« Et garde tes rêves, cria Miquel. Tu ne peux jamais savoir à quel moment tu en auras besoin. »

Gravure à  l’eau-forte par Erik Desmazières, selon le livre de Borges, La bibliothèque de Babel. 

Voilà que j’ai fais un petit effet crescendo sur les dernières chroniques : on arrive enfin à mon coup de coeur du mois de Novembre, et je pense que ça n’étonnera personne de dévoiler qu’il s’agit du brillantissime premier tome du cycle Le cimetière des livresoubliés de Carlos Ruiz Zafon : L’Ombre du vent. (au passage milles excuses, mais par facilité pour taper la chronique je n’ai pas mis les accents espagnols…) Je sais qu’il s’agit d’un roman très apprécié, et pour cause ! En parler me fait presque peur, je ne sais quels mots utilisés pour lui rendre justice, quels axes vraiment prendre pour brosser cette toile faite de Barcelone. En parler est un défi, mais ignorer ce livre, le taire même s’il serait tentant de le garder secrètement comme mon livre trouvé dans le Cimetière des livres oubliés, est assez inconcevable. Il me tarde d’essayer de parler, au moins fragmentairement, de cette merveille.


ça sent le brûlé !: L'Ombre du Vent - Carlos Ruiz ZafonDans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours.Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville : L’Ombre du Vent.


Ode à la littérature.


Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.

A vrai dire, il pourrait s’agir du seul axe pour parler de ce roman. Comment ne pas évoquer sa puissance pour faire l’éloge de la littérature ? On ouvre d’entrée de jeu le livre avec un incipit qui ravit l’imaginaire, la curiosité, et l’envie des lecteur.ice.s : Daniel, alors encore enfant, suit son père, libraire, qui va lui faire vivre une tradition, celle de choisir son livre au coeur d’une bibliothèque des plus mystiques et secrètes. Imaginez-vous être guidé vers le sacro-saint lieu de la littérature : un « cimetière » qui accueille l’âme de livres délaissés, où on peut repartir avec une relique, une seule au coeur de milliers, comme pour lui redonner vie. Poursuivre la lecture de « « Et garde tes rêves, cria Miquel. Tu ne peux jamais savoir à quel moment tu en auras besoin. » »

Les bulles : où il est question de nuage, de grand-père, et du Pérou.

Illustration d’Arno Monin.

Tu sais que les titres des articles BD sont toujours un peu énigmatiques avec leurs mots-clés. Il est vrai que, comme à mon habitude, je débarque bien après la guerre : j’ai vu non-stop cette série en deux tomes passer sur la blogo, et maintenant, plus rien. Mais je comprends pourquoi on en a tant parlé, c’est une pépite ! Si je te dis plutôt les mots en indiens, avec « Qinaya » et « achachi », tu replaces un peu mieux ?  ( si le dessin t’avais pas aidé plus haut, sait-on jamais. ) L’autre mot clé, qui est aussi le titre de cette bande dessinée, c’est L’adoption, avec Zidrou au scénario et Arno Monin au dessin.


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Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.

 


Ca fait tellement longtemps que je n’ai pas parlé BD que je ne sais même plus comment m’y prendre ! Surtout que j’ai l’impression que tout le monde a tout dit sur ce titre tellement il a ébranlé la bookosphère. Et surtout, en parler sans spoiler est assez complexe, puisque le cliffhanger du tome 1 constitue la raison d’être du tome suivant. Vous m’excuserez donc si l’avis est succin, un peu vide peut-être, et qu’il s’axe tout particulièrement sur le premier tome. Poursuivre la lecture de « Les bulles : où il est question de nuage, de grand-père, et du Pérou. »

Mon rapport à… Fullmetal Alchemist.

Fullmetal Alchemist y Brotherhood se estrenan en Netflix ...

Des mois d’absence, encore. Mais je débarque avec mes gros sabots, cette fois, bien décidée à changer la donne, déterminée à ne pas délaisser l’aventure de La Récolteuse de mots, engagée à ne pas vous lâcher, la niak pour bouquiner et surtout, partager.
Et quoi de mieux que de revenir avec un oeuvre culte dans l’univers des mangas ? Aussi culte à titre personnel : Fullmetal Alchemist est un titre décisif pour moi, qui a été extrêmement formateur. Poursuivre la lecture de « Mon rapport à… Fullmetal Alchemist. »

« Un homme qui passe les vingt dernières années de sa vie à s’arracher la tête pour donner un sens à des taches de couleur a énormément à dire. »

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« Il pleuvait des oiseaux » par Christine Viens

 

Youpla, voici que je m’essaie à des chroniques quelque peu différentes, qui cerneront davantage les livres sous des aspects que sous leur globalité afin de rendre mes chroniques plus uniques et de construire mon avis de manière plus concrète. En effet, j’étais quelque peu lasse de juste « donner mon avis » ; j’avais l’impression d’être superficielle et surtout, de ne pas traiter le livre d’une manière qui m’est propre. Finalement, sous des « grands titres », vous aurez deux ou trois points qui m’auront frappée dans le livre, positivement ou négativement. Ce qui a fait sa teneur pour la lectrice que je suis. Mais bref, du concis vous n’aurez pas, je parle toujours beaucoup, alors je vous laisse de ce pas à la découverte d‘Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier. 


Il pleuvait des oiseaux par Jocelyne Saucier | Littérature ...

Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle? On ne le saura pas. Au moment où s’amène la photographe, Boychuck vient tout juste de mourir.
Tom et Charlie, deux survivants, ignorent que la venue de la photographe bousculera leur vie. Ils feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans et tous ses esprits, même si elle est internée depuis 66 ans. Elle arrive sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son œuvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson.

