Pérégrinations #6

Malgré les tâtonnements, je n’y déroge pas : je vous présente de longues Pérégrinations, même si finalement j’ai l’impression de vous faire découvrir peu de choses. Ca a été surtout beaucoup de cinéma, avec des avis enthousiastes. Bref, je vous laisse découvrir tout ça.

JANVIER EN LECTURES

J’ai aussi fini le n°7 d’America au tout début du mois (il me restait à tout cassé 10% de la revue, donc bon..), et la moitié d’Emmaüs de Baricco que j’ai fini le 2 février. (donc je compterai ça aux prochaines Pérégrinations) Pour Wilde, c’est un chouille de la triche, je l’ai fini le 1er février justement, mais c’était au max 20 pages alors bon… Finalement peu de lectures : 2 BDs, et des romans relativement courts. Enfin, je ne reviens pas sur mon A par thé, on n’est pas là pour faire la course du « j’ai le plus lu », surtout qu’on fait en fonction de nos possibilités.
J’aimerais juste toucher un bref mot pour Diagnostics, BD de Diego Agrimbau et Lucas Varela, qui est surprenante. Malgré un coup de crayon qui ne m’a pas beaucoup plu, j’ai énormément apprécié l’originalité de l’oeuvre : différentes « maladies/troubles » sont traités (comme la claustrophobie, la synesthésie, l’aphasie pour les plus connues) mais associés à l’univers de la BD. Je vous renvoie à ce court article pour quelques exemples, mais j’ajouterais le cas de l’aphasie où on tient un univers assez proche de la « pop culture » je trouve avec tous les objets qui servent de supports aux mots. C’était une lecture déroutante, qui me semble inconnue au bataillon, je regrette un peu ne pas en avoir fait une chronique parce que c’était franchement une drôle d’expérience qui revoie les contraintes du genre de la bande-dessinée par le biais de troubles et maladies.

JANVIER EN ÉCRITS
  • Je vous avais déjà parlé du blog Maora pour son texte bilan de son hypokhâgne, et cette fois je vous partage deux de ses article ! Un qui est à proprement un écrit, Chez soi : sa plume est vraiment très belle, j’aime beaucoup sa douceur. Ensuite, cet article qui vous propose quelques newsletters intelligentes : peu d’abonnements pour du contenu varié, une idée d’article pertinente.
  • L’article de Ada sur Comment lire des essais ? afin de démystifier la pratique, c’qui n’est pas bête du tout. Un essai devrait être abordé comme un livre et non comme une bête monstrueuse.
  • J’ai découvert le blog des Tulipes, blog québécois sur le minimalisme, le zéro-déchet, écologie de manière général. Je l’arpente de temps en temps grappille des articles que je trouve toujours intéressants.  Je vous en partage deux qui soulèvent des points que je trouve relativement peu exploités : Travailler peu et avoir une vie riche ainsi que celui-ci sur le fait de vivre sans voiture
JANVIER ÉCOUTÉ

On commence par trois petites choses « culturelles », j’ai envie de dire (c’est vraiment l’appellation fourre tout), avant de vous proposer un chouille de musique :

