « 

Cézanne, Le Joueur de cartes. 

Voilà un livre bien dur à chroniquer ! Déjà par sa taille ; ses 521 pages ne facilitent pas la tâche pour en parler puisque l’histoire, et donc les thèmes, sont assez expansifs. Ce qui pose davantage problème, c’est qu’il s’agit d’un roman absurde par excellence, mais en même temps, pas tant que ça.. Disons qu’il s’agit d’une absurdité logique. Paradoxal ? Le livre entier l’est, vous êtes prévenu.e.s. J’ai l’impression de pouvoir dire blanc et noir de cet ouvrage, ce qui fait que je ne sais pas vraiment vers où aller. Donc vous m’excuserez si mes propos ne sont pas toujours hyper clairs, n’hésitez pas à vous éclairer avec d’autres blogs si besoin !


L'Homme-dé par Rhinehart

Recherché par le F.B.I. : Luke Rhinehart, 32 ans, marié.
Profession : psychiatre. Résidence : New York.
Motif : subversion de la vie quotidienne.

Le psychanalyste Luke Rhinehart a décidé de transformer son existence en un immense jeu de hasard : il laisse de simples dés prendre pour lui toutes les décisions de son existence.
Très vite, le  » syndrome du dé  » se répand dans la population. Et les autorités s’inquiètent. Car le Dr Rhinehart a peut-être inventé, sans le savoir, le moyen d’en finir pour toujours avec la civilisation.


 

Contextualisation.


On aurait tendance à faire de ce roman un livre autobiographique, tout simplement parce que l’auteur, George Powers Cockcroft utilise le pseudonyme de Luke Rhinehart suite à la rédaction de L’homme-dé. Le livre est en effet signé de ce nom, et correspond également à celui du personnage, doublé par une rédaction du point de vue interne. (enfin, on reviendra sur la focalisation.) Poursuivre la lecture de « « Accepter les limitations de mon moi et celles de la vie. En littérature, ce refus s’appelle romantisme ; en psychologie, névrose. « « 

La Récolteuse de mots en gifs. (Disney/Pixar ed.)

Vous l’avez vu, ces derniers temps, ce ne sont pas les chroniques qui pullulent sur le blog. Alors après avoir vu l’article de Babitty Lapina je me suis dit que c’était bien trop chouette pour ne pas le faire. (Puis je visualisais trop une scène de Mary Poppins, celle des dessins à la craie dans lesquels Bert, Mary et les enfants sautent, mais je n’ai pas trouvé de gif convaincant, snif.) Bref, l’article décontracte par excellence, et quasi tout le monde rafolle des gifs, alors vous voilà servi.e.s pour cette première édition ! Attention, je suis du genre plutôt passionnée, pas de demi-mesure, et ça se constate en images. Vous êtes prêt.e.s ?

Quand je me plonge dans la lecture…

… que j’aime beaucoup, beaucoup l’histoire…

… puis que je m’enjaille (un peu trop) dessus…

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« C’était la précocité d’un enfant ayant grandi dans une famille malheureuse. »

Tableau nord-coréen dont je suis incapable de trouver la source.

Une chronique sauvage apparaît ! Aujourd’hui, j’introduis Des amis, de Baek Namryong, un récit nord-coréen, mais pas n’importe lequel : texte de 1988, c’est le premier récit de ce pays a être traduit et publié en France… En 2011. Il s’agit donc d’un texte pionnier, qui n’était pas transcendant à lire, mais pas une plaie non plus. Disons que je suis neutre, côté ressenti, mais il y a des choses à creusées et à reprocher tout de même. Cela dit, il me semble intéressant de le lire, c’est vrai qu’il opère comme fenêtre sur la RPDC, mais d’un oeil qui n’est pas critique.


