Forêts, de Wajdi Mouawad.

img_20161231_131157Deuxième ouvrage découvert de Wajdi Mouawad ! Autant que pour le premier, je n’attendais rien, je laissais à la découverte me donner son verdict après les maintes supplications de mon meilleur ami pour lire cet auteur. Comme vous avez pu le voir, j’avais été séduite. J’en attendais autant de ce titre, surtout que cette fois-ci, le résumé me donnait très envie, il me parlait énormément. Le soucis était en partie ça : les attentes. Mais d’autres éléments m’ont frustré et malheureusement, ça n’a pas pris, et je me suis même ennuyée.

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En remontant le fil de ses origines, Loup ouvre une porte qui la conduira au fond d’un gouffre, car là se trouve la mémoire de son sang : une séquence douloureuse d’amours impossibles, qui va de Odette à Hélène, puis à Léonie, à Ludivine, à Sarah, à Luce et enfin à Aimée, sa mère…
A travers les destins entrecroisés de ces femmes liées par le sang, toutes entraînées par les grands bouleversements historiques du 20ème siècle, Forêts remonte aux sources des fêlures humaines, intimes, familiales, historiques.sans-titre-2

J’ai l’impression qu’au final, parmi ces deux lectures de Wajdi Mouawad faites durant la semaine à lire, il y en aurait forcément une des deux que je n’aurais pas aimé. A la fin de ma lecture de Forêts, je me suis dis « Peut-être que si je l’aurais lu avant Incendies, j’aurais aimé.  » Peut-être. Mais peut-être que du coup, je n’aurais pas aimé Incendies. Malheureusement je n’aurais pas de réponse à ça, mais le soucis est là : durant cette lecture, j’ai eu l’impression de relire la précédente pièce, traité d’une manière tout de même différente. Ce qui est assez drôle, c’est que dans la préface, l’auteur dit « je me battais contre la mauvaise impression de me répéter. » Et c’est pile poil ce que j’ai ressenti.

Cette troisième partie de la tétralogie « le Sang des promesses » m’a semblé trop éparpillée. Ce côté un peu fouilli, où le passé se superpose au présent, se confondant, m’avait plu dans la seconde partie. Mais dans celle-ci. Nah. J’ai trouvé ça tellement éparse, avec tellement de personnages issus du passé que j’étais totalement perdue. Peut-être s’agit-il d’une volonté de l’auteur : que le lecteur soit aussi perdu que Loup, et toutes les précédents femmes du passé. Mais ne plus comprendre qui était qui, le lien entre ces femmes ; essayer de me rappeler du passé et des liens m’a tout embrouillé et je m’y suis vite détachée. Tandis que dans Incendies, j’aimais beaucoup ces présences du passé dans des conversations du présent, et que je visualisais très bien cette personne qui n’était —parce qu’elle ne pouvait pas — être écoutée, cela m’a laissé de marbre dans Forêts, n’a pas suscité mon imaginaire, et je me suis même demandée si l’action était au présent ou au passé, bref, un gros gloubi-boulga, un joli méli-mélo, appelez ça comme bon vous semble !

C’est quoi le remède contre le malheur ? 

Les thèmes me semblaient toujours identiques. La coupure de la colère, comme l’avait fait Jeanne dans le second opus, et que perpétue Loup dans celui-ci. La descendance, ou du moins la quête de l’arbre généalogique. Une quête d’identité, de vérité. Les promesses omniprésentes, comme auparavant. Avec la culpabilité de ne pas en avoir tenu une. Un passage dans un cimetière, avec à ce moment là, un appel pour les personnages masculins. La sexualité amenée de manière malsaine. Tout ces éléments là sont présents dans les deux pièces. De manière trop semblables selon moi. Des différences, comme la sexualité qui prend une place encore plus dérangeante je dirais, qui m’a semblé un peu plus marqué, peut-être parce qu’elle finit par être renvoyée à la bestialité.

On s’embrassera et encore on fera l’amour et, sans arrêt, on se prendra dans les bras l’un de l’autre pour étancher notre soif moi de toi, toi de moi.  

Pour me frustrer encore plus, je n’ai pas compris la présence de certains éléments qui n’avait pas de raison d’être là, qui me paraissait presque être des excuses pour les insérer dans la pièce. Pourquoi mettre en fond la Première Guerre Mondiale à travers les crises d’épilepsie d’Aimée ? Juste pour établir un lien avec les femmes du passé ? Alors pourquoi Loup n’y a pas de rapport ? Pourquoi la présence de cet être difforme dans la fosse de la forêt aux côtés d’Hélène ? Pourquoi il  n’est évoqué que deux, ou maximum trois fois, dans une pièce d’une centaine de pages ? Ces éléments inexpliqués n’avaient pas leur place pour moi, ils auraient dû être mieux exploités.

L’écriture m’a a nouveau séduite mais malheureusement, je me suis laissée gagnée par l’ennui et la lenteur que pouvait prendre certains passages, et je ne l’ai pas autant apprécié que dans l’oeuvre précédente. J’ai été moins émue par les phrases poétiques, moins transportée, mais cela m’a tout de même permis de rester accrochée.

Les animaux ne regardent qu’avec leurs yeux, nous, les humains, nous regardons avec notre folie. 

J’en attendais sans doute trop après avoir été comblée, surtout que ce résumé m’annonçait une très belle aventure qui n’a pas résonné comme je l’aurais souhaité. J’admets avoir un peu peur de lire le premier et dernier opus de cette tétralogie, Littoral et Ciels, puisque j’ai peur d’une nouvelle redondance. Je ne pense cependant pas abandonner Wajdi Mouawad suite à cette déception, je parcourrais sa bibliographie avec des oeuvres externes à cette série.

Et vous, avez vous réussi à trouver votre chemin dans ces forêts ? 

Bien à vous,
La Récolteuse. 

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6 commentaires

  1. Je ne sais pas pourquoi ce livre ne me parle pas et pourtant (et paradoxalement aussi) je suis tombée en amour devant cette citation « On s’embrassera et encore on fera l’amour et, sans arrêt, on se prendra dans les bras l’un de l’autre pour étancher notre soif moi de toi, toi de moi. » !
    PS : est-ce que tu aurais une adresse mail ? J’ai essayé de chercher mais je n’ai rien trouvé ! 😦

    Aimé par 1 personne

    1. Si je dois te conseiller une pièce de Wajdi Mouawad, je te recommande Incendies, enfin peut-être que tu as lu la chronique que j’en ai faite où je lui loue les plus belles choses haha. Mais cette citation, quand je suis tombée dessus durant ma lecture, je ne sais pas ça m’a chamboulé. Je me suis retrouvée toute retournée par ces mots qui sont pourtant simples et tournés d’une belle manière mais à priori pas non plus exceptionnelle. Mais cette simplicité, cette vérité nous fait quelque chose.
      PS : je n’en ai pas réservée au blog, je devrais peu être en créer une d’ailleurs. Mais je peux te passer l’adresse que j’utilise, plus ou moins personnelle quoi. Enfin je ne sais pas si ça te va …?

      J'aime

      1. oui ça me convient totalement ton adresse mail personnelle, je voulais te la demander parce qu’on discute bien et que j’aimerai bien que ça continue en fait ! C’était juste pour ça, parce que j’aime beaucoup discuter avec toi ! Je note incendie (non mais c’est affreux je me suis achetée onze livres et on est le début du mois xD)

        Aimé par 1 personne

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