« Tout ce qui avait été déchiré par eux maintenant je voulais le recoudre, mais avec quel fil ? »

The Way to Emmaus, Robert Zünd. 

En plus de vouloir lire toute la bibliographie traduite d’Alessandro Baricco, j’aimerais vous chroniquer chaque livre, mais c’est a priori raté. (quoi que, je ferai une relecture, alors peut-être que je rattraperais ceux non-chroniqués !) A vrai dire, à la fin de ma lecture d’Emmaüs, je pensais que je n’en parlerais pas, je ne savais pas trop quoi en dire… Une belle erreur, vu la taille de l’article ! Quelques recherches pour comprendre le dessein de l’auteur et bam, c’est 169 pages qui me semblent fichtrement denses.

 

Ebook: Emmaüs, Alessandro Baricco, Gallimard, Folio ...



Quatre garçons, une fille : d’un côté, le narrateur, le Saint, Luca et Bobby, et, de l’autre, Andre. Elle est riche, belle, et elle distribue généreusement ses faveurs. Ils ont dix-huit ans comme elle, sont avant tout catholiques, fervents voire intégristes. Musiciens, ils forment un groupe qui anime les services à l’église et passent une partie de leur temps libre à assister les personnes âgées de l’hospice. 

Alors qu’elle incarne la luxure, Andre les fascine, ils en sont tous les quatre amoureux. La tentation est forte mais le prix à payer sera lui aussi considérable.


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Pérégrinations #6

Malgré les tâtonnements, je n’y déroge pas : je vous présente de longues Pérégrinations, même si finalement j’ai l’impression de vous faire découvrir peu de choses. Ca a été surtout beaucoup de cinéma, avec des avis enthousiastes. Bref, je vous laisse découvrir tout ça.

JANVIER EN LECTURES

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3 témoignages sur la dépression.

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Eric Lacombe

Il me faut vous avouer une chose : j’ai beaucoup hésité avant de faire cet article, optant au départ pour en faire un On se livre. Finalement, quitte à en avoir parlé sur Instagram, autant en faire un petit article thématique (même si la palme pour ce genre d’articles revient à Pauline d’Histoires Vermoulues), surtout que ce sont trois livres que j’ai lus dans la foulée, et comme ça mon ressenti reste assez frais.
C’est donc, pour vous, l’occasion d’en découvrir plus sur la maladie mentale la plus commune, ou cela peut être un moyen de vous sentir compris•e si vous êtes en plein dedans. C’est d’ailleurs le pourquoi je me suis penchée sur ces ouvrages : emportée par les vagues du maelstrom, autrement dit, de la dépression, j’ai cette voix subjective qui me radote que « personne ne peut comprendre ce que tu traverses, t’es seule de toute manière, les autres s’en fichent même s’ils prétendent vouloir comprendre », alors qu’objectivement, je sais que c’est du baratin, que plus de gens que je ne le pense sont à même de comprendre, même d’aider. Je sais que cet état me fait psychoter et voir un vice inexistant dans mon entourage, c’est pourquoi j’ai songé que la solution était peut-être de plonger dans des récits, des témoignages de personnes qui s’en sont sorties. Parce que non, malgré cette impression farouche : nous ne sommes pas seul•e•s.

Note avant de présenter les livres : vous m’excuserez pour la mise en page de l’article, wordpress me fait gentiment braire entre l’éditeur classique et le nouveau (pourquoi le classique n’a pas la lettrine ;;) ce qui fait que je n’arrive pas à mettre le texte à côté des couvertures, donc c’est moche, donc pardon. 

Chute libre – Carnet d’un gouffre, de Mademoiselle Caroline.


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« Un homme qui passe les vingt dernières années de sa vie à s’arracher la tête pour donner un sens à des taches de couleur a énormément à dire. »

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« Il pleuvait des oiseaux » par Christine Viens

 

Youpla, voici que je m’essaie à des chroniques quelque peu différentes, qui cerneront davantage les livres sous des aspects que sous leur globalité afin de rendre mes chroniques plus uniques et de construire mon avis de manière plus concrète. En effet, j’étais quelque peu lasse de juste « donner mon avis » ; j’avais l’impression d’être superficielle et surtout, de ne pas traiter le livre d’une manière qui m’est propre. Finalement, sous des « grands titres », vous aurez deux ou trois points qui m’auront frappée dans le livre, positivement ou négativement. Ce qui a fait sa teneur pour la lectrice que je suis. Mais bref, du concis vous n’aurez pas, je parle toujours beaucoup, alors je vous laisse de ce pas à la découverte d‘Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. 


Il pleuvait des oiseaux par Jocelyne Saucier | Littérature ...

Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle? On ne le saura pas. Au moment où s’amène la photographe, Boychuck vient tout juste de mourir.
Tom et Charlie, deux survivants, ignorent que la venue de la photographe bousculera leur vie. Ils feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans et tous ses esprits, même si elle est internée depuis 66 ans. Elle arrive sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son œuvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson.

 

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La Récolteuse tâtonne.

The Geography of Hope
The Geography of hope, Federico Infante.

Récolteurs et Récolteuses,
belle année à vous !

2019. Voilà ce qu’il faut attendre pour que la Récolteuse revienne montrer le bout de son nez ! Je suis le genre de personne qui aime voir les choses sous l’angle « nouvelle année, nouveau départ » ; peut-être s’agit-il là seulement d’un prétexte pour reprendre un peu le blog. Mais qu’importe, le résultat est le même, je rouvre wordpress après 3 mois d’absence. En espérant parvenir à y rester.