  • Le Cantique des Cantiques : bon… J’essaie de m’ouvrir davantage à la religion, et je me suis dis que le livre audio serait la solution… Il y a des supers sites gratuits, avec des bénévoles qui font la lecture, donc il y a du bon comme… du mauvais. Je relierai le texte, par moi-même, parce que j’ai eu de gros fous rires (surtout à la voix de l’homme qui n’avait rien de naturelle… ) et encore, ce n’était pas le pire (je vous passe ma tentative de l’Apocalypse et d’autres titres, lus d’une manière très… pieuse, disons… ) Si vous avez des bons audios, je dis oui, mais sinon je vous déconseille fortement de vous intéresser aux textes bibliques par ce biais…
  • La rencontre fortuite, #1, par Antastesia : son premier podcast sur la littérature et c’était passionnant ! Fait par une prof de lettres modernes (enfin, selon le diplôme, mais sinon prof de français comme elle enseigne au lycée…), je trouve que la forme montre l’accessibilité de la matière : pas besoin de tout le vocabulaire stylistique pour analyser, on peut faire quelque chose de « simple » mais effroyablement pertinent. La thématique est originale et riche, à savoir la femme comme création. Certes je m’intéresse de plus en plus à la question féministe, mais même sans cela, c’est plus intéressant de l’approche frontale de « la place de la femme dans la littérature » (déjà fascinante, je trouve), mais là de voir comment la femme est créée, façonnée. La petite cerise sur la gâteau, c’est qu’elle fait un peu de la littérature comparée, notamment lorsqu’il y a une adaptation cinématographique pour illustrer son propos. Vraiment, je ne peux que conseiller, j’ai été séduite, et c’est tombé pile poil pour me confirmer que c’est ce genre de choses que je voudrais faire, autant sur le blog que dans ma vie professionnelle.
  • Là, c’est ma tendance à « soigner le mal par le mal » (hahum), sur spotify j’ai écouté le dernier numéro (je crois…?) du podcast Optimistically depressed : ce numéro parlait d’anxiété et de dépression principalement, mais ce podcast traite de manière plus générale la santé mentale. Le titre l’indique mais c’est exclusivement en anglais. C’est une très bonne idée, je trouve, pour parler en toute simplicité de ces maladies invisibles, et surtout pour retirer tout stigma. J’ai beaucoup aimé la bienveillance et la simplicité du format, une conversation avec des questions qui parfois peuvent être maladroites mais c’est fait sans mal, dans le but de comprendre. Le titre est d’ailleurs très juste puisque oui, notamment dans ce numéro on y parle de dépression, mais cela n’empêche en aucune cas le rire ou la légèreté.

Côté musique je ne pouvais pas ne pas parler de la sortie de l’album, Human, de Dodie. (que j’ai en ma possession pour mon plus grand bonheur, je peux enfin soutenir cette artiste !) Ce n’est pas la première fois que je parle d’elle, je l’aime énormément, vous la retrouverez aux prochaines Pérégrinations (parce que son concert ! J’ai autant peur que j’en rêve !) Sa voix est une caresse qui me transmet mille émotions, et je vous encourage à vous pencher sur les paroles. Ses écrits sont sublimes et me parlent beaucoup.

Rien de bien étonnant, finalement, puisque Orla Gartland est une amie de Dodie, mais c’est seulement le mois passé que je me suis mise à l’écouter sérieusement.D’autres titres que j’aime tout particulièrement : Why I am like this sur les regrets et Overthinking sur l’anxiété.

On passe à quelque chose de beaucoup plus rock qui a été LE groupe de mon mois de janvier : Set it off. Je ne compte pas le nombre de fois que je l’ai écouté ! A peine découvert avec cette chanson que j’aie dû écouter une grosse partie de leur discographie, ne cherchez pas, je suis fana.

JANVIER EN FILMS POUR DE L'INSPIRATION

The Happy Prince – L’ultimo ritratto di Oscar Wilde: il ...The Happy Prince (2018)