 

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« J’ai un poème et une cicatrice, voilà pour mon armoire à souvenirs. »

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Vintage seamless pattern with hand-drawn feathers, de Vladimir Karpenyuk (de lui dont est tiré la couverture aux éditions Points )


Petite aparté en début d’article parce que la fin est toute travaillée [mouairf] ; n’ayant toujours pas internet, je ne peux vous répondre mais vous jure qu’un jour je le ferai ! Cet article est publié suite à une petite annonce ayant lieu en octobre, ce serait trop bête de vous gâcher cela donc pouf, un article qui n’était pas prévu de suite !


 

Il était temps ! Une bouche sans personne de Gilles Marchand a énormément fait parler lors de sa sortie et de son (ou ses divers prix) gagné(s). Comme à mon habitude il m’aura fallut laisser passer la tendance, attendre que son deuxième roman sorte, aller au salon du livre de Limoges, me tenir loin d’un stand pour esquiver mon prof d’histoire et le CPE des prépas ( pourquoifontilsdeslivrestoutdeux ) (et en prime j’ai pas réussit le mode ninja, on m’a mit le grappin dessus #fillepassociable), et me rendre compte par hasard que, oh! je suis juste à côté de la table où se trouve Gilles Marchand ! Que je connais les livres qui sont posés sur la table et qu’ils m’intriguent vu leurs succès ! J’ai donc été d’une faiblesse sans nom ( et je ne le regrette aucunement ), j’ai cédé pour ce livre sans même savoir de quoi il parlait parce que je n’avais jamais lu les chroniques le concernant. Faut dire qu’après 20/30 bonnes minutes à parler avec l’auteur, j’allais repartir avec quelque chose tout de même. Surtout que cet auteur a été d’une gentillesse exemplaire et qu’il a réussit à mettre la grande timide que je suis plutôt à l’aise.


Une bouche sans personne par Marchand

Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. L’homme commence à se raconter. Léger et aérien en apparence, ce récit devient le roman d’un homme qui se souvient et survit – vivante et poétique incarnation d’une nation qui survit aux traumatismes de l’Histoire


 

Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé de ne rien savoir d’un livre, mais d’être déjà à peu près (laissons planer le doute) sûr.e que vous allez l’aimer, l’adorer juste grâce à son titre, à sa couverture, à ce qu’il dégage, … C’est un sentiment magique qui personnellement m’est rarement arrivé, mais qui, il me semble, ne m’a encore jamais trompé. Poursuivre la lecture de « « J’ai un poème et une cicatrice, voilà pour mon armoire à souvenirs. » »

#3 – L’Art en un livre — hors série.

Après un teasing de plusieurs mois, le voilà, ce fameux hors série ! Sa structure sera, disons le, plutôt inexistante : davantage un catalogue des oeuvres classées par leurs artistes avec une intro sur le livre qui fait guise de mini-chronique, mais rien de construit ni solide. Malgré cela je tenais vraiment à vous introduire ce recueil qui a été dispersé au gré des jours mais qui à chaque fois m’a envoûtée et emmenée dans un monde poétique. C’est peu dire que de déclarer que j’ai aimé, adoré cette lecture, ça a été un véritable enchantement. De plus, il me fallait vous le présenter sous ce rendez-vous, parce que comme l’annonce le titre ( et oui lecteurs et lectrices sherlockien-nes, aviez-vous saisi cette nuance ? ), c’est de l’Art en un livre.

Art littéraire avec …

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Dans l’attente de toi, d’Alexis Jenni. 


L’écrivain cherche les mots pour écrire une lettre d’amour à la femme qui partage sa vie, pour dire le plaisir de toucher sa peau et pour décrire ses émotions, à travers les tableaux et les peintres qui l’inspirent comme les étoffes sensuelles de Poussin, le mouvement fébrile des corps enlacés chez Bacon, etc.


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Les bulles : Zaï zaï zaï zaï, de Fabcaro.

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Il me faut reconnaître que j’étais très sceptique à l’emprunt de cette BD tout simplement parce que… je n’avais pas envie. Mais alors pourquoi l’avoir empruntée, je vous entends le clamer ! Parce qu’elle était courte et que donc, je me suis dit qu’au pire du pire, je n’avais trop rien à perdre, ça se lirait vite. Je ne sais pas trop pourquoi je n’avais aucune envie de me pencher dessus, peut-être parce que fut un temps elle passait sur tous les blogs, comptes instagram etc. Mais quelle erreur cela aurait été ! Parce que je n’ai jamais autant rit sur une BD, c’est d’un absurde pire que grotesque qui, vous vous en doutez probablement, n’est pas seulement léger mais dénonce la société d’une manière déroutante.

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Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.
La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.
Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société. 

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas du tout été friande du dessin ( mais vous voyez, j’me soigne, j’arrive à lire (plus ou moins n’exagérons rien) ce qui ne m’enchante pas visuellement ! ) Je reconnais qu’il parvient à renforcer un décalage, à mettre en lumière tout le grotesque par une confrontation entre les situations cocasses et ces traits mi simples et réalistes, avec une impression de non-fini. Le style est particulier et plutôt difficile à décrire, mais je vous mettrais quelques planches pour le plaisir de rire et d’avoir un aperçu. Cependant, bien que je suis tatillonne sur les dessins de manière générale, ici je n’ai pas eu de soucis tout simplement parce qu’ils ne sont pas essentiels pour moi. Tout passe plus par les mots que le dessin donc mon attention s’est portée ailleurs.

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