Il me faut tout d’abord vous présenter des excuses pour cette absence soudaine et inexpliquée. Je m’en sens d’autant plus l’obligation depuis l’article de Ada sur les 12 mois 12 livres. Mon absence a certes été causée en partie par le contexte « 2e année de prépa », essayant tant bien que mal de gérer ma vie étudiante ; mais renforcée par le fait que je n’ai pas internet chez moi (oui, c’est encore possible en 2019, et entre nous, c’était dur au début mais j’aime bien ça) ; mais plus encore parce que, tout simplement, ça n’allait et ne va toujours pas très (du tout souvent) bien. Juste la maladie qui déconne plutôt bien, et ce depuis plusieurs mois : je vous dis cela comme ça, à la volée, gratuitement (mes excuses), mais c’est juste pour vous dire qu’absolument tout devient d’une difficulté incroyable dans cet état, dont les actes les plus anodins et quotidiens. Donc pensez bien, gérer un blog dépassait clairement mes capacités , malgré les frissons d’envie, malgré les remembrances, malgré le désir de parler de mes très rares lectures. Continue reading « La Récolteuse tâtonne. »

« Il était Kaz Brekker, l’infirme, l’escroc, l’ordure du Barrel. »

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NDLR : Hé hop dernier article de 2018, dernier article qui traînait dans mes brouillons, dans l’espoir que cela me permette de revenir pour 2019  après avoir lâché mes sacs si j’ose dire !


Cette lecture m’aura amené une question existentielle : quelle est ma disposition à lire après tout le monde un livre qui trône des mois durant sur le haut du podium ? A l’heure où Shades of magic a devancé Six of crows, cela me semble plutôt intéressant d’étudier ma capacité d’être à la ramasse, d’avoir à peine un cran de retard. ( à peine, disons que je vis dans une autre dimension temporelle. ) Pour une fois, ce n’est même pas dû au fait que je voulais éviter de le lire durant son grand carton et d’en être déçue suite aux attentes. J’ai juste manqué le coche. ( et sauté dans un ravin que j’ai essayé de regrimper à mains nues vu ma traîne. ) Par contre, je ne dis pas, les avis sur le roman de Leigh Bardugo me sont quand même restés dans un coin de la caboche et je n’ai pas été aussi emballée qu’escompté.


Résultat de recherche d'images pour "six of crows"Ketterdam – Quartier du Barrel : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « Dirty Hands » (« les Mains Sales »). Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques.  Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant…


Je vais caricaturer l’avis général que j’avais tiré quand Six of crows faisait grand bruit : une merveille du YA fantasy, un must-read, le livre parfait où il y a milles rebondissements. Oui, bon. On sent l’exagération dans ces propos tout de même. Le bémol majeur que je tire de ce premier tome, c’est qu’il tarde à aller vers l’action justement. Tel qu’il était vendu sur les blogs et réseaux sociaux, je m’attendais à un truc qui claque dès les premières pages, une sorte d’entrée in medias res qui te happe jusqu’à la dernière page. Je ne l’ai pas ressenti ainsi, il m’a bien fallu attendre la moitié du livre avant de m’immerger pleinement dans l’oeuvre. Disons que dans un premier temps, j’avais plongé le buste : je regardais ce qu’il se passait, j’étais spectatrice. Ensuite, j’ai sauté dedans pour courir après tout ce qui avait lieu. Continue reading « « Il était Kaz Brekker, l’infirme, l’escroc, l’ordure du Barrel. » »

« Laissez moi vous regarder car vous êtes interdite »

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Gustav Klimt, L’accomplissement. 

NDLR : Salut toi ! Ca fait une paye, deudonc. J’espère que tu as profité de la première partie « festivités » de la fin d’année. Trêve de bavardage : Jusqu’à dimanche, vous aurez un article par jour, afin de vider mes brouillons de ces articles qui traînent depuis plusieurs mois alors qu’ils n’attendent que cela. On se retrouvera sans doute la semaine prochaine, pour un petit article de mise au point et peut-être (well, hope so) de retour !


Avant-dernier titre (NDLR : dernière, je n’écrirais pas sur Quignard, ce me semble préférable pour tout le monde haha) de ces chroniques « lectures au programme », du côté du monde des Lettres Modernes ! Globalement, ce cursus sur lequel je misais tant (parce que, voilà, c’est un peu ce que je veux faire après tout. Mais les attentes sont souvent source de déception) m’a laissée de marbre. Malgré une thématique que je trouve très riche et pertinente, les textes en eux-mêmes ne sont pas non plus mirobolants. D’ailleurs, je crois que je vous présente les oeuvre de cette dominante de manière décroissante : avec du recul, je crois que j’ai préféré L’Astrée, Partage de Midi de Paul Claudel dont je vous parle aujourd’hui est un « meh », j’ai d’ailleurs l’impression de ne pas avoir grand chose à dire, et le dernier titre est… exécrable ? Enfin bon, ne tardons plus et découvrons Clauclau !


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La pièce, qui date de 1906, est le chef-d’oeuvre de Claudel. Il y a enclos, dans un style brûlant et poétique, mariage de Shakespeare et de Rimbaud, le bonheur et le drame de sa vie. Ysé a abandonné son mari pour vivre avec Mesa ; elle quitte ce dernier pour un troisième homme qui ne la comble pas. Les deux protagonistes sont liés l’un à l’autre. L’homme, épris d’absolu et de Dieu, ne peut ni être satisfait par la femme ni s’en arracher. La femme aime cet homme qui la dépasse et la mène à son malheur jusqu’à ce que triomphe  » l’Esprit vainqueur dans la transfiguration de Midi « . Au texte original s’ajoutent des éléments nouveaux : deux versions inédites, antérieures au texte de 1906, écrites par Claudel au milieu du drame de la rupture et de l’abandon, et des lettres également inconnues, écrites par le poète au modèle réel d’Ysé.


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