Faites le combo : littérature + homosexualité + Colin Morgan aka mon acteur chouchou de tous les temps + Colin Firth que j’aime beaucoup + le Londres du fin XIXe (un siècle qui revient trois fois, je n’ai même pas fait exprès !), et ça vous donne une Récolteuse d’urgence au cinéma le premier jour de 2019 qui signait la dernière projection de The Happy Prince. On se place du côté des dernières années de Wilde, après son emprisonnement de deux ans suite à la relation ô combien sulfureuse et surtout complexe avec Alfred « Bosie » Douglas, qui est justement le responsable de ce passage en prison. Nous est montré finalement la déchéance d’un auteur pourtant reconnu de son vivant, et là est plus fort le drame (puisque rares sont les auteurs vivant leur succès !) : voir qu’on refuse de l’approché, qu’il n’a plus le sou, est chassé et moqué par des fermés d’esprits dans la rue. C’est un homme brisé qui pourtant reste éperdue d’amour pour celui qui lui doit sa chute, et qui ne se relèvera jamais qui nous est présenté dans ce film.
C’est un biopic poignant. J’ai eu le coeur serré face à ce mauvais coup du destin j’ai envie de dire : il suffit d’une personne horriblement toxique pour ruiner votre vie entière. J’ai étudié un bout de la lettre, De Profundis, en cours d’anglais quelque chose comme un mois avant de voir ce film, mais je ne savais rien d’autre de cette histoire que l’homosexualité de Wilde, et un amant tordu qui pour je ne sais quelle raison cause l’emprisonnement de l’auteur. Même après le film, et à la moitié de ma lecture du De Profundis que j’ai emprunté suite au film, je ne saisis pas bien : Bosie était juste un enfant capricieux, égocentré au possible, qui voulait faire plonger papa d’une manière stupide mais qui se retourne contre celui qu’il est censé aimer, sans même avoir vraiment l’air affecté. Alfred Douglas est quelqu’un de foncièrement antipathique ; le brio de Colin Morgan (même si ça m’a chiffonné que ce soit quelqu’un que j’aime tant qui joue quelqu’un de si mauvais :c) rend avec justesse cet homme dérangeant.
C’est le cas dans les autres films que je vais vous présenter, mais bizarrement, c’est avec celui-ci que j’ai été le plus marquée par la bande-son que j’ai vraiment trouvée sublime, en osmose parfaite à l’ambiance. Après voilà, c’est aussi le cas des autres films, mais un tout chouille moins. (pas de grand chose.)
Et ce que je retiens avant tout de cette réalisation, c’est le personnage de Robert Ross, alias Robbie. Je suis tombée en amour pour sa personnalité : sa fidélité à Wilde, son amitié si sincère, son amour qui se voit mais qu’il n’impose pas. c’est tout l’inverse de Bosie, et c’est déchirant cette confrontation entre l’un vicié et l’autre pur. Pourquoi Wilde n’a pas vécu aux côtés de Robbie, sérieusement ? Je le vois comme l’amant dans l’ombre, un peu comme l’Eponine de Wilde si je prends le schéma des Misérables. J’aurais découvert, en plus d’un film vraiment touchant et intéressant pour une première approche de Wilde, une personnalité très belle. Pour l’anecdote, Robert Ross s’est toujours démené pour rétablir la notoriété perdue de Wilde après son passage en prison, c’est notamment lui qui publie l’édition définitive des oeuvres de Wilde.

Regarder Les Figures de l'ombre Film en streaming - Film ...Les figures de l’ombre (2016)


