«J’ai rêvé que j’étais le rêve d’un rêve.»

C’était un peu le bouquin que j’avais lu à la période halloweenesque, ayant eu envie d’un thriller, ce qui rentrait dans l’ambiance de ce moment… Alors, certes, j’ai du étendre le temps de lecture sur quelque chose comme deux semaines mais… C’est un peu du foutage de gueule de publier la chronique aussi tard haha, surtout que (qui a dit que j’étais une bonne blogueuse ?), je n’en ai pris aucunes notes (pour dire vrai, je ne prends plus aucunes notes à par pour les cours, voilà) en me disant « pouah c’est bon je l’ai en tête », moui bah j’ai déjà oublié des éléments, comme les noms des personnages. C’malin ça pour en parler ! Mieux vaut tard que jamais, dit-on, donc voilà mon avis un peu penaud sur les Monstres de Lauren Beukes.


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Mère célibataire d’une ado qui ne manque pas d’aplomb et inspectrice à Detroit, ville la plus violente d’Amérique, Gabriella Versado a du mal à mener de front ses deux vies. Et la barrière qui les sépare risque bien de tomber avec sa dernière enquête.Un jeune garçon est retrouvé coupé en deux, le torse greffé à l’arrière-train d’un faon. Crime macabre, création monstrueuse d’un tueur qui rêve d’élever sa folie au rang d’ouvre d’art.À Detroit, le Mal est en pleine ascension et sa trajectoire démente va traverser celle de Gabi… et de sa fille.


Lectrice superficielle jourbon, mais je reconnais que si je me suis arrêtée sur ce bouquin, c’est bien grâce à sa couverture. Je l’ai acheté vers la fin de l’été si ma mémoire est bonne, au marché de nuit de ma petite cambrousse, et il y avait un graaand étalage de livres (j’ai d’ailleurs ravi les vendeurs, j’en avais au moins 5 ou 6 dans les mains…). Et dans ce genre de conditions, c’est bien les couvertures qui captent le regard. J’ai beaucoup aimé le travail éditorial des éditions Pocket, ça retranscrit très bien l’ambiance du thriller par son côté artistique et hypnotique.

Autant commencer par ce qui déplaît et vous livrer ce que j’ai reproché à ce roman. Déjà, je ne sais pas d’où je tire ça (peut-être à cause des clichés que véhiculent les séries télé ?) mais j’ai le stéréotype en tête de flics = sexe. Et ce bouquin me l’a un peu renforcé, voilà. Les passages « ce coéquipier c’est mon partenaire de baise », oui bah non, c’était levage des yeux au ciel et gros soupirs de lâchés. Je souligne le partenaire de baise, il me semble que l’expression est utilisée mot pour mot dans le livre. Si vous voulez un vocabulaire fin, tout en dentelle, passez votre chemin. La vulgarité est présente, personnellement ça ne m’a pas gêné mais sait-on jamais, ça mérite d’être dit. Je ne vais pas prolonger ce point parce qu’il n’y a aucuns intérêts, soit c’est juste moi qui suit bien trop prude, soit je fais encore ma lectrice capricieuse qui veut des justifications à des actes et pas (vous m’excuserez les termes choisis) « du cul pour mettre du cul » (peut-être que c’est censé attirer plus de lecteurs ?) Ceci dit, cet aspect n’est pas présent qu’entre Gabriella et son coéquipier, mais aussi aussi chez le journaliste un peu lourd et omniprésent et sa petite amie, mais bon là aussi ça servait des clichés, ahum.
Mais il y a bien un point majeur que je reproche à son livre (parce qu’encore le précédent était juste blasant, mais celui-ci vraiment ugh), c’est sa longueur. Le livre fait 608 pages, un thriller de cette taille, il faut que ça tienne, que ce soit soutenu. Très honnêtement, les 300 premières pages étaient juste… Mortellement ennuyantes. Ok, j’exagère, mais c’était plat, long, et je pense que réduit de ces 300 pages ou au minimum 200, le livre aurait été bien mieux. La première moitié correspond à la mise en place du roman, du décor, etc. C’est un peu long, non ? Je me dis que la volonté était peut-être que l’on s’imprègne du quotidien des personnages, qu’on se sente plus proches d’eux à force de partager cet aspect tranche de vie si je puis dire. Mais on effleure pendant cette première moitié le nœud du livre, on le sent, et j’ai trouvé ça frustrant. Je voulais plus.

De même, je le mentionne puisque j’ai vu un commentaire sur Booknode qui n’avait pas apprécié le livre à cause de ça, n’attendez pas un thriller où vous ne savez pas qui est le coupable jusqu’à la dernière page. On le sait très tôt, pas besoin de faire de grandes déductions en plus, et soit ça passe, soit ça casse. Ca ne m’a pas dérangé de mon côté, j’ai trouvé que tout le thriller se faisait dans l’acmé contenu à chaque nouveau crime et le moment de la rencontre entre la police et le meurtrier, que l’on attend avec impatience pour savoir l’issue du phénomène « Monstre de Détroit ».

