#3 – L’Art en un livre — hors série.

Après un teasing de plusieurs mois, le voilà, ce fameux hors série ! Sa structure sera, disons le, plutôt inexistante : davantage un catalogue des oeuvres classées par leurs artistes avec une intro sur le livre qui fait guise de mini-chronique, mais rien de construit ni solide. Malgré cela je tenais vraiment à vous introduire ce recueil qui a été dispersé au gré des jours mais qui à chaque fois m’a envoûté et emmené dans un monde poétique. C’est peu dire que de déclarer que j’ai aimé, adoré cette lecture, ça a été un véritable enchantement. De plus, il me fallait vous le présenter sous ce rendez-vous, parce que comme l’annonce le titre ( et oui lecteurs et lectrices sherlockien-nes, aviez-vous saisi cette nuance ? ), c’est de l’Art en un livre.

Art littéraire avec …

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Dans l’attente de toi, d’Alexis Jenni. 


L’écrivain cherche les mots pour écrire une lettre d’amour à la femme qui partage sa vie, pour dire le plaisir de toucher sa peau et pour décrire ses émotions, à travers les tableaux et les peintres qui l’inspirent comme les étoffes sensuelles de Poussin, le mouvement fébrile des corps enlacés chez Bacon, etc.


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Les bulles : Zaï zaï zaï zaï, de Fabcaro.

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Il me faut reconnaître que j’étais très sceptique à l’emprunt de cette BD tout simplement parce que… je n’avais pas envie. Mais alors pourquoi l’avoir emprunté, je vous entends le clamer ! Parce qu’elle était courte et que donc, je me suis dis qu’au pire du pire, je n’avais trop rien à perdre, ça se lirait vite. Je ne sais pas trop pourquoi je n’avais aucune envie de me pencher dessus, peut-être parce que fut un temps elle passait sur tous les blogs, comptes instagram etc. Mais quelle erreur cela aurait été ! Parce que je n’ai jamais autant rit sur une BD, c’est d’un absurde pire que grotesque qui, vous vous en doutez probablement, n’est pas seulement léger mais dénonce la société d’une manière déroutante.

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Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.
La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.
Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société. 

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas du tout été friande du dessin ( mais vous voyez, j’me soigne, j’arrive à lire (plus ou moins n’exagérons rien) ce qui ne m’enchante pas visuellement ! ) Je reconnais qu’il parvient à renforcer un décalage, à mettre en lumière tout le grotesque par une confrontation entre les situations cocasses et ces traits mi simples et réalistes, avec une impression de non-fini. Le style est particulier et plutôt difficile à décrire, mais je vous mettrais quelques planches pour le plaisir de rire et d’avoir un aperçu. Cependant, bien que je suis tatillonne sur les dessins de manière générale, ici je n’ai pas eu de soucis tout simplement parce qu’ils ne sont pas essentiels pour moi. Tout passe plus par les mots que le dessin donc mon attention s’est portée ailleurs.

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« C’est l’authentique qui balafre le réel »

La lecture de ce livre a été assez compliquée, pour dire vrai. Deux semaines l’ont étiré – en partie suite aux cours qui me l’ont fait mettre de côté, ce qui m’a cassé la magie de retrouver un Baricco. Mais aussi parce que j’avais l’impression de découvrir la lecture, d’affronter mon tout premier bouquin, et pas le plus simple : moi qui adore les digressions de l’auteur, là, j’étais larguée. Alors je ne sais si c’est cet état un peu chaotique qui m’a porté sur ces deux semaines ou si c’est ce roman d’une certaine complexité – tout de même trois récits enchâssés en même temps – qui nécessitait de prolonger le temps, mais en tout cas, j’ai fini ce roman perdue. Je ne savais pas quoi en penser le sourire aux lèvres. La même magie baricéenne (c’est un peu moche, cet adjectif), mais c’était tellement de rues prises que je me suis un peu égarée en cours de route, pour finalement être ébaubie.


