Dans ma peau, de Guillaume de Fonclare.

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Et aujourd’hui, on se retrouve avec… 

… un livre dont je ne connaissais rien, qui se trouvait au beau milieu d’autres lors d’un déstockage de ma bibliothèque. Mon regard s’est accroché sur les premières lignes du résumé, et il ne m’en a pas fallu plus : directement dans mes bras, avec la volonté ardente de le lire. A peine quelques mots, mais déjà, il me parlait tant.

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Mon corps est un carcan ; je suis prisonnier d’une gangue de chairs et d’os. Je bataille pour marcher, pour parler, pour écrire, pour mouvoir des muscles qui m’écharpent à chaque moment. Mon esprit ressasse d’identiques rengaines ; je ne vois plus les sourires de mes enfants, ni les tendres regards de celle que j’aime ; je ne vois que mes mains qui tremblent, mes bras qui peinent à amener la nourriture à la bouche et mes jambes qui ploient sous le poids d’un corps devenu trop lourd. Je ne suis plus qu’un homme mal assis qui songe sans fin, et si j’ai aimé ce corps, je le hais à présent. Nous cohabitons désormais et il a le dernier mot en tout ; je ne me suis résolu à cette idée que contraint.

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Les émotions éclatent directement : le résumé correspond à la première page, l’auteur nous attrape pour essayer de nous mettre dans sa peau. Douleur, douleur, incessante et intenable. Que fallait-il de plus ? J’admets avoir ce mauvais penchant de, quand je vais mal, vouloir lire des récits empreints de noirceur, encore une fois de douleur, de tristesse, etc. Le genre un peu sado-maso, mais aussi, l’idée rassurante — mais en même temps effrayante puisque d’autres vivent des choses négatives —  de ne pas être seule, et que souffrir, c’est bien normal, mais qu’on peut en ressortir. Même si ici il est question de douleur physique, et que pour mon cas, je suis plongée dans celle psychique, je m’y retrouvais, parce que bien que mon vécu est très différent de Monsieur de Fonclare, des fois, cette souffrance mentale est telle qu’elle a des répercussions sur mon corps, et que tout me lance, tout me taille, tout me tue. En cela, j’essayais de comprendre ce que l’auteur pouvait vivre, et je me sentais proche de lui. Aucun jugement, rien ; en un sens, un compagnon de galère durant une centaine de pages. J’ai fait ce chemin avec lui, reconnaissante qu’il me partage sa vie, son vécu, son existence ; reconnaissante de pouvoir faire un zeste sa connaissance ; reconnaissante d’avoir vécu au travers de ses mots si puissants.

Ses mots, oui, parlons en. Bordel, ce qu’ils sont beaux. Son écriture est sublime, pleine de poésie et de sincérité. Les choses sont dites simplement et il n’y a pas recherche spécifique d’une écriture purement littéraire, jouant sur des figures de style ou autre. Mais les choses sont là, dites comme elles doivent être dites, un peu à la façon de Mr Gwyn d’Alessandro Baricco : sans chercher de détour, sans embellir les choses, donnant parfois une impression un peu hautaine du personnage principal mais non, les choses sont juste ce qu’elles sont, et si cela s’avère être par moment perturbant, c’est bien parce qu’on n’est pas tant habitué à la pure honnêteté. C’est beau, c’est là, les mots nous attendent pour nous prendre aux tripes.

Cependant, petit hic, qui m’a laissé plutôt de marbre alors qu’il s’agit de quelque chose d’important — mais ce n’est là qu’un positionnement personnel aussi lié à la scolarité où on parle énormément de ce sujet —, il s’agit de tout ces liens, ces comparaisons avec la première Guerre Mondiale, puisque l’auteur est le directeur de l’Historial de la Grande Guerre. ( que d’ailleurs j’avais visité lors d’un voyage scolaire lié au centenaire de la 1GM. Et je m’en rappelle seulement en écrivant cet article haha ! ) Ce n’est pas vraiment mon dada, disons qu’on en parle trop pour que j’arrive à m’y intéresser, il y a un certain rabâchage scolaire dessus, donc je suis étonnamment indifférente quand ce sujet est traité. Mais je reconnais quand même la force de ce lien, de ce pont entre les siècles, de cette comparaison entre les guerres à différents niveaux : une historique, une autre quotidienne et personnelle. Parce que oui, vivre avec la douleur, c’est une véritable guerre contre nous-même. Pour toute personne qui n’est pas réfractaire, si j’ose dire, à ce sujet, alors vous avez toutes vos chances d’adorer.