Ok, déjà, on en parle de la beauté de Janelle Monae ? Pardon, pardon, mais pendant tout le film j’ai beugué sur Mary (à gauche) en me disant « mais je l’ai déjà vu, bordel ce qu’elle est jolie » et voilà. Fin de l’histoire haha. C’était l’avis le plus court de toute l’histoire de la blogo !
Non, plus sérieusement, je vais rester assez succincte. (parce que c’est le dernier avis de film que j’écris, oui je fais dans le désordre, et que cet article va être HYPER LONG…) Ce film est une pépite : enrichissant, drôle, inspirant (comme tous les autres n’est-ce pas), innovant. Certes ce n’est pas mon domaine de prédilection, mais il me semble que les films prenant teneur au milieu de la NASA ne sont pas ceux qui dominent le plus, encore moins dans les Etats-Unis des années 60, durant la période ségrégationniste, et en plus du côté des femmes. Toutes les conditions sont réunies pour ne pas s’en sortir, mais pourtant ! Ces trois femmes ( Katherine Johnson, Mary Jackson, Dorothy Vaughan ) auront même eu un rôle décisif : la première a tout d emême calculé les trajectoires pour le programme Mercury et Apollo 11 ; la seconde a été la première femme noire a intégré les cours du soir d’une école pour blancs dans le but de devenir ingénieure (dans la continuité ce sera la première femme noire ingénieure de la NASA), et la dernière mais pas des moindres qui a été la première femme africaine-américaine superviseure de la NASA, ce n’est pas l’acharnement qui lui a manqué.
Toutes trois ont une importance à mes yeux capitale, et je regrette que ce biopic s’axe principalement sur Katherine, jusqu’à parfois effacer les deux autres femmes. Ce que je ne savais pas, et qui m’aurait moins fait regretter cet aspect, c’est que le film est une adaptation du roman du même nom de Margot Lee Shetterley qui met en scène Katherine Johnson. Bien évidemment les deux autres femmes sont dans la vie de Katherine, mais… Bref pour faire simple, le soucis, c’est le titre du livre et du film : le singulier aurait été plus pertinent puisque Dorothy et Mary sont trop en arrière-plan à mon goût.
C’est une oeuvre dont on sort grandi.e, qui donne envie et de toute manière nous pousse à avoir du mordant pour vivre, pour nous battre pour nos rêves et nos motivations.

Edmond, d’Alexis Michalik. (2019)


Ce qui va être dur pour le coup, c’est d’être concise. J’avais vu la bande annonce en attendant que The Happy Prince démarre, et mon âme de lettreuse attisée par le théâtre a bien évidemment répondu avec une impatience totale de découvrir Edmond. Et je n’ai jamais eu meilleure idée de ma vie ! (rien que ça) Vraiment, je crois avoir trouvé mon film préféré, parce que j’y ai tout trouvé : humour, répartie, littérature, émotion, esthétique, mise en abyme (ça, c’est ma faiblesse), les leitmotiv qu’on peut en tirer. Je ne sais même pas comment vous parler de ce film tellement il éclate en tout sens ! Après la séance j’avais déjà envie de le revoir, tous les jours depuis je repense à des scènes, et j’ai terriblement envie de le revoir. C’est hallucinant, il m’a fascinée, inspirée. J’ai vécu cette séance, j’ai eu la chance d’y aller avec une amie, et on était tellement à fond qu’on se tenait les mains à chaque suspens (on a dû être un sacré divertissement pour les gens derrière nous), et à la fin de la projection, j’ai tellement eu envie d’applaudir comme si j’étais au théâtre et pas au cinéma.
Tout est parfait, vraiment. J’ai un goût assuré pour l’esthétique du Paris du XIXe, donc le cadre de 1897 m’a ravi les mirettes. Ensuite, littérature ! Du théâtre, ce que j’aime beaucoup, de plus Cyrano, lu il y a très longtemps, au moment où je n’étais pas lectrice encore, mais que j’avais pourtant su aimer ; mais avec l’ingéniosité de certes, représenter l’homme au grand nez, mais en se plaçant avant tout du côté du dramaturge, et donc de la conception de la pièce. C’était un délice, vraiment, de découvrir cette conception pour le moins… inattendue, toute faite de coïncidences, et c’est peut-être ce qui m’a rendu le tout si attachant. Déconstruire l’image de l’écrivain génie qui a une inspiration à revendre — car Edmond était jusque là un « poète incompris », mésestimé, et n’avait rien écrit pendant 2 ans avant la commande d’une nouvelle pièce, et parce que c’est son quotidien, des faits hasardeux qui lui ont assuré la construction inopinée de sa pièce — quel bonheur ! Et nous montrer des valeurs humaines autant chez ce personnage fictif que chez l’écrivain, je clame au bonheur, j’aime ce sens de l’honneur, cette élévation de l’âme. J’aime voir Edmond passionné qui se jette dans l’écriture de sa pièce, des nuits durant, des jours durant, dans une incroyable frénésie. J’ai eu envie de faire pareil : de vivre pleinement et tant pis si je n’ai pas le sou, d’écrire à en avoir mal aux doigts, à être parsemée de tâches d’encre, et bien que « Superbe dans la défaite, merveilleux dans l’échec, en un mot… Français !« , mettre cette idée de côté pour écrire sans se juger, aller au bout du projet même si l’on y croit pas beaucoup. (du tout, il s’excuse avant le lever du rideau, pensant que cela va être un fiasco) Je pourrais écrire encore des lignes sur ce film, mais c’est déjà pas mal je crois, il y a tellement de choses à soulever, à mettre en avant avec cette oeuvre. Ma première rencontre avec Alexis Michalik (qui interprète un Feydeau particulièrement exécrable) mais loin de là la dernière, comptez sur moi pour voir ses autres créations pour savoir si chacun sont des merveilles comme Edmond.

