Océan mer, d’Alessandro Baricco.

IMG_20170616_172905Si vous êtes des fervents Récolteurs•ses, ceux•celles de la première heure ou juste des gros chtarbés que j’aime d’amour à avoir épluché tous les articles du blog ( même si vous les avez pas tous regardés, je vous aime d’amour ), vous savez que cet auteur a déjà fait son apparition dans l’une de mes bubulles. Et bien oui l’ami, je l’avais découvert avec son sublime roman Mr Gwyn qui s’est direct imposé comme l’un ( si ce n’est le ! ) de mes romans préférés. Effrayée mais foutrement excitée en même temps, je rêvais de découvrir sa plume à nouveau, et j’ai jeté mon dévolu sur Océan mer. De un, parce que cette chère Ambroisie l’avait lu ainsi que Floavril donc j’étais fortement intriguée, mais aussi parce que par pur hasard, flânant chez Cultura avec le désir de repartir avec un bouquin, j’ai eu envie d’un Baricco et il n’y avait que celui-ci. Mais alors, quelle surprise !

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Au bord de l’océan, à la pension Almayer, «posée sur la corniche ultime du monde». Sept chambres, sept naufragés de la vie qui sont venus là pour prendre congé d’eux-mêmes et tenter de renaître, de recoller les morceaux de leur existence. Un mystérieux habitant dans la septième chambre,d’étranges enfants qui tels des anges gardiens hantent la maison et l’âme de ses hôtes. Tous là, à chercher quelque chose, en équilibre sur l’océan. Il y a bien longtemps de cela, ces destins et d’autres rencontrèrent la mer en revinrent marqués. Ce livre les raconte, parce que en les écoutant, on entend la voie de la mer. Il peut se lire comme un récit à suspens, un poème en prose, un conte philosophique ou un roman d’aventures. Ce qui domine en tout cas, c’est la jubilation de raconter des histoires, à travers une écriture et une technique romanesque sans modèles ni antécédents.

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Je vous annonce la couleur dès le début ? Bien que, ouaiiiis vous vous en doutez, c’pas trop étonnant. Océan mer est un coup de coeur de fou de waouh ! Il faut vous dire que dès ma lecture de Mr Gwyn, l’auteur s’est imposé comme un maître pour moi ( si si, j’exagère à peine ) puisqu’il m’a donné envie de lire toute sa bibliographie. Et c’est une chose que j’espère tenir, sincèrement : lire tous les bouquins de Baricco. Je trouve ça tout simplement fascinant qu’à la lecture d’un seul de ses livres, lors de ma première découverte, qu’une telle volonté soit née et qu’elle se soit renforcée en poursuivant avec un deuxième roman. Si vous avez lu cet auteur et que vous me conseillez un titre en particulier, je suis toute ouïe ! Pour vous donner une idée, dès que je tombe sur une citation venant de lui, notamment sur tumblr, je m’empresse de le rebloguer avec la volonté d’y écrire un « Baricco mon amour ». Ouais, assez effrayant, mais je pense avoir trouvé un de mes auteurs préférés. Quand on aime, on ne compte pas, et je suis dans la démesure lorsqu’il est question littérature !

Tu as des rêves, une chose à toi, intime, mais la vie en fait, elle ne veut pas jouer à ça, et elle te les démonte, un instant, une phrase, et tout se défait. 