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Première traduction en France d’un roman venu de la République populaire démocratique de Corée (du Nord), ce livre nous invite à partager les investigations d’un magistrat qu’une femme a saisi d’une demande de divorce – et qui se trouve donc confronté à un dysfonctionnement social. Là-bas, en effet, les affaires privées engagent l’intérêt public. Et en l’occurrence, la requête est rendue particulièrement délicate par les professions respectives des époux : la demanderesse est cantatrice, et elle se plaint de l’incompréhension « culturelle » de son mari – qui est ouvrier. L’enquête menée par le juge dans l’entourage du couple va donc prendre rapidement un tour quasi politique…
Lucide et plein d’humour, ce texte offre une vision en prisme d’un pays dont la réalité nous est complètement méconnue. Il met à dos nos préjugés, et révèle le talent littéraire de Baek Nam-Ryong, issu de la classe ouvrière et devenu un écrivain à succès, qui ne se prive pas d’exercer ici son pouvoir critique, tout en conférant à son art une exigence de probité… oeuvrant ainsi, de façon très personnelle, pour le bien commun.


 

Le problème du divorce n’est pas un problème privé, ni un problème administratif qui se résumerait à rompre ou non les relations entre époux. C’est un problème social et politique qui réside dans le destin de la famille en tant que cellule de la société, et dans la solidité de la grande famille de la société. C’est pour cela que notre tribunal le traite avec sérieux. 

Une écriture pas toujours si fluide, mais instructive.

Bien que le roman soit court, seulement dans les 200 pages, j’ai eu le sentiment de le traîner, d’avoir du mal à le lire à cause de l’écriture. Enfin, de la traduction, mais qui correspond à une démarche honnête : celle de rendre autant que possible la culture d’un pays par la langue. Poursuivre la lecture de « « C’était la précocité d’un enfant ayant grandi dans une famille malheureuse. » »

Pérégrinations #9

Et les voilà ! Les presque-fidèles Pérégrinations, qui vous invitent à découvrir pas mal de choses, enfin je l’espère, le petit bilan « culturel » ! J’ai évincé tous les artistes tatouages / illustrations que je me suis mise à suivre sinon, pfouh, nous n’aurions jamais vu la fin de cet article. Si vous êtes en panne de choses à voir, je vous en sers pas mal aujourd’hui, alors ne tardons plus. Bonne lecture !

BOUQUINS.

J’en ai jamais autant eu ma claque de faire cette grille de miniatures haha. En réalité j’ai pas tant lu, c’est juste des BDs qui font gonfler le tout, d’ailleurs, de très bonnes surprises : je pense me pencher à nouveau sur le travail de Nicolas Debon, puisque j’ai énormément aimé les deux oeuvres que j’ai découvertes, à savoir L’Essai et L’Invention du Vide. 
Le Livre des livres, de Marc-Antoine Mathieu est une pépite graphique, et une explosion d’humour. On découvre la couverture et le synopsis de livres… qui n’existent tout simplement pas. Et parfois, on a de ces titres loufoques, des parodies d’oeuvres existant déjà, si vous avez l’occasion de l’emprunter en biblio, faites le !
Le coup de coeur là-dedans reste clairement Troubles dans le consentement d’Alexia Boucherie. J’essaie de me décider à en faire un article, mais je ne promets rien du tout. En tout cas, quel bonheur qu’on traite enfin de ce sujet ! Seul bémol, le consentement du côté des personnes asexuelles, ce qui amènent des zones grises énormes, n’est pas soulevé, très brièvement mentionné. Et puis, le recueil de Gilles Marchand dont je parle juste là, mais ça va presque de soit.
Le flop… Malheureusement, revient à J.M. Coetzee. Je pense lire un autre de ses livres pour découvrir ce prix Nobel, mais alors Elizabeth Costello… Je l’ai abandonné, ça n’avançait pas, c’était des réflexions qui avaient un goût de « je tourne en rond ».  Poursuivre la lecture de « Pérégrinations #9 »

« On ne détricote pas le monde. Même s’il gratte, on ne le détricote pas. »

Illus de couv du livre Le séducteur (de Jan Kjaerstad chez Monsieur Toussaint Louverture)
Illustration de Geoffroy Monde. 