Couverture du livre : City

D’abord le titre. Une ville. Pas une ville précise. Plutôt l’empreinte d’une ville quelconque. Son squelette. Je pensais aux histoires que j’avais dans la tête comme à des quartiers. Et j’imaginais des personnages qui étaient des rues, et qui certaines fois commençaient et mouraient dans un quartier, d’autres fois traversaient la ville entière, accumulant des quartiers et des mondes qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres et qui pourtant étaient la même ville. Je voulais écrire un livre qui bouge comme quelqu’un qui se perd dans une ville. Des personnages – des rues – il y en a beaucoup : il y a un coiffeur qui le jeudi coupe les cheveux gratis, il y en a un qui est un géant, un autre qui est muet. Il y a un petit garçon qui s’appelle Gould, et une fille qui s’appelle Shatzy Shell (rien à voir avec celui de l’essence). Il y a aussi dans City deux quartiers, assez vastes, un peu décalés en arrière dans le temps. Il y a une histoire de boxe, et il y a un western. Le western, c’est quelque chose à quoi je pensais depuis des années. J’étais toujours là à essayer de m’imaginer comment diable on pouvait bien faire pour écrire la fusillade finale. Quant à la boxe, là c’est un monde dingue, superbe. Si en plus tu es quelqu’un qui écrit, tôt ou tard tu y viens. Mieux vaut tôt, me suis-je dit. (A. Baricco )


J’ai eu besoin de laisser mûrir mon avis sur ce livre avant de rédiger le moindre mot de cette chronique. J’ai aussi eu besoin de l’aiguiller : besoin de l’avis des autres pour fixer mon opinion. Sauf qu’en réalité, il n’y en a pas tant, de chroniques sur ce livre. Ca m’a amené à me décider, à essayer de rendre compte autant que possible de mon ressenti – ce qui sera sûrement fouillis – pour diffuser un peu cet ouvrage qui n’est pas le plus connu de cet auteur.

Avant tout, si mon avis me semble déjà fouillis avant même qu’il ne soit écrit, c’est parce que le livre semble l’être tout autant — trois histoires s’enchâssent, qui paraissent décousues et sans liens mais qui se dessinent comme des rues qui se rejoignent ; si je me suis sentie perdue à la lecture, c’est bien parce que l’auteur « [voulait] écrire un livre qui bouge comme quelqu’un qui se perd dans une ville. », ce qui est pleinement gagné.  City, avant d’être un roman, est une expérience à vivre. C’est génialement troublant ; merveilleusement éprouvant ; intelligemment absurde. Continue reading « « C’est l’authentique qui balafre le réel » »

« Je voyage seule. »

Je vous propose de partir pour la Norvège avec un thriller ( ou policier, j’ai du mal avec les genres, vous le savez ) de Samuel Bjørk. Si vous avez des enfants de 6 ans, prêts à rentrer au CP, faites bien attention, ce livre saurait vous faire douter tant il est bien ficelé.



Seule, pour son dernier voyage… C’est ce qu’indique la pochette autour du cou de la fillette, assassinée et accrochée à un arbre avec une corde à sauter. Un crime odieux qui laisse toute la Norvège sous le choc et décide le commissaire Holger Munch à rappeler son ancienne collègue, Mia Kruger. Car il le sait : si une personne peut l’aider à résoudre cette enquête, c’est bien elle. Ce qu’il ne sait pas en revanche, c’est que, sur l’île d’Hitra où elle s’est recluse, la jeune femme compte les jours avant son suicide. Mais il est des crimes qui ne laissent pas indifférent. Et il suffira à Mia d’observer les photos de la fillette pour comprendre ce qui avait échappé à tous : il y aura d’autres victimes, beaucoup d’autres… 

 


Cet article s’ouvre sur une grosse pensée à Plouf, qui a une édition très moche de ce roman, alors que personnellement j’ai cette magnifique couverture dont je suis amoureuse, et je sais que ça la fait rager. :))) Non, plus sérieusement, parce qu’elle a lu ce livre et qu’elle aussi, l’a beaucoup aimé ! Et oui les loulous, vous avez bien lu, ce roman était un plaisir à lire, c’était de la bombe, ouiouioui. Continue reading « « Je voyage seule. » »

«Tu es toutes les couleurs en une, à leur maximum d’éclat.»