Colette (2018) | MovieFreak.comColette. (2018)


Que la vie sulfureuse de cette autrice me faisait envie ! Jamais lue (pour le moment, ça ne saurait tarder) mais j’ai toujours vécue en lien avec elle : voilà l’autrice préférée de ma grande soeur qui a fait son enfance aux côtés de Claudine. Elle m’en a parlé tellement de fois, les livres nous ont suivis où qu’on aille dans les cartons. Bref, il me fallait la découvrir. Je n’ai pas été aussi emballée que je l’espérais, même si ça restait tout de même un très bon film. Le négatif, finalement, tient en deux points mais qui ne sont pas moindre.
Premièrement, la sexualité. Attention ! L’ouverture de Colette m’a fait terriblement plaisir, cette bisexualité revendiquée avec une vie sexuelle affirmée. Mais c’est que les scènes de ce type sont trop présentes, et surtout, toujours ce même soucis, n’apportent rien. Je veux bien deux-trois scènes, voilà : la première relation lesbienne par exemple était tout à fait bienvenue, celle avec la marquise de Belbeuf plutôt inévitable mais pas gênant, un ou deux passages avec Willy, ok. Mais bon, le point général, c’est que les scènes sexuelles, y’en a pas mal, et qu’elles sont assez gratuites dans l’ensemble, et c’est ce qui me gêne.
Second point, c’est encore plus subjectif puisque je ne le reproche pas à Edmond par exemple, c’est d’être trop centré sur une période de vie. Enfin, je me justifie davantage : j’avoue que si j’ai vu Colette, c’était surtout pour ces questions qui m’intéressent tant, à savoir la vie d’artiste, sa bisexualité, la question du genre notamment avec la marquise de Belbeuf, sa libération des chaînes de son mari misogyne et donc son affirmation, son audace et son scandale, etc. Mais tout ces points qui m’attirent ont finalement été assez survolés : on voit une seule fois Colette avec un costume d’homme ; sa vie d’artiste constitue le dernier quart du film je dirais alors que sa vie d’actrice et de mime est passionnante ! Le film se termine d’ailleurs là-dessus avec le début de rédaction de La Vagabonde, mais même si le final était beau, il était un peu trop classique (la montée sur scène) et surtout trop abrupte, il laisse un goût d’inachevé. Et puis forcément que j’aurais aimé davantage de la libération de Colette (même si bon, c’est très bien ce qu’on nous montre déjà, je ne dis pas ! C’est progressif et donc cohérent, surtout lié au contexte de l’époque où on ne claque pas la porte comme ça, déjà qu’on ne le fait pas aussi facilement aujourd’hui alors fin XIXe, début XXe..) quand on voit l’ordure qu’elle avait pour mari. Sérieusement, Willy, côté mec exécrable, je crois qu’il a la palme. Enfin bon, il permettait une pratique extra-conjugale pour sa femme mais à quelles conditions sérieusement : seulement avec des femmes, pour qu’elle soit fidèle sur le plan hétérosexuel, alors que lui-même n’applique pas cette condition. Enfin bref, le plus dur avec ce film, c’est de supporter l’homme exécrable qu’était Willy, voir sa main-mise, l’utilisation de sa femme pour écrire des livres parce qu’il n’avait pas de talent et refuser le simple nom de Colette sur la couverture. Je trouve aussi que c’est dommage que l’importance de la marquise de Belbeuf, aka Missy, ne soit pas plus accentuée, mais là c’est chipoter. Ca reste un très bon biopic notamment pour découvrir la vie de cette grande autrice. Une bonne entrée en la matière qui ne fait pas défaut à l’inspiration, loin de là, Colette donne envie de se revendiquer, de s’assumer, et là aussi, de vivre de ce que l’on veut et qu’importe si ça déplaît.