C’est un avis un peu différents des derniers que j’ai pu poster sur le blog : j’ai un peu perdu la main, depuis le temps, et même si l’oeuvre du jour peut se prêter à une analyse thématique, j’ai plus envie d’écrire dessus sans prise de tête, déverser l’intériorité, sans faire trop compliqué. Juste profiter, le temps d’une nouvelle.


Des mirages plein les poches – Gilles Marchand – Place aux ...Un musicien de rue, un homme qui retrouve sa vie au fond d’une brocante, des chaussures qui courent vite, deux demi-truites, une petite lampe dans un couffin, le capitaine d’un bateau qui coule, la phobie d’un père pour les manèges, un matelas pneumatique… On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles Marchand : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ses airs de fantaisiste, il raconte la profondeur de l’expérience humaine.


Dire que ces nouvelles, au départ, étaient disparates : faites entre 2011 et 2017 environ, présentes dans des recueils collectifs avant que David Meullemans décide de les compiler dans Des mirages plein les poches. Et quelle merveilleuse idée, puisqu’il y a cette même empreinte, toute propre à Gilles Marchand : cette lucidité enfantine, cette approche du monde avec un âme de gosse, tout de même contrôlée par un oeil adulte. Cela donne un mariage parfait, celui qui m’a amenée à adorer l’oeuvre de l’auteur suite aux trois titres que j’ai pu lire.

Je ne suis pas bien objective puisque j’adore tout d’abord les nouvelles, que j’aime énormément la personnalité de ce monsieur après lui avoir volé un peu de son temps lors de salons littéraires, et que dès la sortie du recueil : je le voulais et je savais que j’allais l’aimer.
Résultat ?
Je l’ai aimé. Pardon : je l’ai adoré. Poursuivre la lecture de « « On ne détricote pas le monde. Même s’il gratte, on ne le détricote pas. » »

A part thé #2 : le droit de parler de littérature.

Ariel - George Romney
Ariel ( The Tempest, Shakespeare) – George Romney

Cette première moitié de 2019, par son aspect chaotique, m’a permis de mettre à nouveau le doigt sur certaines choses, sur des questionnements que je terrais au fond de moi depuis un petit temps. Voir sur mon bulletin le mot « démissionnaire » fout un coup. Et en partie suite à cela, tracer un trait, plus ou moins volontairement, sur LE métier que je rêvais absolument de faire : enseignant.e chercheur.euse en littérature.
En soit, j’ai encore un chemin possible (mais ô combien rude qui pourrait détruire ma santé) pour atteindre ce métier. En soit, j’en ai encore bien envie : faire des thèses sur des domaines qui me bottent, allier le solitaire et le social, c’est merveilleux. Mais en même temps, ça ne me correspond plus.
Imaginez enseigner vos propres recherches à des élèves.
Imaginez délivrer votre travail comme une source de connaissances « supérieures », parce que validées et publiées.
Imaginez un peu.
Personnellement, plus je triturais cette idée, plus je la trouvais orgueilleuse, et en inadéquation avec ma morale, et avec mon activité de blogueuse. Ca mènerait à quoi, dans le futur ? Partons du postulat totalement faux que, tiens, malgré le temps que ça prend, je parviendrais à continuer ce blog : est-ce que cela laisserait entendre, par mon titre d’enseignant.e chercheur.euse, que mes chroniques sont plus travaillées, plus « vraies » que d’autres ? Qu’il faut boire mes mots et ne plus voir là un avis, des suggestions mais bien une étude ? Qu’en gros, mon blog serait meilleur parce que wouw je bosse dans l’enseignement supérieur et je publie des thèses, et que le reste ne vaut pas le coup ?

De tout ça, j’en tire la question maîtresse de ce très grand article :
Est-ce qu’il y a un « droit » pour parler de littérature ? Poursuivre la lecture de « A part thé #2 : le droit de parler de littérature. »