Le hic, c’est que vous parler de ce bouquin, c’est terriblement compliqué tant l’intrigue part dans 7 directions diverses ( oui, 7, le nombre de personnages ). Tout semble distinct, indépendant, mais que nenni, tout est interdépendant oui. Les histoires se rejoignent, se mêlent, et en parler devient complexe à cause de sa richesse. De toute manière, je ne saurais vous trouver une trame précise, pour moi il s’agit simplement d’apprentissage de personnages, mais aussi de vie. Ca paraît simple, mais quoi de plus compliqué que la vie ? Ce roman est d’une beauté intense. Les personnages aident à cela, des personnalités diverses donc certaines sont mêlées à une dimension quelque peu fantastique, du farfelu naissent d’eux mais ils nous permettent un voyage tellement riche ! Chacun d’entre eux m’ont semblé touchés par une forte nostalgie, comme un nuage planant au dessus de la pension Almayer. Mais cela ne créait pas obligatoirement une tristesse, juste une atmosphère singulière, et bizarrement j’ai trouvé que c’était ce qui m’avait happé, ce qui caractérisait tant ce roman. Ces remembrances étrangères, dont on ne sait rien mais qui semblent au cours du roman faire partie de nous. C’est étrange et difficile à décrire, parce que c’est la première fois que j’ai eu ce sentiment dans un bouquin : me sentir nostalgique par rapport au passé des personnages alors que je ne le connaissais pas, que je ne le découvrais qu’au fur et à mesure, comme si sans même le savoir tout ces personnages étaient une part de moi. C’était un sentiment magique, et je vous souhaite de pouvoir l’expérimenter ne serait-ce qu’une fois.

— Plasson, mais depuis quand sommes-nous ici, nous ? 
— Depuis toujours, madame. 
— Non, je vous parle sérieusement. 
— Depuis toujours, madame. Sérieusement.

Et je terminerais là-dessus, puisque cela me semble être la puissance d’Alessandro Baricco : son écriture. Un grand chapeau à la traductrice qui a du s’arracher les cheveux pour rendre la beauté de ses mots, de son inventivité, de sa musicalité, c’est réussis avec brio, et si vous avez la chance de lire en italien faites le, je me dis que ce doit être encore plus sublime ! Ici se présente une écriture différente de celle présente dans Mr Gwyn, bien qu’avec des similitudes. Toujours ce langage un peu cru, franc, direct, notamment dans la deuxième partie, le Ventre de la Mer (qui répond par ailleurs au challenge Baker Street !). Sa poésie ne le quitte pas, mais ici, l’auteur joue énormément sur la forme, découd la forme classique du roman : les dialogues sont flous, on ne sait plus qui parle ; les phrases se brisent soudainement pour reprendre en plein milieu de page ; de longues phrases ou bien juste des mots ; … Je ne sais comment vous l’expliquer, mais la mise en page innove, parfois naît l’impression d’être face à un premier jet où l’on testerait de nouvelles choses, où l’on reprendrait une phrase bien plus tard après avoir refermer le carnet dans lequel on écrivait.
Sans parler tout simplement de la rédaction. Je l’ai déjà dis, mais poétique, intensément poétique. C’est un flux, à aucun moment l’écriture n’est figé. Véritable musique, Baricco semble même réussir à transformer les mots en un remue de vagues, et c’est d’une beauté frappante.

Ce livre est tellement spécial que oui, malheureusement il se peut qu’il vous bloque totalement, qu’il vous laisse vagabonder seul sur la plage, ne pouvant entrer dans la pension Almayer. Mais si vous parvenez à être immerger dedans, alors c’est pour un voyage troublant, remuant, mais ô combien fascinant à vivre. Et je pense que pour ma part, il m’a aidé à recoller les morceaux de mon existence, en me sentant moins seule grâce à cette variété de personnages.

Je voulais dire que la vie, je la veux, je ferai n’importe quoi pour l’avoir, toute la vie possible, même si je deviens folle, peu importe, je deviendrai folle tant pis mais la vie je ne veux pas la rater, je la veux, vraiment, même si ça devait faire mal à en mourir, c’est vivre que je veux. J’y arriverai, n’est-ce pas ? 

Challenge : Les Irréguliers de Baker Street ∴ Le Gloria Scott 

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20 réflexions sur “Océan mer, d’Alessandro Baricco.

  1. Olalala, après un telle chronique, on ne peut qu’avoir envie de découvrir cet auteur !
    C’est très touchant la manière dont tu en parles, tu montres plein de jolies émotions, c’est super agréable à lire !
    Donc hop dans la wishlist ! =)

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    • Ce que tu es adorable ! J’espère que tu l’as mis en haut de ta wishlist, parce que Baricco est vraiment un auteur à découvrir,
      Ce que tu dis là me fait vraiment super plaisir, merci énormément ! J’ai essayé de retranscrire au mieux ce que j’ai ressenti, mais le meilleur conseil à chaque fois, c’est que les autres le lisent pour peut-être ressentir la même chose, parce que ça n’a pas de prix de ressentir autant à travers un roman !

