Bulle du mois #4 : vous avez dit absurde ?

IMG_20170429_161735J’espère que votre mois d’avril n’était pas trop tourmenté (si on évince ces élections présidentielles, hein… ) et que de manière globale, vous pouvez le considérer comme positif. Si ce n’est pas le cas, j’espère que le mois suivant vous sera bien plus bénéfique, qu’il vous apportera de belles choses ! Au passage, j’en profite pour m’excuser du TBT de jeudi qui m’a fait fausse route, mais il devrait revenir la semaine suivante. Pour le moment, en ce jour entre deux mois, je vous propose une petite pause avec.. tudadudaduuum.. La bulle du mois ! *ici, chantonnez un jingle sympatoche.*
Petit bourgeon de printemps, le rendez-vous se déploie peu à peu pour que l’on fasse ensemble une découverte BD chaque mois, un genre que je lis encore peu, mais qui pénètre un peu plus dans mes goûts au fur et à mesure que ce rendez-vous à lieu.
Et cette fois-ci, je n’ai cherché aucunes inspirations, aucunes idées (alors que sur Booknode, j’ai un dossier appelé « BD bfm » pour mes emprunts en biblio juste pour ce rdv, mais c’est plus drôle de faire au pif hein ! ) et c’est donc en flânant dans le rayonnage BD de ma bibliothèque que m’est apparu ce titre pour lequel je n’ai pas hésité : De rien, de Geoffroy Monde.

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Bienvenue au formidable spectacle de Geoffroy Monde ! Désopilant metteur en scène, il manipule avec allégresse le ridicule plat et l’idiotie obstinée de notre univers. Préparez-vous à un show absurde et délirant ! De rien, c’est à propos de tout. C’est par le langage de l’absurde que l’on peut le mieux évaluer et mettre en lumière l’écart tragi-comique séparant la nullité de signification du réel de la géniale boursouflure sémantique de notre monde.

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Déjà, ce titre. J’admets que c’est grâce à lui que j’ai empoigné cet ouvrage. Ecrit dans une calligraphie plaisante, avec un léger relief qui attire d’autant plus, il sonne comme une promesse. Celle de remercier l’auteur une fois cette BD lue. Mais aussi cette annonce, cette « mise en garde », si je puis dire : cette BD ne parle de rien de bien précis. Le résumé l’annonce avec justesse, on a là un show tout simplement absurde et délirant, avec cette couverture inspirée du monde circassien. L’auteur, c’est notre Monsieur Loyal qui nous accueille dans son spectacle, cette présence qui se maintien du début à la fin.

Comme à chaque fois que je vous parle BD, ou manga, ou n’importe quel ouvrage graphique, j’entame sur les dessins comme, pour le dire sans fioriture, je suis la grosse chiante de service là-dessus. Ici, j’ai été agréablement surprise, je ne m’attendais pas du tout à ce type de dessin, à cette patte qu’a Geoffroy Monde, ce petit truc – presque rien – mais qui caractérise tellement son univers : il met en valeur les nez, les coloriant en un rose assez vif, et leur octroyant une forme géométrique. Le graphisme est en réalité très doux, aucuns contours, les couleurs délimitent les personnages, et se fondent à merveille dans ce fond blanc. Les traits sont vraiment agréables, et ce qui m’a le plus marqué, c’est surtout ce travail incroyable sur l’ombrage, c’est hyper précis, et c’est assez étonnant parce qu’à première vue, le dessin est plutôt simple, il semble à priori « banal » mais il est très recherché par les nuances de couleurs. D’ailleurs, aparté subite, mais quelqu’un en commentaire (mes excuses, je ne sais plus du tout qui. ><) m’avait parlé du Séducteur de Jan Kjaerstad pour sa couverture, qui oui, est tout à fait sublime, et je viens tout juste de découvrir qu’il s’agissait d’une oeuvre de Geoffroy Monde, donc si cette personne lit ceci, elle est à présent au courant de l’artiste ! (et sinon, je vous suggère un roman, bam!)

Vous parler de cette BD, c’est quand même la grosse galère. Parler de l’absurde c’est toujours quelque chose de compliqué, enfin, personnellement, je ne sais jamais comment gérer la chose. C’est quelque chose de tellement particulier que c’est quitte ou double : soit on aime, soit, juste nah. De mon côté, je suis assez friande de ce registre, on peut aller vers tellement de chose, et selon moi ça mise beaucoup sur l’interprétation. On peut y voir des dénonciations ou pas du tout, c’est vraiment à la guise du lecteur qui peut, soit simplement se taper une bonne barre de rire, soit l’accompagner d’une réflexion en fond. Pour certaines histoires, il est possible d’y avoir une réflexion, pour d’autres, cela me semble un peu plus compliqué. C’est terriblement subjectif, et juste pour vous donner une idée, la première saynète m’a quand même bien frappé, parce que j’y ai vu une critique assez acerbe des personnes, révélant leur côté monstrueux, avec la non assistance à personne en danger, le fait que certains sont « spectateurs » et non « acteurs » quand une personne est en danger, ceux qui disent que « c’est horrible, cette personne ne méritait pas ça » mais qui n’ont rien fait pour essayé d’arrêter ce qui se passait. C’est dur à évoquer sans vous spoiler, et encore une fois, il ne s’agissait là que de mon ressenti, et peut-être qu’il n’était absolument pas question de cela.
Mais c’est le côté intéressant de l’absurde, qui permet une critique bien pointue tout en laissant une marge d’interprétation, différents points de vues. Et tout ça avec la possibilité de se taper une barre sur sa lecture, que demande le peuple !

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Personnellement, j’ai un humour bateau, un peu – beaucoup – naze, et je peux rire d’un peu tout et n’importe quoi, si vous connaissez l’univers d’Arnaud Tsamère, voilà, je me bidonne comme une fifolle dessus. ( de quoi, vous ne connaissez pas le sketch des fruits et légumes ? Aller, c’est cadeau. ) Mais hé, je raffole avant tout d’humour noir. ( Jérémy Ferrari en référence, ses spectacles sont merveilleux ! ) Ici, on est plus dans le premier univers, et pour comparer avec un autre type de BD, on peut retrouver des similitudes d’humour avec la Petite Mort de Davy Mourier. Certains passages de De Rien m’ont laissé de marbre, mais globalement, j’ai quand même  lâché des éclats de rire, ça dépend vraiment de votre genre d’humour quoi.

Pour sûr, Geoffroy Monde ne peut pas convenir à tous, pour certains il se peut que le contenu de son ouvrage ne soit que risible ou trop farfelu. Avant de vous lancer, je vous recommande de zieuter son travail sur son blog et si vous comptez lire De rien, misez plus sur un emprunt en bibliothèque. C’est le genre de BD à lire quand vous souhaitez vous détendre, pour une lecture sans prise de tête, pour quelque chose qui se lit rapidement et qui peut vous amener à sourire.

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