La bulle du mois #2: des airs de piano venu d’Orient ?

 

img_20170122_164946Février touche à sa fin : nous voici déjà au dernier dimanche du mois. Mais petit réconfort, c’est également ce jour là que décide d’éclore un article à bulle ! Car en effet, chaque fin de mois, je vous présente une BD (rarement mangas qui sont susceptibles d’être présents sur le blog sans la nécessité de ce rendez-vous mensuel) afin de vous faire découvrir un genre que je lis pour le moment peu, et ainsi diversifier un peu le contenu des lectures. Et puis, comme je pense à votre wishlist, vous pouvez dès le lendemain vous ruez en librairie pour vous emparer de la bande dessinée que je vous fais découvrir, en espérant que vos porte monnaies me pardonneront haha !
Et pour ce deuxième numéro, je perdure à trouver mes inspirations grâce au blog de Charlotte que je considère presque comme mon Graal littéraire haha. Côté recommandations BD, elle a un pas mal qui sont très divers ! Et aujourd’hui, je me suis laissée tentée par le fameux Piano Oriental de Zeina Abirached, dont j’avais entendu beaucoup de bien.

 

sans-titre-2Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d’un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d’Orient de d’Occident, ce piano au destin méconnu n’aura vu le jour qu’en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s’abatte sur le Liban. Une métaphore amusante – et touchante – de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son oeuvre.sans-titre-2

Vous ne le savez pas encore très bien comme il ne s’agit que de la deuxième édition de ce rdv, et qu’avant je n’avais chroniqué qu’un bouquin comportant des illustrations entre ses pages ( le recueil Saltimbanques, pour ce qui ne voient pas de quel livre je parle. ), mais pour faire simple vous pouvez m’associer à la « grosse chiante du graphisme ». Je ne lésine vraiment pas là-dessus, c’est en partie pour ça si je ne suis pas très BD, parce que souvent le trait, le type de dessin ne me plaît pas et si visuellement ( comme c’est minimum 50% de l’oeuvre finale ) ça bloque, que je ne suis pas attirée, je passe ma route bien que l’intérieur peut être génial. Tout simplement parce que je vais être perturbée, stressée par les illu’ ( moi, stressée de la vie, et pour un rien ? Nooooon… ) et que le récit, je vais passer outre pour reprocher la moindre erreur de proportion, des détails qui ne me plaisent pas, etc. Je suis vraiment énervante là-dessus, je vous le confirme. Et j’ai eu très, très peu pour Piano Oriental. Parce que dès la couverture, ce n’est clairement pas le style pour lequel je succombe.
Alors on ne se leurre pas, je ne suis pas soudainement tombée amoureuse pour ce coup de crayon. Je continue, à première vue, à dire que je ne l’aime pas : les traits sont trop épais à mon goût, tout en rondeur, et les personnages me donnent une impression enfantine, surtout le tracé des mains (j’avais dis que j’étais chiiiante, jusqu’au bout des doigts ma parole !) qui me fait penser à la manière dont on peut dessiner quand on est enfant, s’appliquant à dessiner ce qui me rappelle presque le patron d’un gant.. Sans parler de la surcharge d’informations dans les dessins quand j’ai feuilleté la BD, à certaines pages mes petits yeux de bigleuse mourraient sous tous les détails, je ne savais plus où regarder ! Mais le plus surprenant, là-dedans, c’est que Zeina Abirached a établie pour moi un tour de maître  : je n’ai pas été bloquée par les dessins, j’ai réussi étrangement à les apprécier peu à peu, au fur et à mesure des pages, et m’ont tout de même transporté dans l’histoire. Disons que ce style de dessin est effroyablement intéressant pour justement, la richesse de ses détails qui offrent des dessins très riches, les rendant très imaginatifs et inventifs. Le +, c’est que l’auteur installe tout un jeu dans ses dessins, et je pense que c’est justement ce qui m’a permis de ne pas être bloquée puisque certains étaient vraiment surprenants !