Depuis sa sortie, je lorgne ce livre. Je ne voulais pas l’emprunter, parce que je le voulais absolument sur mes étagères, et je ne le remarquais pas quand j’allais en librairie acheter d’autres romans. Ou bien,  je me disais, « la prochaine fois ». La prochaine fois est arrivée en septembre 2017 à sa sortie poche : comment vous dire que je le voulais TELLEMENT que je l’ai acheté le jour même. Sauf que ce n’était pas le moment pour que je le lise. Ce moment, il a pointé le bout de son nez en décembre, et il a conclu mon année sur un merveilleux coup de cœur.


Quand Violet Markey et Thedore Finch se rencontrent, ils sont au bord du vide, en haut du clocher du lycée, décidés à en finir avec la vie. Finch est la « bête curieuse » de l’école. L’excentrique tourmenté et impulsif dont personne ne recherche la présence, qui oscille entre les périodes d’accablement dominées par des idées morbides et les phases « d’éveil » où il déborde d’énergie vitale. De son côté, Violet avait tout pour elle. Mais neuf mois plus tôt, sa sœur adorée est morte dans un accident de voiture. La survivante a perdu pied, s’est isolée et s’est laissée submerger par la culpabilité. Pour Violet et Finch, c’est le début d’une histoire d’amour bouleversante, l’histoire d’une fille qui réapprend à vivre avec un garçon qui veut mourir.


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« L’une était une Voleuse de livres. L’autre vola le ciel. »

 

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Répond au challenge Baker Street : Les Plans du Bruce-Partington

Ce roman est le premier que je relis pour le plaisir. A part de la relecture en vue des cours, je n’ai jamais pris les temps de reparcourir un livre qui me faisait envie. Je suis de ceux qui fonctionnent en se disant « mais tu as déjà tant de livres à lire, pourquoi en relire un ? ». Mais parfois, l’envie pointe le bout de son nez, elle nous obsède en nous rappelant des bribes de l’histoire…  jusqu’à ce que l’on cède. La Mort est peut-être hantée par les humains ; je pense que pour ma part, je suis hantée par la Voleuse de livres.

Elle lui donna une raison d’écrire ses propres mots, de constater que les mots l’avaient aussi ramenée à la vie.

J’ai détesté les mots et je les ai aimés, et j’espère en avoir fait bon usage.

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Aurélien de Louis Aragon.

L’heure est grave, récolteurs/ses. Après moult lectures en vue de la rentrée qui se sont révélées négatives (cf Le Cid, Les Paravents, l’Oeuvre au Noir), je peux enfin crier haut et fort que j’ai fais une découverte qui m’a tout simplement chamboulée, et qui s’impose sans trop de doutes comme un coup de coeur. Et pour être honnête, ça faisait un bout de temps qu’un roman ne m’avait pas autant secouée, ne m’avait pas fait passer par tant de sentiments. Il y avait eu le mois dernier Contrecoups qui m’avait bien remuée, mais j’étais restée dans une palette à peu près similaire de sentiments, et en y réfléchissant bien… La dernière fois que j’étais passée par un peu tous les sentiments, c’était en juin avec Océan Mer d’Alessandro Baricco. Donc je ne m’attendais absolument pas à revivre ça avec Aurélien, partant sur l’appréhension d’être encore une fois déçue.
Comme on est sur un format de 700 pages écrit tout pititrikiki, vous vous doutez bien que la chronique risque de s’éterniser quelque peu, surtout que je ne sais pas trop comment en parler, tellement c’est… Une grande oeuvre.

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Aragon nous décrit l’histoire d’amour entre Aurélien, jeune lieutenant rentré du front, et Bérénice, provinciale en visite à Paris. La passion qui naîtra de leur rencontre a pour toile de fond le Paris de l’entre-deux-guerres, prétexte à la description d’une nouvelle société surréaliste.

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