Mon corps et mon esprit sont des carcans, mais cette lecture m’a tout de même permis de m’ouvrir, de me sortir un peu de moi. L’auteur relate le comportement d’autrui également, ces regards de pitié, ces comportements changeants quand les gens apprennent ce que l’on vit au quotidien, avec cette peur d’être perçu différemment. Peut-être qu’il s’agit de quelque chose que l’on a tous vécu ; pour ma part, cela aussi m’a rapproché de Guillaume de Fonclare, amenant à cette peur du regard des autres. Mais il faut garder en tête que nous ne sommes pas miséreux, qu’il y a de bonnes et belles personnes qui nous regardent tels que nous sommes et non comme des êtres seulement souffreteux, rongés par une maladie. Mais tout simplement comme des êtres humains.

12 réponses sur « Dans ma peau, de Guillaume de Fonclare. »

    • recolteusedemots

      C’est une possibilité oui, ou alors tu ne l’as juste pas aimé ce qui est plausible aussi haha. A des moments je me demandais si personnellement je l’aimais ou non, c’était assez complexe d’avoir un avis dessus.
      Si tu viens à avoir une idée je suis aussi preneuse, je ne sais pas du tout ce qu’il a écrit d’autres mais je suis bien intéressée de découvrir une autre de ses oeuvres !

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  1. camithebeetle

    Je pense pareil pour toi pour la guerre, j’arrive pas à être sensible sur la GM1 … Malheureusement. Je pense que le devoir de mémoire a beaucoup joué à ça ;), le fait qu’on doit en parler etc.
    J’ai trouvé ta chronique vraiment touchante. Je suis d’accord avec toi aussi pour dire que des fois ça fait du bien quand l’auteur est juste honnête avec nous 🙂

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    • recolteusedemots

      Je me sens moins seule tiens ! Mais c’est assez triste, ça fait passer à côté de plein de bouquins, surtout quand on se rend compte du potentiel du livre et tout mais que nous on bloque à cause de ça. Roooh le rapport au programme d’histoire bien placé haha ! Mais oui, le devoir de mémoire a beaucoup influencé sur ça.
      Merci beaucoup, c’est ton commentaire qui me touche beaucoup ! ♥ C’est agréable de ne pas toujours passer par une tonne de procédés mais de juste dire les choses.

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  2. AMBROISIE

    C’est beau ce que tu dis, je suis ravie de voir que tu as repris ton blog littéraire, ta présence me manquait et tes mots aussi. Je ne connaissais pas du tout ce livre mais comme toi il m’attire, le résumé est déjà si sensible et magnifique que j’ai vraiment envie de le découvrir !

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    • recolteusedemots

      Oh, merci beaucoup, tu me fais un plaisir fou en me disant ça ! ♥ Le résumé est le début du livre comme je l’ai dis, mais wow, se dire que tu rentres dans le bouquin avec ça, c’est incroyable et percutant ! Je t’encourage à le découvrir, il se lit très rapidement, un tout petit livre mais riche !

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  3. Plouf

    Owiiiiii tu es revenuuuuue ♥
    C’est toujours un plaisir de découvrir des nouveaux livres grâce à toi, avec tes jolis mots ♥
    Je te souhaite plein de courage pour la fin du bac, et j’ai grande hâte de lire ce que tu nous réserves ! =)

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    • recolteusedemots

      Vouiiiii, enfin j’essaie de revenir doucement mais sûrement ! (genre, demain en rentrant faut que je m’active le popotin pour publier un truc là ! )
      Mais t’es trop zsugyeizu ♥ Merci beaucoup d’amour !
      Le bac c’est de l’eau lul ( je comprends pourquoi cette phrase existe : l’eau = sueur, le bac, c’est de la sueur, surtout en période de canicule #naoglamour )

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