Donc, si comme moi vous avez peur par rapport au dessin, je vous conseille tout de même d’essayer, cela peut amener à un bonne surprise ! L’histoire me semble vraiment à découvrir, elle est très délicate et elle aussi riche, avec beaucoup de métaphores et de poésie. La musique est ici la métaphore principale, celle que l’on suit durant toute l’histoire. Par le biais du personnage principal qui lutte afin de créer un piano occidental pouvant jouer les airs d’Orient par un système de quart de ton que le l’instrument original ne reproduit pas et ainsi d’octroyer à l’objet une double culture, l’auteure nous fait un parallèle avec la langue, avec notamment la sonorité comme pont entre les deux puisqu’il s’agit de la musique des mots. Zeina Abirached se trouve perdue entre deux langues, le français et l’arabe, ainsi que leur culture respective ; comme le personnage d’Abdallah, elle lutte pour maîtriser les deux langues avant de pouvoir se les approprier en mélangeant les deux ensemble, avec des intrusions de tic de langage par exemple. L’évolution qu’elle fait est belle à découvrir, et la situation des personnes bilingues par exemple est vue d’une manière très touchante par la complexité de trouver son « chez-soi », de trouver un lieu où se sentir bien entre les deux pays où ils sont tiraillés.

Je tricote depuis l’enfance une langue faite de deux fils fragiles et précieux. 

Si vous aimez les oeuvres parlant de musique, et faisant éloge aux mots, alors jetez-vous dessus sans hésitation ! Pour cet aspect là, j’ai adoré cet ouvrage, qui d’ailleurs n’est pas dans un point de vue idéalisé. Cette bande-dessinée rend merveilleusement compte de la complexité de ces deux domaines, et pour les mots, de leur côté un peu traître parfois. Tout est véracité et non enjolivé. Le bémol que je tire de cet ouvrage, cependant, c’est qu’on peut-être aisément perdu entre les personnages : la narration se fait à la première personne, et on ne sait pas forcément qui parle. On peut donc croire qu’il s’agit de l’auteur alors que quelques planches plus loin, on se rend compte qu’il s’agissait de son ancêtre.

piano-oriental

En bref, cette BD aurait pu être un coup de coeur en dehors du point négatif juste cité, et des dessins que je n’ai su apprécié qu’au fur et à mesure, et une fois l’ouvrage refermé, où je suis revenue avec mon point de vue de départ : le fait que ce n’est pas vraiment mon type de dessin ! Je suis du coup perplexe sur les autres oeuvres de l’auteure, et je pense que s’il n’y aurait pas eu tout ces jeux au sein de l’histoire, je n’aurais pas pu plonger dans l’histoire. Mais dans tous les cas, je vous en fais une très vive recommandation, l’intérieur recèle de trésors !

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11 commentaires

  1. Le thème de cette BD me plait, je la note pour un prochain passage en bibliothèque !
    Je comprends tes appréhensions par rapport aux dessins, moi aussi je peux passer à côté de beaux livres juste parce que le graphisme ne me parle pas trop. Parfois, j’essaye de me convaincre, parfois je n’y arrive pas haha !

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    1. J’espère qu’elle te plaira dans ce cas !
      C’est tellement dur des fois de se convaincre, de ce dire qu’on a rien à perdre de toute manière et que ça ne coûte rien d’essayer, mais c’est vrai que dans un ouvrage graphique, si ça ne plaît pas, l’histoire aura beau être merveilleuse elle ne fera pas tout…

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      1. Oui, c’est pour ça que pour l’instant j’achète ou emprunte des BD qui me plaisent d’abord par leur graphisme, il y en a déjà tellement de belles qui allient jolies illustrations et histoire passionnante 🙂

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  2. Bon bon bon, je vais encore finir en déficit mais là je ne peux pas passer à côté de cette oeuvre, mêler lecture et musique c’est me faire fondre et même si les dessins ne m’attirent pas plus que ça (comme toi de ce que je vois là, je les trouve un peu grossiers) j’ai quand même envie de lui laisser sa chance !

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    1. Essaie de voir si la bibliothèque de ta ville n’a pas cette BD sur ses étalages, ça m’a fait de bonnes économies haha !
      Mais en tout cas oui, fonce ! L’histoire est vraiment, vraiiiment bien, après vualà, l’auteur a vraiment son style de dessin mais il est assez spécial.

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  3. Ah, j’avais craqué pour cette BD en librairie à cause de sa couverture !
    J’ai trouvé le dessin tout de suite très beau, par contre comme toi j’ai trouvé que c’était un peu confus, et je me laissais perdre entre les différents narrateurs.
    Je crois que c’est le style de livre qu’il faut relire pour bien comprendre…

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    1. Oh bah tant mieux alors ! Au moins tu n’as pas hésité, c’est dommage mine de rien parce que les dessins m’ont chiffonné pour adorer pleinement cette BD… Mais bon, les goûts et les couleurs, ça ne peut pas plaire à tout le monde ce type de dessin très marqué. ^^

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