 

Et pour une fois, pas de ce que j’ai pu faire de mieux ce mois-ci, mais un « projet », un « désir » à propos duquel je vous questionne ! J’aimerai beaucoup dé-stigmatiser les maladies mentales en tout genre puisque c’est un sujet qui me fascine, sur son pôle positif comme négatif, mais finalement, je ne sais pas bien comment faire. J’écris, mais ce sont des textes relativement secrets pour le moment, et l’idée de l’édition est biiiiien loin pour le moment. J’ai proposé à une amie un projet photo, l’idée lui plaît mais ça ne peut se faire pour le moment. Alors, je voulais savoir, est-ce que vous, vous auriez des idées ? Être actif.ve sur cette question me semble assez dur, finalement : les interventions sont rares, d’autant plus quand on est « personne ».
Dans la même idée, j’aimerai m’investir davantage dans le milieu LGBTQ+, et d’autres points. En fait, je veux être bien plus investie sur les questions sociales qui me pèsent le plus depuis des mois et des années.
J’avais songé à un blog parallèle rarement alimenté (du genre mensuel quoi), plus dans l’ordre informatif/réflexion parce que souvent ce sont des sujets bien plus traités en anglais, mais les sources français me semblent toujours assez maigrichonnes (ou bien je fouille mal, plausible) mais je ne sais absolument pas si cela serait intéressant, faisable, autre. Faites moi part de vos idées, de tout et n’importe quoi !
PS : cet article a sans doute été sponsorisé par les coquilles, je le corrigerai à l’avenir (j’espère)(si ma flemme ne s’empare pas à nouveau de moi), j’espère que vos yeux n’ont pas trop souffert !

Sur ce, je vous souhaite un février tout doux, en espérant qu’il vous soit souriant. 

Littérairement vôtre, 
La Récolteuse. 

13 réponses sur « Pérégrinations #6 »

  1. Ada

    Dis donc, t’as pas lu n’importe quoi le mois dernier ! Et merci pour le lien vers mon article, c’est très gentil !

    Bon, je suis pas encore dans le « zéro déchet », mais on a le droit d’être curieuse, hein ? Alors je vais aller voir… (y a que les Québecois pour écrire « blogue »)

    Pour la musique, je viens enfin d’écouter Dodie ! (d’ailleurs, c’est un EP, pas un album, c’est plus court) Je ne suis pas fan de toutes les chansons, mais j’en aime bien certaines. (ne me demande pas les noms, je suis passée à côté) Le groupe de rock a l’air pas mal ! En tout cas, la chanson que tu as mis me plaît.

    Pour les films, j’ai rigolé… 3 sur 4 concernent des écrivains ! Et pour « Les figures de l’ombre », j’ai tout de suite reconnu Janelle Monae, of course. J’en ai vu aucun, mais celui qui m’intéresserait le plus à priori, c’est celui sur Colette. (dommage pour la trop grande fréquence des scènes de sexe par contre) Et puis j’ai envie de rager sur Willy, donc ça me dérange pas que ce soit un connard, sinon je ne pourrai plus gueuler, voilà. (en vrai, c’est insupportable, Colette a bien eu du courage)

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    • recolteusedemots

      Merci à toi ! Pour le lien, c’est tout normal. c:

      Surtout qu’il n’y a pas que du ZD, c’est un blog que je trouve assez complet ! (haha oui, dès que je lis « blogue » je sais que j’ai affaire à un.e québecois.e, ça me fait toujours sourire !)

