#6 – Throwback Thursday Livresque

Print

Qui dit jeudi, dit rendez-vous hebdo’ tout doux : celui de Bettie Rose Books qui consiste à sortir un bouquin de sa bibliothèque pour chaque thème, qui sont justement assez larges afin d’offrir plusieurs propositions de lectures en passant d’un blog à l’autre. Plutôt sympa pour faire gonfler votre wishlist découvrir de nouvelles idées bouquins non ?

backto8090Années 80 ou années 90 (date d’écriture ou date de l’action) 

Pour répondre au thème de la semaine, j’ai eu un instant de blocage, et je me suis demandée ce que je pouvais bien trouver. Sur le coup, le thème laisse perplexe : je ne connais pas les dates de publication/d’écriture des bouquins, et l’action.. J’ai tendance à oublier quand elle se déroule. ( Très douée pour les dates, moi ? Je vois pas de quoi vous parlez… :’) ) Après un tour sur booknode, je redéniche ce coup de coeur de mon premier Week-End à 1000 : Lambeaux, de Charles Juliet, qui fut publié en 1995, mais commencé dès 1983.

bm_13678_aj_m_7528


Lambeaux marque un tournant essentiel dans l’écriture de Charles Juliet. Il le libère et le fera ensuite passer de la poésie et des journaux à la fiction. L’auteur y vide pour la première fois sa mémoire, dénoue le noeud de son malaise et l’origine de son écriture : la mort de sa mère alors qu’il n’a que quelques mois. Par des phrases lentes, granitiques, il accède aux racines tranchées, extirpe sa mère du rien en lui donnant la parole. La deuxième partie dit l’autre mère. Celle qui l’a recueilli. La « toute-donnée » qui ne se plaint pas et parle peu. Charles Juliet lui prête également ses mots. Il fouille, met à jour la pensée de cette femme, ce « chef-d’oeuvre d’humanité » qui l’a sauvé de la folie ou du suicide. Derrière ce double portrait, Charles Juliet relate aussi la lente gestation de son être, par-delà les peurs, les blessures, les aridités. Par-delà la culpabilité. Jusqu’à cet instant où le brouillard se dissipe, où une force tranquille s’installe et lui permet à nouveau d’adhérer à la vie.


Je ne recommande pas cette lecture à tout le monde, seulement aux personnes assez accrochées. Si vous avez du mal à supporter des événements tragiques, alors ne le lisait pas. Ce texte là est un hommage aux deux mères de l’auteur : la première, « l’esseulée », qui est sa mère biologique, qui a traversé une énorme douleur, morte à 38 ans dans d’affreuses conditions ; la seconde, « la battante », sa mère adoptive. Ceci constitue les deux parties du roman, dont la deuxième est l’autobiographie de l’auteur. La mère biologique de l’auteur, tout comme lui-même, sont passés par une profonde dépression, ce qui rend la lecture d’autant plus difficile.
Grosso modo, si vous ne pouvez pas supporter un récit relatant très clairement la dépression, et que vous êtes beaucoup trop sensibles, alors prenez un temps de réflexion. La sensible que je suis s’est retenue de pleurer à la fin de la première partie, et malgré ça y’a quand même des larmes qui se sont fait la malle, tout simplement parce que la dépression vous frappe en plein visage, que la cruauté de l’Homme est bien distincte, et que malheureusement, il s’agit d’une triste réalité.
Mais si vous êtes aptes à franchir tout cela sans vous effondrer, alors n’hésitez pas à découvrir une partie de la vie de Charles Juliet : vous serez ensevelis sous les sentiments.

Publicités

3 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s