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  2. La dernière citation doit être la citation que je retiendrai par coeur tout au long de ma vie, c’est celle que je me récite dans les moments où je ne vais pas bien comme un mantra, j’en ai fais mon leitmotiv de vie d’ailleurs. Ce livre a été l’un des plus marquant pour moi et je suis ravie que tu l’ai lu et que tu l’ai autant apprécié, qu’il ait un peu bouleversé ton existence comme il l’a fait pour moi.

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    • C’est bien pour ça que je l’ai mise à la fin de l’article, j’ai trouvé qu’elle concluait merveilleusement bien et que, wow, t’as juste envie de croquer la vie à pleine dents, de profiter et de laisser aller les soucis pour te concentrer sur autre chose ! Comme toi c’est devenu une sorte de leitmotiv, ça m’inspire tellement, tout ces moments où j’ai envie de lâcher, ce simple « Je veux vivre » me redonne un regain d’énergie !
      Je suis vraiment ravie de partager un sentiment similaire au tiens sur ce roman. Si tu viens à le relire, j’adorerais pouvoir lire un article dessus, avec ta plume ton avis sera splendide !

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  3. Très envie de le lire, celui là !
    De Baricco j’avais lu Soie que j’avais moyennement aimé (j’en ai surtout des souvenirs très flous) et Noveccento qui m’avait beaucoup plu… donc il faut que je découvre plus de l’auteur pour m’en faire un avis je crois !
    Les citations que tu as choisies sont très chouettes aussi.

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    • Je trouve ça super intéressant que tu n’ais pas été plus emballée que ça par Soie, je croyais presque que c’était l’oeuvre infaillible de Baircco tant j’en ai entendu du bien ! Il semble que oui, cet auteur te plaît suivant le roman entre tes mains. Océan Mer est assez spécial, donc peut-être que Mr Gwyn – surtout qu’il parle de l’écrivain – sera une meilleure approche dans un premier temps ?
      Merci beaucoup ! J’avais pas mal de post-it pour les citations donc j’ai essayé de mettre mes préférées mais le choix était dur haha !

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      • Après peut-être que je l’ai lu trop tôt aussi, il y a eu plusieurs années entre ma lecture de Soie et celle de Noveccento, ça peut jouer 🙂
        C’est bête, mais Océan Mer m’attire plus que Mr Gwyn dans l’immédiat parce que… j’adore son titre et la couverture… Lectrice superficielle, bonjour !

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      • Peut-être bien oui ! C’est toujours quelque chose de compliqué avec la littérature, certains livres et auteurs ne peuvent pas être apprécié à un certain âge et il faut attendre ou bien il aurait fallu le lir eplus tôt pour aimer.
        Haha je te comprends, ce titre est splendide, et la couverture, voilà, la couverture quoi ! La grande vague de Kanagawa ! Après si tu le sens bien, se jeter dans Océan mer, c’est vraiment merveilleux !

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  4. Ca me donne très envie de découvrir l’auteur, dont j’ai bien évidemment entendu parler avant cet article. (il me semble que j’ai Soie dans ma wish-list) Par contre, je dois avouer que tu m’as fait peur en parlant de l’écriture, je ne sais pas trop si j’aimerais, mais les extraits que tu as mis me rassurent un peu. (je suis en pleine contradiction)

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    • Tu me fais très plaisir en disant ça, j’espère vraiment que tu aimeras Baricco !
      C’est vrai que l’écriture est très spéciale dans ce roman, c’est innovant mais du coup, c’est à double tranchant quoi. Au pire il faudrait que tu regardes sur babelio ou booknode d’autres extraits, ça te permettra d’avoir un point du vue un peu plus global et de découvrir des passages écrit différemment, ce sera plus simple pour savoir si tu te lances dans celui-ci ou non.

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  5. J’aime Baricco depuis que j’ai Soie. Une vraie révélation alors que je n’étais qu’une ado. Presque 15 ans après j’ai retenté l’expérience avec celui-ci et il m’est tombé des mains. MAIS je compte sérieusement le reprendre un jour, au calme. 😉

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