      Oui je sais que c’est un EP, mais j’ai beaucoup hésité à mettre cette abréviation en fait, parce que tout le monde ne connais pas… Je devrais corriger pour « mini-album », c’est le plus proche en français finalement…
      En tout cas ça me fait plaisir que tu aies aimé, même si ce n’est pas tout qu’importe !
      Aaaah chouette, continue de fouiller pour Set It Off, je trouve que c’est vraiment un bon groupe.

      Haha oui, de base je ne suis pas cinéphile alors j’essaie de m’y mettre avec mes centres d’intérêts, ça se voit à peine haha. Puis de manière générale, j’ai une fascination pour la vie des écrivains, et les biopics est ce que je préfère côté film DONC vuala.
      Il faut quand même que tu vois Edmond, IL EST GENIAL. (je ne le répéterai jamais assez, je l’aime vraiment immensément).
      Colette est pas mal dans tous les cas oui, et tu auras de quoi rager sur Willy, mais vraiment pas qu’un peu ! Elle a été admirable, mine de rien, oui.

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  2. Audrey

    Je n’ai vu qu’Edmond et je partage à 100% ton enthousiasme pour ce film qui est l’un des rares que je regarderais volontiers une deuxième fois. Tu exprimes à merveille ce que j’ai ressenti durant la séance et toutes les raisons qui me donnent envie de conseiller ce film à tout le monde !

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  3. Plouf

    Olalala mais comment ça se fait que je sois passée à côté de tant de films, moi et ma carte de ciné illimité ?! Plouf mécontente.
    Merci pour ces découvertes, pour ton doux enthousiasme aussi ! Quand j’ai vu que Dodie allait sortir un album, j’ai tellement pensé à toi direct !
    J’aime bien ton idée de « second blog » ! Et projet photo c’est top aussi ! Pourquoi ne pas passer par des dessins ? Pas besoin que ça soit hyper détaillé, mais c’est vrai que c’est un medium qui fonctionne bien pour parler de sujets importants.
    Passe un très beau mois de Février, des calins ♥

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    • recolteusedemots

      Mais il n’est peut-être pas trop tard, peut-être que tu as encore certains films en séances, tu es dans une grande ville après tout ! Il faut absolument trop que tu vois Edmond, je suis certaine qu’il te plaira !
      Moh merci à toi ! Haha ça me fait plaisir, je vais réécouter son CD dans la fin d’aprem en plus, faut que je me prépare pour chanter à tue tête lundi à son concert. \o/
      Tu es la seule à m’en toucher un mot, j’avais déjà commencé à délaisser l’idée en me disant que c’était stupide ! Je vais reconsidérer ça alors, merci. C’est vrai que le dessin est une bonne alternative aussi, après il faut réussir à se faire « voir » si je puis dire pour que ça puisse fonctionner et parler de ce genre de sujets. Et puis je n’ai pas franchement bien confiance en mon coup de crayon, je suis assez exigeante envers moi-même haha..

      Merci beaucoup Ploufie, joli février à toi ! ♥

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  4. MAORA

    Merci beaucoup pour les liens vers mes deux articles et les gentils mots doux, c’est terriblement gentil et encourageant. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé Colette même si je regrette que le film se finisse si tôt « dans sa vie ». Et je suis une fan inconditionnelle de Dodie 😉 !