Parlons en, crime, et de ce Monstre. Sa personnalité est vraiment très spéciale, « un profil type de psychopathe » me direz-vous. Peut-être bien, oui, en tout cas j’aime bien ces personnages tordus, donc je n’ai pas été déçue. Surtout ici, où est mêlé glauque et art. Je dois avouer avoir un faible pour cette idée d’artiste incompris qui peut mener à la folie. C’est autant terrifiant dans le cas de ce livre que fascinant. Âmes sensibles s’abstenir cependant, parce que c’est vraiment glauque par moments. Si vous êtes assez adeptes de ce qui va être dérangeant, alors les meurtres de ce roman peuvent vous plaire. (je suis assez frappée donc je me rappelle avoir ris à un moment tellement c’était wtf, ça part vraiment très loin et il en faut de l’imagination !) Mais oui, si rien que l’idée d’un corps découpé vous donne la nausée, ne vous essayez pas à ce roman, parce qu’il est quand même question d’hybrides, de démembrement et « destruction corporelle » si j’ose dire pour un assemblage avec animaux (cf résumé) ou objets. Il y a un corps, qui d’après moi est le plus écœurant, qui subit une transformation tellement tordue que je n’ai pas réussis à me figurer à quoi il ressemblait à présent (et c’est sans doute mieux ainsi à vrai dire), mais les conditions du crime, ce qui en est dit et qu’on saisit facilement sont assez durs à supporter si vous n’êtes pas un tant soit peu accrochés.
Je tiens aussi à souligner cet élément, qui est susceptible de pouvoir offenser certains peut-être, mais comme si le glauque ne suffisait pas, il y a aussi un peu d’humour noir qui se présente au cours des pages. Le plus important d’après moi, et qui se fait dès l’ouverture du roman (donc je ne vous spoile rien en vous le livrant), c’est le nom du premier chapitre qui est « Bambi ». Quand on sait que le premier crime, c’est un enfant greffé à un faon, voilà… Pour certains, ça peut être limite. (mais bibi et son humour bancal a trouvé ça très très drôle, j’ai entamé le livre sur un fou rire, ouioui)

Je reviens brièvement sur cet aspect tordu, qui fait que plusieurs fois dans le roman, on ne saisit pas vraiment ce qui s’y passe : ceci est dû à l’insertion du fantastique, qui apporte un effet intéressant et qui se marie à merveille avec la personnalité du monstre de Détroit, mais qui pour nous, lecteurs.rice, nous met un peu sur le bas côté parce qu’on se retrouve perdu.e.s et décontenancé.e.s par la scène que l’on vient de lire. Je me suis un peu triturée les méninges à certains passages en me demandant « Comment est-ce que c’est possible ? », ayant l’impression parfois d’être devenue folle et de ne pas comprendre. Ce me semble, peut-être ai-je totalement faux, être le but cherché par l’autrice, de nous embrouiller et de nous faire atteindre un peu la mentalité du meurtrier, son univers, jusqu’à ne plus savoir s’il s’agit d’une folie meurtrière — ou d’une force quelconque, hypnotique, qui vient à avoir le dessus sur nous, de la même manière qu’elle a possédé le Monstre du roman.

Ce thriller avait 300 pages de trop, mais une fois celles-ci passées, il se révèle être un très bon page-turner haletant. J’aurais tendance à le recommander aux adeptes du dérangeant, du glauque oui (je n’ai pas meilleur mot, non je ne suis pas sponsorisée au nombre de fois que je l’écris, désolée) malgré son début ennuyeux. J’ai un autre livre de l’autrice qui m’attend, à voir si ce point négatif se répète.

Connaissez-vous ce titre ou son autrice ?
Êtes vous des lecteurs-trices de thriller ou pas du tout ?

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15 réponses sur « «J’ai rêvé que j’étais le rêve d’un rêve.» »

  1. Plouf

    Haa c’est marrant, moi qui lit pas mal de policiers, je crois avoir jamais lu de romans du genre où deux flics copulaient Oo J’ai peut être pas lu les bons livres ça se trouve xD
    Sinoon, je ne sais pas si ça me plairait, j’ai tendance à avoir du mal avec les thrillers où le fantastique s’en mêle, je trouve ça trop « facile » pour justifier des actes :/
    Enfin les 300 premières pages trop longues finissent à me convaincre que ce livre n’est pas pour moi^^
    J’espère que tu aimeras l’autre roman de l’auteure dans ta PaL =)

    Aimé par 1 personne

    • recolteusedemots

      Désolée Ploufie d’avoir mis tant de temps à répondre. ><
      Ou au contraire tu as lu les bons haha !
      C'est vrai qu'il y a un aspect facile quand on ramène le fantastique, mais ici c'est pas vraiment le cas, ça rajoute au contraire un complexe et un côté mystique où on n'arrive aps à démêler le vrai du faux, c'est pas mal au final.
      Mais je comprends pour les 300 pages trop longues. x)

      J'aime

  2. Ada

    T’aurais pas dû parler des « 300 pages en trop », je ne saurais même plus dire s’il peut me plaire ou non xD (mais à priori, je ne pense pas)

    Une chronique franchement pas mal pour quelqu’un qui a tout oublié 😉

    Aimé par 1 personne

  3. ThinkLovelyThoughts

    (Coucou je suis de retour hihihihi)
    Au vu de ta chronique et de ce que tu dis du live, tu as eu du courage pour aller jusqu’au bout ! Déjà les scènes un peu glauques comme ça, j’aurais eu du mal mais les 300 pages de trop comme tu le dis ça m’aurait littéralement achevé ahah !
    En tout cas pour quelqu’un qui n’a pas beaucoup de souvenirs du livre tu nous as fais une bonne chronique ma biche ♥︎

    Aimé par 1 personne

  4. oursebibliophile

    N’étant pas plus que ça branchée thriller + les 300 pages d’ennui + le fantastique (qui dans un roman réaliste a surtout tendance à me hérisser les poils) + le cul pour le cul, je ne pense pas que ce livre soit pour moi, mais ta critique est top. Et j’adore le Bambi aussi si ça peut te rassurer, je trouve ça grinçant à souhait !

    Aimé par 1 personne

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