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  5. L'ourse bibliophile

    J’avais beaucoup aimé Les femmes de l’ombre même si comme toi j’avais regretté qu’elles n’aient pas toutes les trois la même importance et Edmond me fait carrément envie (mais j’aurais tellement aimé voir la pièce avant de voir le film !). J’adore Alexis Michalik, ses pièces m’ont transportée à chaque fois, je me suis laissée portée dans ces histoires de livres, de magie, de familles, bref, elles sont tout bonnement géniales.
    Ce que tu dis de Colette me refroidit un peu, ça a vite tendance à me saouler les scènes de cul un peu gratuites…
    Et je découvre totalement le film sur Wilde. Je ne suis pas tellement biopic, mais ce que tu en dis m’intrigue quand même (parce que même si, a priori, cette mode du biopic me saoule un peu, il y en a quand même certains qui m’ont énormément touchée).

    Je me rajoute quelques articles à lire.
    Ecouter des textes bibliques… punaise, t’es motivée ! ^^

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    • recolteusedemots

      Ca me rassure de ne pas avoir été la seule à avoir ce ressenti pour Les figures de l’ombre !
      Je t’admets que j’aurais bien aimé voir la pièce, surtout qu’il y a eu une représentation à Limoges mais ce n’était pas dans le programme de la saison de la salle de spectacle (donc je suis passée à côté… Je l’ai mauvaise haha) J’aimerais beaucoup voir ce qu’il a fait d’autres, je n’en entends que du bien !
      Pour Colette, le film mérite quand même d’être vu je trouve mais c’est vrai que ces scènes… Bon… Au bout d’un moment, t’as envie de dire que t’as pigé quoi…
      C’est vrai que le biopic, c’est la grande mode du moment haha, mais ne m’en déplaise, je crois vraiment avoir trouvé mon genre cinématographique préféré (enfin bon ça dépend quand même y’a du mauvais aussi bien entendu) mais je trouve que celui sur Wilde n’est franchement pas mal, ça retrace bien la complexité de la relation de l’autre avec Alfred Douglas, c’est plus éclairant que la simple lecture du De Profundis par exemple. (les deux s’éclairent en fait je trouve)

      J’étais motivée, j’ai abandonnée quand j’ai eu l’impression à du catéchisme en ligne haha. Pourtant j’ai une inculture à soigner sur ce plan là, mais ça n’a pas été la solution !

      Aimé par 1 personne

      • L'ourse bibliophile

        Je te conseille vraiment Le Porteur d’histoires, c’est ma préférée parmi les trois pièces que j’ai pu voir. Si tu as l’occasion, je pense que tu ne le regretteras pas !
        Je pense que je regarderai Colette, mais pas au cinéma (déjà qu’on y va presque plus depuis qu’on a quitté Paris, maintenant c’est uniquement pour les films qu’on a vraiment énormément envie de voir, et qui passent dans le coin), donc pas tout de suite.

        Je ne dénigre pas tous les biopics ; en plus une fois lancée, je suis souvent bien happée dans le film. Mais je trouve qu’il en sort vraiment trop, je ne sais pas, ça manque d’originalité à force. Mais bon, ça n’empêche qu’ils peuvent être très bien faits, très bien joués et passionnants !

        Je suis aussi assez inculte sur le sujet n’ayant pas été baptisée, ni fait de catéchisme, ni vécu dans une famille croyante. Après, il y a d’autres sujets sur lesquels j’aimerais être plus cultivée…

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  6. Magali

    Le podcast d’Antastesia a l’air très intéressant! Vu ce que tu en dis, c’est le genre d’approche de la littérature qui me parle beaucoup et que j’aimerais pouvoir pratiquer. Et en plus le thème m’intéresse bien sûr. Mais j’ai un doute sur le format podcast, j’ai beaucoup de peine à me concentrer sur des supports uniquement auditifs…
    Et ton idée de blog parallèle qui traiterait plus de la maladie mentale, ça aussi ça m’intéresse! Il y a pas mal de choses à faire sur le sujet je pense, autant avec de l’info factuelle qu’avec des critiques de livres ou de films par exemple…

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